À La Réunion et en Martinique, plusieurs initiatives visent à structurer le réemploi des matériaux de construction. Plateformes à l’étude, formations et mise en réseau des professionnels : ces démarches ont été présentées par Agyre lors du FOROM à Batimat 2026.
Face à la dépendance aux importations, au manque de compétences techniques et aux difficultés d’identification des ressources locales, les acteurs du BTP développent des solutions pour faciliter le réemploi des matériaux sur les chantiers.
À La Réunion, des projets pour organiser le réemploi
Inscrite dans la dynamique de la feuille de route pour l’économie circulaire dans la construction, dévoilée par le Conseil national de l’industrie en 2024, la démarche réunionnaise s’appuie sur plusieurs projets.
Implanté à Saint-Denis depuis octobre 2024, le bureau d’études Agyre participe à l’accompagnement des acteurs locaux.
Plusieurs actions ont été présentées à La Réunion :
- Plateforme de réemploi : étude de faisabilité pour la création d’une structure dédiée aux matériaux de construction ;
- Diagnostic PEMD : démarches d’identification des produits, équipements, matériaux et déchets ;
- Formation technique : apprentissage de la dépose soignée des menuiseries, avec le CIRBAT.
L’Université de La Réunion intègre également des modules d’économie circulaire dans son cursus de master en génie civil.
Un projet accompagné en assistance à maîtrise d’ouvrage est par ailleurs présenté comme un démonstrateur de construction circulaire, tropicale et bas carbone.
La mise en réseau constitue un autre volet de cette démarche, avec la marque « Péi Circulaire », destinée à fédérer les acteurs engagés.
Les Rencontres Péi Circulaire, programmées les 23 et 24 novembre 2026 au MOCA, à Saint-Denis, doivent permettre d’identifier les freins opérationnels et de favoriser les collaborations entre professionnels.
En Martinique, la formation accompagne la structuration de la filière
La démarche portée par l’Association Entreprises & Environnement et Agyre s’appuie notamment sur la sensibilisation et la formation des professionnels. Après trois webinaires ayant réuni plus de 60 participants en 2024, les premiers Rendez-Vous du Réemploi ont rassemblé 100 personnes en novembre de la même année.
La deuxième édition, organisée en octobre 2025, a accueilli 122 participants, dont 49 % de nouveaux venus. Une formation de cinq jours, organisée en février 2025, avait également réuni 15 stagiaires.
Ces actions ont donné lieu à plusieurs initiatives concrètes :
- Bailleurs sociaux : mise en relation avec Ozanam, à l’initiative de l’architecte Audrey Seraline ;
- Réemploi des matériaux : démarches de CAP NORD autour de la mise en place d’une matériauthèque ;
- Insertion professionnelle : rapprochement d’Espace Endogène avec des acteurs de l’insertion par l’activité économique ;
- Mise en réseau : création de « Team Réemploi », un groupe WhatsApp réunissant les participants à la formation.
L’identification des ressources reste toutefois une préoccupation importante. Parmi les actions proposées par les professionnels, CAP NORD évoque la nécessité d’une « cartographie des lieux où l’on peut trouver des ressources en réemploi ».
Cette question figure également au cœur d’une démarche d’étude présentée à la suite d’un appel à manifestation d’intérêt lancé par l’ADEME en 2026.
Associant Agyre et Pocitron, elle porte notamment sur la cartographie des acteurs, la quantification des flux de matériaux et l’élaboration de scénarios de structuration de la filière martiniquaise.
Au-delà de la mobilisation des professionnels, le développement du réemploi dépend désormais de son intégration dans les opérations de construction.
Identification des matériaux disponibles, prescriptions dans les marchés, accompagnement des maîtres d’ouvrage et suivi des chantiers constituent autant de leviers pour organiser leur réutilisation à l’échelle locale.
Consulter la présentation Agyre ici









