Au cœur de Basse-Terre, une modeste maison créole s’apprête à ouvrir un nouveau chapitre de son histoire. Ancienne demeure de l’historien guadeloupéen Auguste Lacour, la bâtisse figure parmi les projets emblématiques retenus dans le cadre du Loto du patrimoine 2026.
Menacé par la dégradation progressive de sa structure, l’édifice doit faire l’objet d’une réhabilitation complète destinée à préserver ce témoin du patrimoine local tout en lui offrant de nouveaux usages au service de la ville.
Une maison historique fragilisée par le temps
La maison Lacour présente aujourd’hui un état de dégradation avancé qui menace sa conservation à moyen terme. Les structures en bois du bâtiment principal sont fortement affectées par l’humidité et nécessitent des interventions urgentes. L’état général du bâti expose également l’édifice à des risques d’incendie.
Les abords ne sont pas épargnés. Le terrain, la fontaine en pierre de taille et la grille en fer forgé qui composent cet ensemble patrimonial nécessitent eux aussi des travaux afin d’assurer la préservation du site dans son ensemble.
Face à cette situation, le projet retenu dans le cadre de la Mission Patrimoine prévoit une réhabilitation complète de la maison ainsi que la restauration des éléments extérieurs qui participent à son identité historique.
Une demeure associée à l’un des grands historiens de la Guadeloupe
L’histoire de la maison est intimement liée à celle d’Auguste Lacour, auteur de la célèbre Histoire de la Guadeloupe.
L’historien acquiert le terrain en 1867 et y fait reconstruire la demeure dans laquelle il résidera jusqu’à sa mort. Avec son architecture simple et ses dimensions modestes, le bâtiment se rapproche davantage d’une case créole que des grandes demeures coloniales souvent associées au patrimoine du XIXe siècle.
Cette singularité contribue aujourd’hui à son intérêt patrimonial. La maison témoigne à la fois d’une époque, d’un mode de vie et de l’histoire intellectuelle de la Guadeloupe.

Un lieu qui n’a jamais cessé de servir la population
Au fil du temps, le bâtiment a connu plusieurs vies.
Après la période où Auguste Lacour y résidait, la maison a notamment servi de lieu d’accouchement pour les habitants du secteur. Plus tard, la municipalité de Basse-Terre lui a attribué une vocation culturelle en y installant un centre d’interprétation dans le cadre du label Ville d’Art et d’Histoire.
Cette succession d’usages constitue l’une des particularités du site. La maison n’est pas seulement un témoin du passé ; elle a continuellement accompagné l’évolution de la ville et de ses habitants.
La reconnaissance patrimoniale de l’ensemble s’est renforcée en 2016 avec l’inscription aux monuments historiques de la maison, du bassin réservoir, du portail ainsi que des jardins qui l’entourent.
Un projet au service du centre-ville de Basse-Terre
La restauration du site s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’avenir du centre-ville de Basse-Terre.
Plusieurs pistes sont actuellement envisagées pour la reconversion du bâtiment. L’édifice pourrait accueillir un projet touristique sous la forme de chambres d’hôtes haut de gamme ou devenir un nouvel espace culturel ouvert aux habitants et aux visiteurs.
Le programme prévoit également l’ouverture du site lors des Journées européennes du patrimoine ainsi que l’organisation d’ateliers et d’animations destinés aux scolaires et au grand public.
Grâce à sa situation au cœur de la ville, la maison restaurée pourrait ainsi participer à la redynamisation du centre historique de Basse-Terre tout en renforçant l’offre culturelle et patrimoniale locale.
Préserver un patrimoine pour lui donner un nouvel avenir
La sélection de la maison de l’historien Auguste Lacour parmi les projets emblématiques du Loto du patrimoine 2026 ouvre une nouvelle perspective pour ce bâtiment chargé d’histoire. En restaurant à la fois la demeure, ses jardins et ses éléments patrimoniaux remarquables, le projet vise autant à préserver la mémoire de la Guadeloupe qu’à redonner une fonction vivante à un édifice qui a traversé les générations sans jamais perdre son lien avec la population.









