La transformation du quartier de Kawéni entre dans une nouvelle phase. Le préfet de Mayotte et le maire de Mamoudzou ont signé, le 13 juillet, un deuxième ajustement mineur à la convention du Nouveau Programme National de Rénovation Urbaine (NPNRU). Cette évolution permet d’intégrer les conséquences du cyclone CHIDO, d’étendre le périmètre des opérations et de conforter un programme de 189 millions d’euros appelé à se poursuivre jusqu’en 2030.
Une convention adaptée aux réalités du terrain
Six ans après la signature de la convention pluriannuelle de transformation de Kawéni, le projet poursuit son évolution. L’ajustement signé le 13 juillet ne remet pas en cause les objectifs du NPNRU, mais adapte plusieurs volets aux réalités rencontrées sur le terrain. Les conséquences du cyclone CHIDO, les surcoûts constatés sur certains chantiers et l’extension du périmètre d’intervention figurent parmi les principales évolutions retenues.
Ce type d’actualisation est courant dans les grands programmes de renouvellement urbain. À mesure que les opérations avancent, les maîtres d’ouvrage doivent composer avec les imprévus techniques, les évolutions réglementaires ou les besoins émergents des territoires. À Mayotte, les dommages causés par CHIDOsont venus s’ajouter à ces contraintes, imposant une révision de certaines opérations.
Le cyclone Chido redessine les priorités
Parmi les principaux changements figure l’intégration des dégâts provoqués par le cyclone. Plusieurs interventions sont directement concernées, notamment sur le campus scolaire, la maison de projet, le secteur de Mahabourini ainsi que différents espaces publics du village, à Lazérévouni et Bazama.
Au-delà des réparations, cette adaptation illustre un enjeu désormais central pour les projets d’aménagement en Outre-mer : la capacité à intégrer les risques climatiques dans leur planification. Les phénomènes météorologiques extrêmes ne constituent plus seulement des événements exceptionnels ; ils influencent désormais les calendriers, les coûts et parfois même les priorités des opérations urbaines.
Un programme qui s’étend et se prolonge
L’ajustement ne se limite pas aux conséquences du cyclone. Deux nouveaux secteurs rejoignent également le périmètre de la convention.
- Le premier concerne le secteur Disma, où un aménagement est prévu autour de la rue du Clair de Lune.
- Le second porte sur le secteur de la Geôle, avec des travaux préparatoires comprenant des démolitions et des opérations de relogement au niveau de l’impasse Bel Hamissi.
Parallèlement, l’équipe chargée du pilotage du projet voit sa mission prolongée jusqu’en 2030, signe que la transformation de Kawéni s’inscrit dans un temps long.
Cette prolongation reflète l’ampleur des interventions à conduire dans un quartier où les enjeux d’habitat, d’équipements publics et d’aménagement restent particulièrement importants.
Un engagement financier confirmé
Le coût global du programme est estimé à 189 millions d’euros. Les partenaires publics en assurent la majeure partie du financement, avec une participation cumulée de 171 millions d’euros, soit près de 90 % de l’investissement total. L’État, l’ANRU, l’ANAH, la Ligne Budgétaire Unique (LBU), le Rectorat ainsi que d’autres acteurs publics contribuent à cet effort. Dans le cadre de cet ajustement, l’ANRU renouvelle par ailleurs son engagement à hauteur de 4,279 millions d’euros.
Ces montants témoignent de l’importance stratégique accordée à la transformation de Kawéni, considéré comme l’un des principaux quartiers prioritaires de Mayotte.
Une opération emblématique pour l’aménagement de Mayotte
La signature de cet ajustement marque une nouvelle étape dans un projet engagé depuis 2020. Si les objectifs de départ demeurent inchangés, leur mise en œuvre évolue pour tenir compte des réalités du territoire. Entre adaptation aux conséquences du cyclone CHIDO, extension du périmètre des opérations et poursuite des investissements publics, le programme de rénovation urbaine de Kawéni illustre les défis auxquels sont aujourd’hui confrontés les grands projets d’aménagement en Outre-mer.









