GUYANE. le logement à l’épreuve du foncier

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En Guyane, les données foncières suivies par l’AUDeG font apparaître plusieurs évolutions en 2025. Le nombre d’annonces de terrains nus recensées sur Internet est passé de 396 en 2024 à 286 en 2025. Dans le même temps, le prix moyen affiché des terrains constructibles a progressé de 95,23 à 113,51 €/m², soit une hausse d’environ 19 % en un an. Des chiffres à mettre en regard d’un autre besoin identifié sur le territoire : la production de logements est estimée à 4 650 unités par an.

Ces données, publiées dans le rapport d’activités 2025 de l’Agence d’Urbanisme et de Développement de la Guyane, ne correspondent toutefois pas aux transactions effectivement conclues. Depuis 2015, l’AUDeG recense quotidiennement les annonces foncières locales publiées sur Internet afin de suivre l’offre du marché privé. Elles renseignent donc sur les terrains proposés à la vente, leurs prix affichés et leur répartition géographique.


L’offre observée se concentre dans la CACL

Parmi les 286 annonces recensées en 2025, 173 concernent des terrains constructibles. Leur prix moyen affiché atteint 113,51 €/m², contre 95,23 €/m² l’année précédente, soit 18,28 €/m² supplémentaires.

Le suivi de l’AUDeG montre également une forte concentration géographique des annonces. La Communauté d’agglomération du Centre Littoral rassemble à elle seule 242 offres, soit 84,6 % du total recensé.

Matoury arrive en tête avec 59 annonces, devant Roura avec 52, Montsinéry-Tonnégrande avec 50 et Macouria avec 45. Rémire-Montjoly en compte 20 et Cayenne 16. Hors CACL, Saint-Laurent-du-Maroni totalise également 16 annonces, devant Mana avec 15, Sinnamary avec huit et Kourou avec trois.

Ce recul du nombre d’annonces ne permet pas, à lui seul, de conclure à une diminution équivalente du foncier disponible en Guyane. Il constitue en revanche un indicateur supplémentaire dans un secteur du logement où les difficultés de production restent nombreuses.

Dans sa contribution aux travaux consacrés au logement social en Outre-mer, l’AUDeG relève notamment un déficit structurel de production. Parmi les contraintes identifiées figurent également la mobilisation du foncier, les coûts de construction, les capacités d’ingénierie locale et le financement des opérations.

4 650 logements par an à produire

La question foncière prend une dimension particulière au regard du niveau de production nécessaire. L’AUDeG estime en effet à 4 650 logements par an le besoin à satisfaire sur le territoire guyanais.

Pour autant, répondre à cette demande ne revient pas uniquement à ouvrir de nouveaux terrains à l’urbanisation. Les travaux conduits par l’Agence en 2025 montrent également l’intérêt de rechercher des capacités de production à l’intérieur des espaces déjà urbanisés.

Une étude menée sur le territoire de la CACL a ainsi mis en évidence l’existence de gisements fonciers dans les centralités. Leur présence ne signifie cependant pas qu’ils puissent être immédiatement mobilisés pour des opérations de logement. L’AUDeG identifie plusieurs freins fonciers, institutionnels, réglementaires et opérationnels susceptibles de limiter leur mobilisation, notamment pour la production de logements sociaux.

La disponibilité physique d’une parcelle ne suffit donc pas nécessairement à la rendre opérationnelle. Sa maîtrise, son environnement réglementaire et les conditions de réalisation du projet entrent aussi dans l’équation.

Cette problématique a notamment été abordée lors d’un séminaire organisé le 3 juillet 2025 par la CACL et l’AUDeG autour de l’optimisation foncière. Une cinquantaine de participants — élus, bailleurs sociaux, services de l’État, EPFAG, représentants parlementaires et professionnels de l’aménagement — y ont échangé sur les méthodes et les outils pouvant être mobilisés dans les stratégies foncières.

Mieux identifier le foncier mobilisable

Pour prolonger ces travaux, l’AUDeG a lancé fin 2025 une étude visant à identifier et qualifier les potentiels fonciers dans les espaces déjà urbanisés de Guyane.

Une première réunion de travail a permis de retenir trois catégories : les parcelles libres, les parcelles intensifiables et les parcelles renouvelables. L’objectif est ainsi de dépasser une simple identification des terrains disponibles pour mieux apprécier leur potentiel de mobilisation dans les politiques d’aménagement et de logement.

La méthode doit d’abord être expérimentée sur le territoire de la CACL avant d’être étendue à l’ensemble de la Guyane. Le programme de travail est organisé en six phases jusqu’en 2027, avec l’ambition de disposer progressivement d’une lecture plus opérationnelle des gisements fonciers susceptibles d’être mobilisés.


zrgZE

Source : RAPPORT D’ACTIVITE 2025 de l’AUDeG (consultable sur le site officiel)