MAYOTTE. un guide pour mieux intégrer les risques naturels dans les projets d’aménagement

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©DEALM de Mayotte

La DEALM de Mayotte publie un guide destiné aux communes et intercommunalités pour les accompagner dans la prévention des risques naturels. PPRN, inondations, protection des bâtiments, études d’aléas, recul du trait de côte ou encore assistance technique : le document rassemble les principaux dispositifs mobilisables par les collectivités et rappelle les possibilités de financement de certaines études et travaux.


Un document opérationnel pour les collectivités

Publié en septembre 2026, le guide élaboré par l’Unité Risques naturels de la DEALM de Mayotte se veut avant tout pratique. Il rassemble dans un même document les principaux outils à disposition des communes et intercommunalités :

  • Fonds de prévention des risques naturels majeurs,
  • mesures de protection,
  • information préventive,
  • plans de prévention des risques,
  • études de précision d’aléas,
  • prévention des inondations
  • adaptation du littoral.

La démarche repose sur sept piliers allant de la connaissance des aléas à la réduction de la vulnérabilité, en passant par la surveillance des phénomènes, l’information de la population, la prise en compte des risques dans l’aménagement ou encore l’organisation des secours.

L’objectif est notamment d’aider les collectivités à identifier les démarches adaptées à leur territoire et les interlocuteurs susceptibles de les accompagner.

Les PPRN au cœur des décisions d’aménagement

Une large partie du guide est consacrée aux Plans de prévention des risques naturels. À Mayotte, les PPRN concernent notamment les inondations par débordement de cours d’eau et ruissellement urbain, les glissements de terrain et les chutes de blocs. Le document rappelle également les obligations liées au risque sismique.

Un PPR littoral est par ailleurs prescrit pour les 17 communes de Mayotte, afin de prendre en compte les risques de submersion marine et de recul du trait de côte.

Pour les professionnels de l’aménagement et de la construction, l’enjeu est direct : le PPR réglemente l’utilisation des sols et peut fixer des interdictions ou des prescriptions pour les nouveaux projets comme pour les modifications de bâtiments existants.

Il constitue une servitude d’utilité publique et ses dispositions peuvent prévaloir sur celles d’un PLU ou PLUi lorsqu’elles sont plus contraignantes.

Selon le guide, les 17 communes de l’archipel disposent d’un PPRN prescrit, dont sept sont déjà approuvés.

Des études pour préciser le risque à l’échelle des projets

Le document met également en avant les études de précision d’aléas. Elles permettent d’affiner les cartographies existantes jusqu’à l’échelle d’une parcelle ou d’un projet, notamment pour les risques d’inondation ou de mouvement de terrain.

Le pétitionnaire doit alors faire intervenir un prestataire spécialisé, l’étude étant ensuite transmise à la DEALM pour validation. Ses conclusions peuvent conduire à un déclassement du niveau d’aléa, à son surclassement ou à la confirmation du zonage existant.

Pour les collectivités, cet outil peut ainsi contribuer à mieux intégrer le risque dès la conception d’un projet d’aménagement.

Inondations et littoral : un accompagnement technique

Le guide détaille également l’articulation entre le PGRI, la compétence GEMAPI et les Programmes d’actions de prévention des inondations. À Mayotte, les cinq intercommunalités exercent la GEMAPI sur leur périmètre respectif. Le PAPI doit ensuite traduire les orientations stratégiques en programmes opérationnels pouvant comprendre études hydrauliques, diagnostics de vulnérabilité, ouvrages de protection ou travaux sur les cours d’eau.

La DEALM propose aussi un accompagnement ponctuel. Lorsqu’un bien est menacé par un aléa naturel, une collectivité peut solliciter gratuitement un diagnostic, avec intervention possible du BRGM et recommandations allant de travaux de sécurisation jusqu’à l’évacuation du site.

Sur le littoral, la DEALM peut également mobiliser le BRGM ou le Cerema pour examiner un projet d’aménagement, de construction ou de protection face à l’érosion et à la submersion marine.

Des financements pour les études et les travaux

Le guide consacre enfin plusieurs pages aux financements disponibles. Le Fonds Barnier peut notamment soutenir certaines études et opérations de prévention ou de protection. Les taux varient toutefois selon le bénéficiaire, le type de travaux et le statut du PPRN.

Pour certaines opérations concernant des collectivités couvertes par un PPRN approuvé, le document prévoit jusqu’à 50 % pour les études et travaux de prévention et 40 % pour les travaux de protection.

Le Fonds vert intervient également sur certains projets. Les cartes locales de projection du recul du trait de côte peuvent ainsi être subventionnées jusqu’à 80 %, tandis que le Fonds Barnier n’est pas mobilisable pour ce phénomène.

Au-delà du panorama réglementaire, le guide fournit ainsi aux collectivités mahoraises une lecture commune des outils permettant d’intégrer les risques naturels dans la préparation des projets et dans la programmation des futurs travaux.


Le guide est consultable sur le site de la DEALM Mayotte