Rapport d’activité 2025 du CNOA : la résilience des OUTRE-MER au cœur de ses priorités

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Publié en juin 2026, le rapport d’activité 2025 du Conseil national de l’Ordre des architectes retrace une année marquée par la réhabilitation, l’adaptation climatique et la transformation des territoires. En Outre-mer, ces orientations se sont notamment traduites par une mobilisation à Mayotte, des réflexions sur les matériaux et les normes en Martinique, ainsi que par un accompagnement juridique renforcé des professionnels.


Au-delà du fonctionnement de l’institution et de ses missions réglementaires, le rapport d’activité 2025 du Conseil CNOA met en lumière plusieurs enjeux directement liés au secteur de la construction ultramarine.

Risques naturels, état des bâtiments publics, ressources locales ou encore adaptation des normes : les territoires d’Outre-mer occupent une place particulière dans les actions présentées. Le document insiste également sur un rôle élargi de l’architecte, appelé à intervenir aussi bien dans la conception que dans la réhabilitation, l’évaluation du bâti et la gestion de crise.

Mayotte : une mobilisation après le cyclone CHIDO

Le passage du cyclone CHIDO, le 14 décembre 2024, a provoqué d’importantes destructions à Mayotte. Dès le lendemain de la catastrophe, des architectes mahorais se sont organisés avec leurs propres moyens pour intervenir sur le terrain.

Cette mobilisation a ensuite été structurée avec l’appui du CNOA, du Conseil de l’Ordre des architectes La Réunion-Mayotte et de la Fondation des architectes de l’urgence, en collaboration avec les services de l’État et différents acteurs de la société civile.

Des professionnels volontaires ont participé au diagnostic de plusieurs écoles et bâtiments publics. Ils ont été rejoints par des architectes venus de La Réunion et de l’Hexagone, tandis que des moyens logistiques, notamment des vols et des hébergements, étaient mis à disposition.

Le rapport ne précise toutefois ni le nombre total de volontaires engagés ni celui des bâtiments examinés. Il souligne en revanche l’importance de cette expertise dans les premiers jours suivant une catastrophe. Pour Mariam Locate, conseillère nationale, les architectes ont ainsi « un rôle de premier plan à jouer » dans l’adaptation du cadre bâti, le relèvement et la gestion de crise.

Un webinaire consacré à cette intervention, intitulé Répondre à l’urgence au lendemain du cyclone Chido, a par ailleurs été diffusé en direct de Mayotte le 29 avril 2025.

Martinique : les matériaux et les normes au centre des échanges

La deuxième édition du cycle Architectures & Territoires a donné lieu à 17 rencontres dans l’Hexagone et en Outre-mer, entre juin et novembre 2025. Parmi elles, une journée consacrée à « la fabrique des villes » en Martinique a réuni plus d’une centaine de participants.

Les discussions ont porté sur la manière de mieux prendre en compte les particularités économiques, climatiques et constructives du territoire. Lors de deux entretiens avec des parlementaires martiniquais, Christophe Millet, président du CNOA, a notamment abordé la structuration de filières courtes de matériaux.

Cette orientation suppose, selon le rapport, de travailler avec l’écosystème entrepreneurial et de faire évoluer certaines normes. L’idée de créer un Centre scientifique et technique du bâtiment en Outre-mer a également été évoquée. À ce stade, il s’agit d’une proposition portée dans le cadre des échanges, et non d’un projet officiellement engagé.

Une autre rencontre, organisée le 10 octobre au Morne-Rouge, s’est intéressée à la cohabitation entre architecture et vivant. Elle illustre une approche qui ne se limite plus au bâtiment lui-même, mais intègre aussi les paysages, la biodiversité et les formes d’aménagement.

Réhabiliter et adapter plutôt que reproduire les mêmes modèles

Réunis à Lille en juin 2025, plus de 220 conseillers et 80 salariés de l’Ordre ont travaillé sur plusieurs sujets appelés à transformer la pratique architecturale. Les discussions ont notamment fait ressortir trois priorités :

  • intervenir davantage sur l’existant et développer la réhabilitation ;
  • soutenir les matériaux biosourcés, géosourcés, issus du réemploi et les filières économiques locales ;
  • intégrer plus systématiquement la conception bioclimatique, la végétalisation, les solutions sobres et la rénovation globale.

Pour les territoires d’Outre-mer, fortement exposés aux cyclones, aux séismes, aux inondations, à l’érosion ou aux fortes chaleurs, ces orientations renvoient à une question centrale : comment construire et réhabiliter sans appliquer partout les mêmes réponses ?

Les performances techniques restent essentielles. Elles doivent cependant être associées aux usages, au climat, aux ressources disponibles, aux capacités d’entretien et aux contraintes propres à chaque territoire. Le rapport défend ainsi une architecture davantage fondée sur l’adaptation que sur la reproduction de modèles standardisés.

Un accès renforcé à l’accompagnement juridique

Les enjeux ultramarins ne sont pas uniquement techniques. Ils concernent également les marchés publics, les contrats, l’urbanisme, les responsabilités professionnelles et l’application des réglementations.

Le 25 juin 2025, un protocole a été signé afin de renforcer l’accompagnement juridique dans 6 Conseils régionaux ne disposant pas de service spécialisé. 4 territoires ultramarins sont concernés : la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique, La Réunion-Mayotte.

La direction juridique du Conseil national peut ainsi être sollicitée pour compléter l’accompagnement assuré localement. L’objectif est de réduire les écarts d’accès à l’expertise entre les régions, notamment pour les questions relatives à la passation des marchés, aux contrats, aux sociétés d’architecture ou aux litiges.


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Le rapport confirme ainsi une évolution du rôle des architectes dans les Outre-mer : concevoir, mais aussi diagnostiquer, prévenir les risques et accompagner la transformation du bâti.