BTP : une féminisation encore embryonnaire

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    Cet article vu sur le site de notre congrère : www.constructioncayola.com, est un client d’oeil à la manifestation organisée ce vendredi 8 mars par le FRBTP Martinique à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. Manifestation que nous couvrirons pour vous : Visite du chantier du nouveau plateau sportif de rivière Lézarde Quartier Rivière Lézarde – Le Gros Morne – Le vendredi 8 mars 2024 à 11h00.
    Il est à noter que la Fédération Régionale du BTP de Martinique – (FRBTP Martinique ex SEBTPAM) porte haut les valeurs en lien avec le principe d’égalité des genres.

    La révision en cours des conventions collectives ouvriers et ETAM du BTP de Martinique est une occasion pour les partenaires sociaux de la branche professionnelle BTP d’ancrer et de renforcer la place des femmes dans ce secteur d’activité essentiel de l’économie locale.


    Selon l’analyse de Headhunting Factory, le cabinet de chasseurs de têtes spécialisé dans les postes pénuriques cadres et non cadres, et à l’occasion de la Journée de la Femme, on apprend que 12% des candidats du BTP sont des femmes, et 2% des femmes sont engagés au poste de conducteur de travaux, le plus pénurique. 

    Les métiers du BTP sont en tension et peinent à attirer et retenir les talents féminins. Au troisième trimestre 2023, on dénombrait 26 908 postes vacants pour ce secteur (source Dares / Ministère du Travail). Le BTP est un des domaines d’activités où Headhunting Factory est le plus mandaté. En conséquence, le cabinet a mené une étude basée sur l’ensemble des missions réalisées de 2021 à 2023. La féminisation y est encore embryonnaire. Seuls 12% des candidats approchés sont des femmes. Plus spécifiquement, le métier de conducteur de travaux, l’un des plus pénurique et opérationnel du secteur, pointait seulement 5% de féminisation en 2018 (d’après l’Observatoire du BTP). L’étude d’Headhunting Factory corrobore ce faible pourcentage, avec seulement 2% de candidates sur ce type de poste.


    En 2020, la part des femmes était de 12,3% dans le BTP. Elles sont :

    • 45,3% à être employées, techniciennes et agents de maîtrise (ETAM)
    • 20,3% à être cadres
    • Mais seulement 1,6% à travailler comme ouvrières sur les chantiersPlus encourageant encore : une entreprise sur deux est dirigée ou co-dirigée par une femme. Les apprenties sont également plus nombreuses, passant de 3,5% en 2011-2012 à 5,9% en 2020-2021 d’après l’opérateur de certification paritaire du secteur le CCCA-BTP. Dans l’artisanat, elles sont 800.000, selon le réseau des Chambres des Métiers et de l’Artisanat (CMA) et près d’un quart des entreprises artisanales sont dirigées par des femmes.

    Les cheffes de chantier sont également extrêmement rares. Le cabinet n’en a comptabilisé que 1% parmi les salarié(e)s approché(e)s sur ce métier. Il existe pourtant un vivier de candidates potentielles, notamment parmi les diplômées des écoles d’ingénieurs de la construction. À l’ESTP, école renommée, 30% des étudiants étaient des femmes en 2023. Ce nombre de potentielles candidates n’est toutefois pas pleinement exploité du fait d’une faible mise en avant de l’intérêt de ce métier et d’une image parfois négative. Néanmoins, on observe une progression significative ces dernières années. Par exemple, la féminisation du poste de conducteur de travaux remonte à hauteur de 7% sur les candidates de moins de 30 ans (contre 3% pour l’ensemble).

    Les obstacles du BTP

    L’image de pénibilité des métiers du BTP est en décalage avec la réalité. Celle-ci perdure du fait de stéréotypes et de la méconnaissance générale des professions du secteur, souvent perçues comme pénibles, incompatibles avec une vie familiale (horaires, distance domicile / chantiers) et risquées. Elles offrent pourtant de réelles opportunités de carrière et de satisfaction professionnelle. Les avancées technologiques et mécaniques ont par ailleurs permis la mécanisation des tâches les plus physiques. C’est pourquoi le secteur doit impérativement continuer ses efforts de communication.

    Une communication et des méthodes de recrutement à redessiner

    Le manque d’intérêt et de reconnaissance des femmes dans le secteur apparaît comme un obstacle supplémentaire à leur recrutement, particulièrement sur les postes de terrain. Headhunting Factory souligne qu’elles sont davantage considérées pour des rôles administratifs où elles représentent 57% des candidatures. Pour améliorer la mixité sur l’ensemble des postes, une attention particulière doit être portée sur les méthodes de recrutement mises en œuvre.

    Faire appel à un cabinet de chasse de têtes spécialisé comme Headhunting Factory, qui pourra cibler des quotas de mixité, est une première solution. Déjà cité, la promotion des métiers et des carrières féminines, notamment auprès des jeunes et lors de forums d’orientation ou d’emplois, reste indispensable. En interne, des campagnes de sensibilisation à la discrimination à l’embauche et de lutte contre les stéréotypes seront également efficaces afin de favoriser l’augmentation de talents féminins.

    « La féminisation est une solution décisive pour résoudre les tensions sur les métiers pénuriques du BTP. Sur les postes de techniciens et d’ingénieurs, il n’y a aucune barrière réelle empêchant l’accès des femmes à ces métiers. L’inclusion des femmes doit être une priorité pour tous les employeurs, pour que le BTP se conjugue aussi au féminin, » déclare Godefroy Jordan, directeur général de Headhunting Factory.

    Une mixité pourtant nécessaire 

    Le BTP a de réels besoins en recrutement. Il a tout à gagner en embauchant davantage de femmes. La mixité permet de la diversité, de l’égalité et de la performance pour les entreprises. Faire partie du progrès véhicule une image positive et engagée auprès de ses partenaires. Elle laisse place à la reconnaissance et le développement des talents de chacun, sans distinction de genre, d’origine ou de formation. Elle stimule aussi l’innovation, la créativité et la qualité des réalisations, en enrichissant les perspectives et les expériences.

    La place des femmes n’est pas seulement une affaire d’enjeux sociaux et sociétaux. Favoriser une égalité hommes-femmes est un investissement en croissance et en compétitivité. 

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