Plus de 90 millions d’euros d’investissements sont prévus dans l’Est de La Réunion pour sécuriser l’alimentation en eau, moderniser les réseaux et renforcer les infrastructures d’assainissement. Afin de préparer ce programme, la CIREST vient de conclure une convention de partenariat avec l’Agence française de développement.
Dotée d’une subvention de 400 000 euros issue du Fonds Outre-Mer, cette convention permettra à l’intercommunalité de bénéficier, jusqu’en 2030, d’une assistance à maîtrise d’ouvrage. L’accompagnement doit l’aider à définir les opérations prioritaires et à sécuriser leur préparation technique, financière, juridique et administrative.
400 000 euros pour consolider l’ingénierie de la CIREST
Les 400 000 euros accordés ne financeront pas directement la construction d’équipements ou le renouvellement de canalisations. La subvention sera consacrée à l’ingénierie nécessaire avant l’engagement de travaux beaucoup plus importants.
L’assistance à maîtrise d’ouvrage devra notamment accompagner la CIREST dans l’analyse de ses besoins, la programmation des opérations et l’établissement des plans de financement. Elle pourra également intervenir dans la sécurisation des procédures juridiques et contractuelles.
La collectivité entend ainsi mieux hiérarchiser ses projets, évaluer leur faisabilité et anticiper leurs coûts d’exploitation et d’entretien. L’objectif est de disposer d’un pilotage suffisamment solide avant de lancer les études opérationnelles et les futurs chantiers.
Christophe Dias, directeur adjoint de l’AFD à La Réunion, reconnaît que la subvention peut « paraître petite au regard des besoins d’investissement de la collectivité ». Elle doit néanmoins contribuer à améliorer « la résilience, la durabilité et la performance » de la gestion de l’eau dans l’Est.
Saint-Benoît et Saint-André, premiers projets identifiés
L’accompagnement doit notamment porter sur deux opérations présentées lors de la signature de la convention : une unité de potabilisation à Saint-Benoît et l’extension de la station d’épuration de Saint-André.
Ces deux équipements nécessitent une expertise spécialisée, aussi bien pour le choix des solutions techniques que pour leur intégration dans le programme global de la CIREST. Leur coût, leur capacité future et leur calendrier de réalisation n’ont toutefois pas encore été détaillés.
L’assistance technique pourra aider l’intercommunalité à définir les besoins, comparer les scénarios et préparer les procédures nécessaires à leur réalisation. Elle doit également permettre d’inscrire ces projets dans une planification financière cohérente avec les autres investissements du territoire.
Une feuille de route à plus de 90 millions d’euros
La convention s’inscrit dans une feuille de route consacrée à l’eau et à l’assainissement, qui prévoit plus de 90 millions d’euros d’investissements d’ici à 2032.
Ce programme concerne les six communes de l’Est de La Réunion. Il doit permettre de sécuriser durablement leur alimentation en eau, d’améliorer les performances du service public et de moderniser les infrastructures d’assainissement.
L’enjeu dépasse donc les deux opérations annoncées à Saint-Benoît et Saint-André. La CIREST prévoit également d’intervenir sur les réseaux, les ouvrages de stockage, les interconnexions et la mobilisation de nouvelles ressources.
Le renouvellement des infrastructures vieillissantes figure parmi les priorités. La collectivité devra toutefois définir l’ordre des opérations en fonction de leur urgence, de leur efficacité et des financements disponibles.
Réseaux, ressource, résilience : les chantiers à préparer
La modernisation du service intervient dans un contexte marqué par une pression croissante sur la ressource en eau et par les effets du changement climatique. Les périodes de sécheresse renforcent la nécessité de diversifier les approvisionnements et de mieux sécuriser la distribution.
La recherche de nouvelles ressources, notamment par des forages, fait partie des solutions évoquées. Des capacités de stockage supplémentaires et de nouvelles interconnexions pourraient également renforcer la continuité du service entre les différents secteurs du territoire.
La CIREST envisage par ailleurs de développer les outils de suivi des consommations et de détection des fuites. Ces équipements doivent contribuer à améliorer la connaissance des réseaux, à limiter les pertes et à intervenir plus rapidement en cas d’anomalie.
Ces différentes pistes restent cependant à préciser. La convention conclue avec l’AFD doit justement permettre de comparer les solutions, d’en mesurer les coûts et de sélectionner les investissements les plus adaptés.
La convention ouvre désormais une phase de préparation destinée à hiérarchiser les projets, préciser leurs caractéristiques techniques, consolider leur financement et définir leur calendrier avant le lancement des études et des travaux.
Source : CIREST (Communauté Intercommunale Réunion Est)









