Synergie et Innovation : Taha Govindin, à la Convergence du Développement et du Logement en Guyane

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    « En tant que présidente du MEDEF Guyane et d’Action Logement Guyane, je m’efforce de bâtir des ponts solides entre le développement économique et le logement, essentiels pour façonner un avenir prospère et inclusif en Guyane »

    Dans cet entretien, Taha Govindin, à la tête du MEDEF Guyane et d’Action Logement Guyane, partage sa vision et son engagement pour transformer la Guyane. Sa double casquette lui confère une perspective unique sur les défis et opportunités du territoire. Son rôle pivot au sein de ces deux institutions met en lumière les synergies entre le développement économique et l’accès au logement, cruciaux pour le territoire guyanais. Voici ses réponses aux questions qui touchent au cœur du développement en Guyane.

    Madame Govindin, pourriez-vous nous introduire votre rôle et votre mission au sein du MEDEF Guyane et d’Action Logement Guyane ?

    Le MEDEF Guyane et Action Logement Guyane, jouent un rôle essentiel dans la promotion du développement économique et de l’amélioration des conditions de logement dans notre région. Ces deux fonctions de présidente me permettent de créer plus « facilement » des ponts entre le monde économique et les besoins en logement, assurant ainsi un développement plus harmonieux et inclusif de la Guyane.

    Qu’est-ce qui vous a motivée à vous rendre aux rendez-vous du BTP en Guadeloupe ?

    J’ai fait le déplacement suite à l’invitation de José Gaddarkhan, président de la FRBTP Guadeloupe, car je crois fermement à l’importance de la coopération régionale. C’était une occasion précieuse de s’imprégner des innovations et des bonnes pratiques en matière de construction durable, qui sont cruciales pour la transition écologique et énergétique en Guyane. Ces échanges enrichissent notre approche et renforcent notre engagement envers un développement plus durable chez nous.

    Face aux défis du développement durable, comment la Guyane peut-elle se démarquer ?

    La Guyane possède des particularités uniques qui sont à la fois des défis et des atouts pour le développement durable. Nous avons une immense biodiversité et un potentiel énorme pour la transition écologique. Lors des échanges en Guadeloupe, j’ai été particulièrement attentive aux discussions sur la décarbonation et les méthodes de construction écoresponsable. Cela résonne avec notre contexte guyanais où ces approches peuvent devenir des relais de croissance significatifs.

    Pouvez-vous nous parler du CFAI «Hors les Murs» en Guyane et de son impact ?

    Le CFAI hors les murs, que nous avons monté en partenariat avec de nombreux acteurs, dont Action Logement et la CTG, est un bel exemple de notre engagement envers le développement des compétences locales, notamment dans le secteur du BTP. Cet outil répond à un besoin crucial de formation professionnelle adaptée à nos réalités territoriales, facilitant ainsi l’accès à l’emploi et soutenant la croissance économique. Franck Ho-Wen-Sze en est le Président, et Didier TARIN, le Directeur.



    Le CFAI «Hors les Murs» semble être un projet d’envergure pour la Guyane. Pourriez-vous nous expliquer comment ce centre répond spécifiquement aux besoins du secteur du BTP dans la région de Saint-Laurent-du-Maroni ?

    Certainement, le CFAI «Hors les Murs» est stratégiquement positionné pour répondre à un besoin criant de main-d’œuvre qualifiée dans le secteur du BTP à Saint-Laurent-du-Maroni. Avec plus de 300 millions d’euros d’investissements prévus pour la période 2021-2025, la demande en compétences spécialisées va croître. Notre approche est de former directement sur le terrain, ce qui permet une meilleure préparation des apprentis aux réalités du secteur et une insertion professionnelle plus efficiente. Ce centre offre une formation agile et adaptée, préparant ainsi la voie pour le développement futur de la région.

    Vous avez mentionné l’intelligence collective et la co-construction avec les partenaires institutionnels. Pouvez-vous nous donner un exemple concret de la manière dont ces collaborations se traduisent dans les programmes de formation du CFAI ?

    Le concept même du CFAI «Hors les Murs» est un produit de l’intelligence collective. Par exemple, en collaborant étroitement avec la Fédération du BTP de Guyane, nous avons développé des programmes de formation qui sont directement alignés avec les besoins en compétences du marché local. Ces programmes sont enrichis par l’expertise des entreprises de construction, des contributions de l’État via la Banque des Territoires, et le soutien financier d’Action Logement et de l’Europe via le FSE. Chaque partenaire apporte son expertise pour garantir que les formations soient pertinentes et adaptées aux enjeux actuels et futurs du secteur.

    Envisagez-vous d’étendre les formations proposées par le CFAI à d’autres secteurs que le BTP ? Quels sont les défis et les opportunités associés à une telle expansion ?

    Absolument, l’expansion vers d’autres secteurs est déjà dans notre ligne de mire. Les filières comme l’Énergie et l’industrie sont les prochains horizons pour le CFAI «Hors les Murs». Le défi majeur sera de monter en charge l’outil pour répondre à la diversité des besoins de compétences sur notre territoire. Les opportunités sont vastes : cela signifie plus de jeunes et de dirigeants d’entreprises formés, plus d’employabilité et, en fin de compte, un tissu économique local fort et diversifié. C’est une évolution naturelle conforme à la vision globale du développement de la Guyane que nous poursuivons.

    En quoi la Guyane est-elle unique comparée aux autres territoires ultramarins ?

    La Guyane est un territoire d’opportunités avec un potentiel immense et encore largement inexploré. Comparée à la Guadeloupe et à la Martinique, notre territoire, aussi grand que le Portugal ou la Nouvelle-Aquitaine, offre un espace considérable pour le développement, tout en ayant un impératif de préservation de notre environnement exceptionnel. Cela nous place dans une position unique pour expérimenter et démontrer des modèles de développement durable.

    Quels sont les enjeux fonciers en Guyane et comment y faites-vous face ?

    La gestion foncière est un défi majeur en Guyane, où 90% du territoire appartient à l’État. Cette situation crée un paradoxe : nous disposons d’un vaste foncier, mais son utilisation est limitée. Nous œuvrons pour une meilleure gestion du foncier, permettant à la collectivité territoriale de Guyane d’avoir plus de contrôle et de favoriser un aménagement équilibré qui respecte notre biodiversité et répond aux besoins de notre population.

    Propos recueillis par Philippe PIED


     

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