GUADELOUPE. 101 millions d’euros resteraient dus aux entreprises du BTP

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Les organisations économiques guadeloupéennes accentuent la pression sur les pouvoirs publics face à la crise du bâtiment. Réunie le 13 juillet 2026, Guadeloupe Économique réclame des mesures immédiates à l’occasion de la prochaine Conférence territoriale de l’action publique consacrée au BTP. Selon le collectif, 101 millions d’euros resteraient dus aux entreprises du secteur par les donneurs d’ordre publics.

Guadeloupe Économique accueille favorablement la convocation, par la Région Guadeloupe, d’une Conférence territoriale de l’action publique réunissant les présidents de collectivités, les parlementaires et les représentants de l’État. L’organisation prévient néanmoins que cette rencontre ne devra pas se limiter à une nouvelle séquence de discussions sans décisions concrètes.


Une dette globale évaluée à près de 180 millions d’euros

D’après les chiffres avancés par Guadeloupe Économique, la dette des donneurs d’ordre publics envers les entreprises guadeloupéennes atteindrait près de 180 millions d’euros. Sur ce total, 101 millions d’euros concerneraient le seul secteur du BTP.

Le collectif estime que ces retards de paiement ne relèvent plus seulement d’un problème administratif. Ils se traduiraient directement par des difficultés à régler les salariés et les fournisseurs, ainsi que par l’arrêt de certaines entreprises.

Cette nouvelle prise de position intervient après une table ronde organisée le 2 juillet. Selon le communiqué, cette réunion n’aurait débouché sur aucune mesure concrète de paiement. Face à l’aggravation des difficultés de trésorerie, les organisations signataires considèrent désormais que « le temps des concertations est révolu ».

Deux mesures immédiates réclamées

Guadeloupe Économique attend de la CTAP des engagements précis et assortis d’un calendrier. Le collectif formule deux demandes principales.

La première porte sur le paiement effectif et sans délai des sommes dues aux entreprises titulaires ou créancières de la commande publique.

La seconde concerne l’arrêt des procédures contentieuses engagées par les organismes fiscaux et sociaux contre les entreprises dont les difficultés de trésorerie résultent directement du non-paiement de leurs créances publiques.

« Une entreprise ne peut pas être poursuivie, et encore moins mourir, pour n’avoir pas recouvré ce qu’on lui doit », affirme le communiqué.

Par cette demande, les représentants économiques dénoncent une situation dans laquelle certaines entreprises pourraient simultanément attendre le règlement de prestations déjà réalisées et faire l’objet de procédures pour leurs propres dettes fiscales ou sociales.

Des répercussions sur l’ensemble de la filière

Pour Guadeloupe Économique, la crise ne se limite pas aux principales entreprises de construction ou aux titulaires directs des marchés publics.

Les retards de paiement toucheraient également les artisans, les fournisseurs de matériaux, les transporteurs, les sous-traitants et les salariés. Une part importante de ces activités repose sur de petites entreprises, particulièrement sensibles aux tensions de trésorerie et aux décalages prolongés entre l’exécution des travaux et leur règlement.

Le non-paiement d’une entreprise peut ainsi se répercuter sur plusieurs niveaux de la chaîne économique : factures fournisseurs reportées, sous-traitants non réglés, investissements suspendus ou chantiers ralentis. Le collectif estime que ces effets fragilisent des emplois locaux qui ne sont pas toujours directement comptabilisés dans les statistiques du secteur du bâtiment.

Au-delà de la continuité des chantiers, la crise du BTP devient donc un enjeu plus large pour l’activité économique du territoire.

Les organisations n’excluent pas de nouvelles actions

La prochaine CTAP sera particulièrement observée par les professionnels. Guadeloupe Économique attend des collectivités, des établissements publics et de l’État des solutions concrètes à l’issue de cette réunion.

À défaut d’avancées, les organisations professionnelles représentées au sein du collectif indiquent qu’elles « n’excluent aucune forme d’action » afin d’obtenir le respect des droits des entreprises guadeloupéennes.


Retrouvez ici le communiqué de presse du collectif