MAYOTTE. 523 jours après Chido, une table ronde réunira les acteurs de la reconstruction

0

Plus d’un an après le passage du cyclone CHIDO, les questions liées à la reconstruction de Mayotte continuent de mobiliser les acteurs de l’architecture, de l’aménagement et du territoire. Le 21 mai 2026, la Cité de l’architecture et du patrimoine et le CAUE de Mayotte organiseront une table ronde consacrée aux enseignements tirés de la catastrophe et aux conditions d’une reconstruction plus résiliente de l’île.

Intitulée « Mayotte, 523 jours après : quels enseignements pour reconstruire durablement ? », cette rencontre réunira architectes, juristes, élus et praticiens engagés sur le terrain autour d’un même enjeu : comment reconstruire un territoire fortement exposé aux risques climatiques tout en répondant aux réalités sociales, foncières et démographiques locales ?


Mayotte confrontée à une reconstruction de long terme

Au-delà de l’urgence post-cyclonique, les organisateurs souhaitent replacer la reconstruction de Mayotte dans une réflexion plus large sur l’habitabilité des territoires ultramarins exposés aux aléas climatiques. Le texte de présentation de la rencontre souligne que les événements ayant frappé l’île ont mis en évidence la nécessité de transformer les modèles d’aménagement, de construction et de protection territoriale.

La question ne porte donc plus uniquement sur la remise en état des bâtiments endommagés. Elle concerne désormais la capacité du territoire à intégrer durablement les risques naturels dans les politiques d’urbanisme, les choix d’implantation, les infrastructures et les pratiques constructives.

Le constat posé par les organisateurs est clair : construire sans anticipation ne suffit plus. Les enjeux climatiques, géographiques et sociaux imposent désormais des approches capables d’intégrer simultanément résilience, sécurité et adaptation.

Une rencontre entre architecture, urbanisme et politiques publiques

La table ronde se déroulera en duplex entre Mayotte et Paris. Elle réunira plusieurs profils issus de disciplines complémentaires.

Parmi les intervenants annoncés figurent notamment :

  • Sinina Ali, juriste en droit de l’urbanisme et de la construction et directrice adjointe du CAUE Mayotte ;
  • Nicola Delon, architecte et cofondateur d’Encore Heureux ;
  • Cyrille Hanappe, architecte-ingénieur d’AIR architectures ;
  • Mansour Kamardine, avocat, ancien maire de Sada et ancien député de Mayotte ;
  • Mariam Locate, architecte et conseillère nationale à l’Ordre des architectes ;
  • Dominique Tessier, directeur du CAUE de Mayotte.

La rencontre sera animée par la journaliste et curatrice indépendante Emmanuelle Borne.

Dans sa communication, le Conseil national de l’Ordre des architectes rappelle également que Mariam Locate s’était rendue à Mayotte avec un contingent d’architectes dans les jours ayant suivi le cyclone afin de participer aux premiers diagnostics bâtimentaires.

Habitat précaire, foncier et adaptation climatique au cœur des échanges

Les thèmes annoncés dépassent largement la seule question architecturale. Les organisateurs souhaitent ouvrir une réflexion sur les conditions d’une reconstruction durable intégrant les risques naturels, la justice sociale et la préservation des écosystèmes.

Plusieurs problématiques structurantes devraient ainsi être abordées :

  • la sanctuarisation des zones les plus exposées ;
  • le renforcement des infrastructures essentielles ;
  • l’accompagnement de l’auto-construction ;
  • la formation des artisans ;
  • les alternatives aux habitats précaires ;
  • l’adaptation des politiques d’aménagement aux réalités locales.

Le texte de cadrage présenté par la Cité de l’architecture et du patrimoine insiste également sur la pression démographique et les défis fonciers auxquels l’île reste confrontée. Dans ce contexte, la reconstruction apparaît comme un exercice d’équilibre entre sécurité, dignité sociale et contraintes territoriales.

Mayotte comme territoire de référence face aux risques climatiques

La rencontre défend aussi une idée plus large : Mayotte pourrait devenir un territoire de référence pour penser les modèles de reconstruction dans les zones insulaires exposées aux crises climatiques.

Les organisateurs estiment que les enseignements tirés de l’île dépassent désormais le seul cadre mahorais. L’intensification des aléas climatiques dans les Outre-mer pousse progressivement les acteurs du bâtiment et de l’aménagement à repenser les logiques de construction, de planification et de résilience territoriale.

Cette approche transparaît également à travers certains projets évoqués lors de l’événement, comme « Scie Maoré », une scierie mobile portée par Encore Heureux architectes et la Régie Territoriale de Tsingoni avec le soutien de la Fondation de France.

À travers cette table ronde, la reconstruction de Mayotte est ainsi présentée non seulement comme un défi local, mais aussi comme un terrain d’expérimentation pour de nouvelles approches de l’aménagement durable dans les territoires ultramarins exposés aux risques climatiques.


Plus d’infos et s’inscrire