Logement social à MAYOTTE : une partie de la demande reste hors des statistiques

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Fin 2025, 3 881 ménages sont enregistrés comme demandeurs d’un logement social à Mayotte, soit 17 % de plus qu’un an auparavant. Mais l’Union sociale pour l’habitat appelle à la prudence : l’enregistrement dans le SNE reste récent sur le territoire et les données disponibles ne permettent pas encore de mesurer l’ensemble des besoins.


Une hausse rapide, mais des données encore partielles

La demande de logement social progresse rapidement à Mayotte. Elle est passée de 2 973 dossiers en 2023 à 3 318 en 2024, puis 3 881 fin 2025, soit une hausse de près de 31 % en deux ans. La Communauté d’agglomération de Dembeni/Mamoudzou (CADEMA) concentre à elle seule 57 % des demandes et 52 % du parc social mahorais.

Ces chiffres ne peuvent toutefois pas être lus comme dans les autres DROM. Le territoire n’alimente le Système national d’enregistrement que depuis quelques années, son ancien outil n’étant pas compatible avec le dispositif national. L’USH précise donc que les données « restent partielles et ne reflètent pas les besoins ».

Une partie de la demande reste hors des statistiques

Cette limite méthodologique est essentielle pour comprendre la situation mahoraise. Les 3 881 demandes recensées correspondent aux ménages effectivement enregistrés, et non à une mesure exhaustive du besoin potentiel en logement social.

Un autre indicateur va dans le même sens. Les personnes au chômage ne représentent que 7 % des demandeurs enregistrés. L’USH y voit le signe de situations importantes de non-recours parmi des ménages susceptibles d’être concernés et éligibles au logement social.

Le précédent fascicule territorial relevait déjà cette singularité et évoquait notamment les difficultés d’information ou d’accès aux démarches administratives pour expliquer cette sous-représentation.

La situation résidentielle des ménages effectivement recensés témoigne pourtant de besoins importants. Plus de la moitié ne disposent pas de leur propre logement : 29 % sont hébergés chez un particulier, 25 % chez un parent ou un enfant et 9 % sont sans hébergement. Seulement 6 % sont déjà locataires du parc social.

Les ménages sont également relativement jeunes. Leur âge moyen est de 38 ans et les 20-39 ans représentent 62 % des demandes. La taille moyenne atteint 3,1 personnes, avec 47 % de familles monoparentales, 21 % de couples avec enfants et 24 % de personnes seules.

Un parc social de 3 008 logements

Les motifs de demande donnent une autre mesure de la tension. 37 % des ménages déclarent vivre dans un « logement trop petit ». Chez les primo-demandeurs, cette proportion atteint 38 %, tandis que 15 % déclarent être sans logement ou vivre dans un habitat précaire ou insalubre.

Face à ces besoins, Mayotte compte 3 008 logements sociaux au 1er janvier 2025. Le volume des demandes enregistrées dépasse donc désormais la taille du parc recensé, sans que cette comparaison puisse être assimilée à un rapport entre demandeurs et logements immédiatement disponibles.

La structure du parc pose également question. Les petites typologies sont proportionnellement moins présentes que dans la demande :

  • T1 : 9 % de la demande contre 1 % du parc ;
  • T2 : 25 % contre 16 % ;
  • T3 : 34 % contre 33 %.

À l’inverse, les T4 représentent 38 % du parc pour 23 % des demandes.

Le fascicule territorial précédent soulignait déjà le besoin « d’augmenter la production de logements plus petits » pour mieux répondre à la demande mahoraise.

Un taux de succès inférieur à 5 %

La question de l’accessibilité financière s’ajoute à celle du volume et des typologies. En 2025, 79 % des ménages demandeurs se situent sous le plafond LLTS, tandis que leurs ressources mensuelles moyennes atteignent environ 1 448 euros par unité de consommation.

L’accès effectif au parc reste enfin particulièrement limité : le taux de succès s’établit à 4,9 %. Pour les demandeurs déclarant moins de 500 euros de ressources mensuelles, il tombe à 1 %, même si l’USH appelle à interpréter cette catégorie avec prudence en raison de la fiabilisation des revenus au stade de l’instruction.

À Mayotte, l’enjeu dépasse donc le seul nombre de logements à produire. Il porte aussi sur la connaissance réelle des besoins, l’accès aux démarches, l’adaptation des typologies et la capacité du parc social à répondre à des ménages souvent modestes et déjà confrontés à des conditions de logement fragiles.


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Source : USH / La demande de logement social en Outre-mer – Edition 2026