Mayotte : l’OIN de 900 hectares prépare ses premières opérations

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À Mamoudzou, Koungou et Dembéni, la résorption de l’habitat informel doit désormais changer d’échelle. Sur près de 900 hectares, l’Opération d’intérêt national (OIN) de Mayotte doit progressivement transformer des secteurs où se croisent précarité résidentielle, pression foncière, risques naturels et déficit d’équipements.

Le rapport d’activité 2025 de l’Établissement public de reconstruction et de développement de Mayotte (EPRD) détaille la mise en place de ce dispositif. L’OIN couvre 18 secteurs et environ 10 000 logements insalubres à résorber, avec une première phase concentrée sur six secteurs jugés prioritaires.


 

Six secteurs pour engager la transformation

Créée par le décret du 30 juin 2025, l’OIN se répartit entre sept secteurs à Mamoudzou, six à Koungou et cinq à Dembéni. Chaque périmètre est associé à une zone d’aménagement différé destinée à faciliter la maîtrise foncière publique et la préparation des futures opérations.

Le comité de pilotage du 9 décembre 2025 a retenu six secteurs pour la première phase d’intervention : Mamoudzou Centre, Cavani-Mtsapéré, Iloni-Dembéni — qui regroupe les secteurs 9 et 10 —, les Hauteurs de Koungou et la Côte de Koungou.

Les problématiques diffèrent fortement d’un site à l’autre.

  • À Mamoudzou Centre, l’enjeu porte sur la requalification d’un tissu urbain dense où subsistent des poches d’habitat informel.
  • À Cavani-Mtsapéré et sur les Hauteurs de Koungou, les pentes, les ruissellements, les accès et les contraintes géotechniques pèsent davantage sur les futurs aménagements.
  • À Iloni-Dembéni et sur la Côte de Koungou, les projets devront également composer avec les enjeux hydrauliques, littoraux et environnementaux.

L’objectif dépasse ainsi la seule démolition de l’habitat indigne. L’EPRD présente l’OIN comme une opération associant relogement, maîtrise foncière, aménagement urbain, réseaux, équipements publics et préservation des milieux naturels.

Foncier et relogement avant les grands chantiers

L’année 2025 a surtout servi à préparer cette transformation. L’EPRD a engagé les consultations de maîtrise d’œuvre urbaine et les études environnementales, notifié des missions de maîtrise d’œuvre urbaine et sociale (MOUS) et commencé à structurer les enquêtes sociales, les stratégies de relogement et la gouvernance avec les communes.

Le foncier constitue l’un des leviers du dispositif. Le décret créant l’OIN instaure une zone d’aménagement différé sur ses périmètres et désigne désormais l’EPRD comme titulaire du droit de préemption. Ce droit peut être exercé pendant dix ans à compter de la publication du décret, afin de sécuriser progressivement les terrains nécessaires aux opérations.

La montée en puissance s’est poursuivie en 2026. Une offre de recrutement publiée en février par l’EPRD indiquait que six secteurs étaient déjà engagés à travers des marchés de MOUS et de maîtrise d’œuvre urbaine. Les missions décrites portent notamment sur le relogement des ménages, les diagnostics sociaux, la libération des emprises, la concertation et l’urbanisme transitoire.

L’OIN entre donc progressivement dans sa phase opérationnelle, mais les grands travaux ne constituent pas encore l’essentiel de l’activité documentée.

Avant les chantiers, l’enjeu reste de transformer les périmètres retenus en projets réalisables, en sécurisant le foncier, le relogement des habitants et les conditions techniques d’intervention.


Le rapport d’activité 2025 est consultable sur le site de l’EPRD