MARTINIQUE. la demande de logement social grimpe malgré le recul démographique

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Fin 2025, la Martinique compte 15 763 demandes actives de logement social, en hausse de 5,3 % sur un an et de 31 % en cinq ans. Une progression qui contraste avec le recul démographique relevé par l’USH dans son précédent fascicule et qui invite à regarder de plus près la structure des ménages, leurs conditions de logement et les typologies recherchées.


La demande de logement social continue de progresser en Martinique. Fin 2025, 15 763 ménages sont en attente d’un logement social, contre 14 970 un an plus tôt.

Depuis 2021, le volume des demandes a augmenté de 31 %. La CACEM concentre à elle seule plus de la moitié des dossiers, avec 8 522 demandes, ainsi que 19 230 logements sociaux.

Cette hausse mérite d’autant plus l’attention qu’elle ne suit pas mécaniquement l’évolution démographique du territoire.

Dans son précédent fascicule consacré à la Martinique, l’Union sociale pour l’habitat observait qu’entre 2018 et 2023, le nombre de demandes avait augmenté de 13 %, alors que la population locale diminuait de 6 %.

Fin 2023, 14 082 ménages étaient alors en attente d’un logement social.

Une demande qui monte malgré le recul démographique observé

Le recul de la population ne se traduit donc pas automatiquement par une baisse des besoins en logement social. Pour comprendre ce décalage, le profil des demandeurs apporte plusieurs éléments de lecture.

La taille moyenne des ménages demandeurs s’établit à seulement 1,9 personne. Les personnes seules représentent 48 % des demandes, tandis que les familles monoparentales avec enfants en concentrent 41 %.

Cette structure n’est pas nouvelle. Le fascicule territorial de 2023 montrait déjà que personnes seules et familles monoparentales représentaient ensemble 89 % des demandes.

À cela s’ajoute une situation résidentielle souvent fragile. En 2025, 36 % des demandeurs sont hébergés chez un parent ou un enfant, tandis que 22 % sont déjà locataires du parc social. Au total, plus de la moitié ne disposent pas de leur propre logement.

Des ménages plus petits, des besoins qui évoluent

Les motifs invoqués confirment que la question ne porte pas seulement sur le nombre de logements disponibles, mais aussi sur leur adéquation avec les besoins.

Un demandeur sur trois déclare vivre dans un « logement trop petit ». Les événements familiaux arrivent ensuite avec 21 % des demandes, devant le rapprochement travail/commodités à 18 %. Par ailleurs, 14 % des ménages déclarent ne pas avoir de logement ou vivre dans une situation précaire ou insalubre.

Ce profil de demande se retrouve directement dans les typologies recherchées.

Le T2, point de tension du parc martiniquais

Au 1er janvier 2025, la Martinique compte 35 510 logements sociaux. Le taux de rotation du parc s’établit à seulement 5,2 %, ce qui limite mécaniquement le nombre de logements remis à disposition chaque année.

Mais le décalage le plus marqué concerne surtout les T2. Ils représentent 38 % de la demande, alors qu’ils ne constituent que 13 % du parc social.

À l’inverse, les T3 comptent pour 44 % du parc mais 32 % de la demande, tandis que les T4 représentent 34 % du parc pour seulement 14 % des souhaits exprimés. L’USH en tire une conclusion explicite : ces écarts soulignent le besoin d’« augmenter la production de logements T2 » en Martinique.

Ce constat donne une autre lecture du paradoxe démographique : l’enjeu ne tient pas seulement au nombre d’habitants, mais aussi à la manière dont les ménages se composent et aux logements qu’ils recherchent.

La réponse ne se limite toutefois pas à produire davantage de petites typologies. En 2025, 77 % des demandeurs se situent sous le plafond de ressources LLTS, avec des ressources mensuelles moyennes d’environ 1 234 euros par unité de consommation.

Autrement dit, la programmation doit aussi tenir compte du niveau de financement et de l’accessibilité des logements produits. Avec un taux de succès de seulement 12,3 % en 2025, l’ajustement entre typologies, loyers et profils des ménages devient ainsi un enjeu aussi important que le volume global du parc.


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Source : USH / La demande de logement social en Outre-mer – Edition 2026