
À l’occasion de la 4e édition de la Semaine de l’Artisanat, organisée du 1er au 5 juin 2026, la Fédération Française du Bâtiment (FFB) Auvergne-Rhône-Alpes a choisi de mettre en lumière les artisans du bâtiment à travers la visite de l’entreprise Heur’Tech, à Chemilly dans l’Allier.
L’initiative visait à rappeler le rôle essentiel de ces professionnels dans l’économie du bâtiment, la transmission des compétences et la préservation de savoir-faire parfois uniques.
Une semaine pour valoriser les artisans du bâtiment
Aux côtés de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat Auvergne-Rhône-Alpes et de la Fédération du BTP de l’Allier, la FFB Auvergne-Rhône-Alpes a organisé une visite de l’entreprise Heur’Tech, spécialisée dans les métiers campanaires.
Pour l’organisation professionnelle, cette entreprise artisanale constitue un exemple concret de l’expertise et de l’engagement qui caractérisent les artisans du bâtiment.
Dans son communiqué, la FFB rappelle que les artisans demeurent des acteurs incontournables de l’acte de construire. Présents dans tous les territoires, ils détiennent souvent des compétences rares et participent à la transmission de savoir-faire techniques qui ne s’apprennent pas toujours dans les cursus classiques.
Heur’Tech, un savoir-faire rare au service du patrimoine
Dirigée par Bastien Dard depuis 2023, l’entreprise Heur’Tech intervient dans l’installation, la restauration, la réparation et l’automatisation des cloches d’églises et de cathédrales. Son activité couvre également la fabrication de beffrois, la restauration d’horloges monumentales et l’installation de paratonnerres.
Ce métier d’artisan campanaire mobilise des compétences variées mêlant travail du bois, du métal, ferronnerie et électricité. Une polyvalence devenue rare. Selon l’entreprise, seules 25 sociétés disposent aujourd’hui d’un savoir-faire comparable en France.
« Cette polyvalence s’apprend sur le terrain, puisqu’il n’y a pas de formation spécifique d’artisan campanaire », explique Bastien Dard. « Une formation en électricité est requise pour avoir la base du métier et deux années d’apprentissage en interne sont généralement nécessaires pour maîtriser les différentes techniques du métier. »
Cette expertise a conduit l’entreprise à intervenir sur plusieurs édifices patrimoniaux majeurs, parmi lesquels la cathédrale de Clermont-Ferrand, la cathédrale de Chalon-sur-Saône ou encore la tour du Jacquemart de Moulins.
Un « chantier d’une vie » à Notre-Dame de Paris
La reconnaissance du savoir-faire d’Heur’Tech a atteint une dimension nationale avec sa participation au chantier de restauration de Notre-Dame de Paris entre 2023 et 2025.
L’entreprise a contribué à la reconstitution des quatre cadrans de l’horloge extérieure de la cathédrale. Elle a également assuré la dépose, la réélectrification puis la repose de dix cloches, avec le remplacement de certaines pièces en bois sur deux d’entre elles.
Pour Bastien Dard, cette participation représente tout simplement « le chantier d’une vie ».

Transmission et apprentissage au cœur du modèle artisanal
Au-delà de la mise en avant d’un métier rare, la visite avait également pour objectif d’illustrer l’importance de la transmission dans les entreprises artisanales.
La reprise d’Heur’Tech par Bastien Dard a permis de préserver une activité créée en 1995 par Éric Chomel et de maintenir un savoir-faire particulièrement spécifique. Le dirigeant lui-même a découvert le métier en rejoignant l’entreprise comme technicien en 2016 avant d’en prendre la direction quelques années plus tard.
L’entreprise accueille également un apprenti en BTS électrotechnique, illustrant le rôle central des artisans dans la formation des futurs professionnels du secteur.
« Une force productive indispensable » pour le bâtiment
La FFB Auvergne-Rhône-Alpes a profité de cette visite pour rappeler le poids économique de l’artisanat dans la filière construction.
Selon les chiffres présentés dans le communiqué, les entreprises de moins de dix salariés représentent plus de 90 % des entreprises du bâtiment de la région. Elles regroupent également 42 % des salariés du secteur. L’apprentissage repose largement sur ces structures puisque 85 % des apprentis ont pour tuteur un artisan ou un dirigeant de TPE.
Pour Samuel Minot, président de la FFB Auvergne-Rhône-Alpes, « l’artisanat du bâtiment, c’est aussi et avant tout une force productive indispensable à la réussite de notre secteur ». Il ajoute : « Il ne peut y avoir de réussite sans les artisans et leurs savoir-faire dont ils sont parfois les seuls dépositaires ! »
De son côté, Vincent Gaud, président de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat Auvergne-Rhône-Alpes, rappelle que l’organisation représente près de 100 000 artisans du bâtiment dans la région et œuvre quotidiennement pour les accompagner et défendre leurs intérêts.
La FFB réaffirme ses engagements en faveur des artisans
La Semaine de l’Artisanat a également permis à la FFB de rappeler plusieurs priorités portées au niveau national et régional.
L’organisation continue notamment de défendre une révision de la REP PMCB, qu’elle juge insuffisamment opérationnelle dans sa forme actuelle. Elle plaide également pour une évolution du régime de la micro-entreprise dans le secteur de la construction afin de lutter contre certaines situations de concurrence déloyale.
La fédération appelle par ailleurs à renforcer les dispositifs favorisant la transmission des entreprises artisanales et à poursuivre la modernisation des réseaux consulaires pour améliorer l’accompagnement des professionnels.
À travers l’exemple d’Heur’Tech, la FFB Auvergne-Rhône-Alpes a ainsi souhaité rappeler que derrière chaque chantier se trouvent aussi des métiers spécialisés, des entreprises de proximité et des savoir-faire qui contribuent, parfois depuis plusieurs générations, à faire vivre le patrimoine et l’activité économique des territoires.








