GUADELOUPE. un nouveau cycle de prévention des inondations se prépare

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Les 32 communes de Guadeloupe sont exposées au risque d’inondation. Alors que six plans de prévention des risques ont été révisés en 2026 et que les cartographies du risque sont actualisées, la politique de prévention entre dans une nouvelle séquence.

Le troisième cycle de la Directive Inondation, qui couvrira la période 2028-2033, est déjà en préparation, avec un nouveau plan de gestion des risques d’inondation attendu d’ici fin 2027.

Cette révision intervient dans un contexte où les épisodes récents ont régulièrement rappelé la vulnérabilité du territoire. Depuis 2022, pluies intenses, tempêtes et ouragans ont provoqué des débordements de cours d’eau et de ravines, du ruissellement ou encore des phénomènes de submersion marine. Fiona en 2022, Tammy et Philippe en 2023, Béryl et Ernesto en 2024, puis Jerry en octobre 2025 ont notamment jalonné ces dernières années, avec des dégâts matériels et, lors de certains épisodes, des pertes humaines.

Au-delà de la gestion de crise, l’enjeu est désormais d’affiner la connaissance du risque et de mieux l’intégrer aux choix d’aménagement. Toutes les communes disposent aujourd’hui d’un plan de prévention des risques prescrit ou approuvé prenant en compte le risque d’inondation. Six PPR ont été révisés cette année et le travail se poursuit. Un porté à connaissance de l’État consacré au risque inondation avait par ailleurs été proposé en 2024 à l’échelle de toute la Guadeloupe.

Cette actualisation s’inscrit dans le deuxième cycle de la Directive Inondation, qui couvre la période 2022-2027. L’évaluation préliminaire des risques d’inondation a été révisée en 2024 et les nouvelles cartes des risques doivent être approuvées dans le courant de l’année 2026.

Ces cartographies constituent un élément central du dispositif. Elles permettent de caractériser plus précisément les secteurs exposés selon différents scénarios, en intégrant notamment l’étendue des zones susceptibles d’être inondées, les hauteurs d’eau ou encore, lorsque cela est pertinent, les vitesses d’écoulement. Elles permettent également d’identifier les populations, les activités économiques et les équipements potentiellement concernés.

Pour les acteurs de l’aménagement, cette connaissance plus fine du risque n’est pas neutre. Elle alimente les politiques de prévention, mais aussi les réflexions sur l’occupation des sols, l’urbanisation et la localisation des futurs projets. La Directive Inondation ne vise d’ailleurs pas uniquement à réduire la fréquence des inondations : elle cherche avant tout à limiter leurs conséquences sur les personnes, l’environnement, le patrimoine et l’activité économique.

Un PGRI 2028-2033 en préparation

La prochaine étape sera l’élaboration du troisième plan de gestion des risques d’inondation de Guadeloupe. Ce PGRI, attendu d’ici fin 2027, fixera le cadre stratégique pour la période 2028-2033. Il devra dresser le bilan des actions déjà engagées, définir les nouvelles orientations et organiser leur suivi.

La DEAL entend notamment poursuivre et finaliser les diagnostics liés à la compétence GEMAPI, puis accompagner leur traduction opérationnelle. Les collectivités qui identifient les programmes d’études préalables ou les programmes d’actions de prévention des inondations comme les outils les plus adaptés pourront également être accompagnées dans leur mise en œuvre, dans le cadre du cahier des charges PAPI 3.

Le prochain cycle doit aussi prolonger les actions engagées au cours de la période actuelle : accompagnement des PEP et PAPI opérationnels, suivi des études en cours, missions de terrain ou encore appui ponctuel à certains projets via le Fonds Vert.

Il ne s’agit donc pas d’ouvrir une nouvelle politique de prévention à partir de zéro, mais de consolider les dispositifs existants et de mieux articuler planification, connaissance du risque et actions territoriales.

Dans le même temps, le cadre réglementaire évolue. Plusieurs procédures liées à l’évaluation des risques, à la sélection des territoires à risque important et à l’élaboration des PGRI ont récemment été simplifiées. L’objectif affiché est d’alléger certaines étapes administratives sans remettre en cause les exigences de prévention.

À l’approche du cycle 2028-2033, l’enjeu pour la Guadeloupe ne se limite donc plus à identifier les secteurs exposés. Il porte désormais sur la manière dont cette connaissance actualisée sera traduite dans les politiques d’aménagement et dans les actions de prévention conduites sur le terrain.


Source : DEAL GUADELOUPE