La SIMAR a financé 305 logements et en a mis 219 en chantier en Martinique en 2025. Malgré la hausse des coûts, les tensions foncières et les difficultés du BTP, le premier bailleur social de l’île poursuit le développement et la rénovation de son patrimoine.
Au 31 décembre 2025, la SIMAR gérait 12 457 logements, soit 102 de plus qu’en 2024. Son parc comprend 12 304 logements familiaux et 153 logements-foyers, répartis entre la CACEM (56 %), l’Espace Sud (25 %) et CAP Nord (19 %). Cette activité s’inscrit dans un contexte où environ 12 000 demandes de logements restent à satisfaire en Martinique.
305 logements financés dans un contexte contraint
La SIMAR a financé 305 logements en 2025, contre 293 en 2024, soit une progression d’environ 4 %.
Parmi ces opérations figurent 58 logements-foyers destinés aux seniors. Le bailleur a également lancé la construction de 219 logements et indique disposer de près de 1 000 logements en chantier.
La production s’est poursuivie dans un environnement marqué par la hausse des coûts de construction, la disponibilité limitée du foncier, la complexité des procédures administratives et les difficultés du secteur du BTP.
Ces contraintes ont pesé sur le calendrier de plusieurs programmes.
Le rapport annuel constate que « plusieurs opérations ont toutefois été reportées » en raison de problèmes fonciers, administratifs ou liés aux entreprises.
La fragilité financière de certains opérateurs, le nombre limité d’entreprises spécialisées et la hausse du prix des matériaux ont également contraint la SIMAR à revoir sa programmation.
Le bailleur indique avoir investi 50 millions d’euros dans sa politique de développement au cours de l’exercice. La SIMAR a parallèlement renforcé ses négociations avec les promoteurs afin de mieux maîtriser les coûts des opérations et de préserver ses équilibres financiers.
La VEFA devient un levier majeur de production
Les opérations réalisées en vente en l’état futur d’achèvement occupent désormais une place prépondérante dans la stratégie de la SIMAR. La VEFA représente 68 % des ordres de service enregistrés en 2025, confirmant le rôle des promoteurs privés dans le développement du patrimoine du bailleur.
Ce mode de production doit permettre à la SIMAR de renforcer plus rapidement son offre locative et de diversifier les catégories de logements proposées.
Son utilisation reste toutefois dépendante de la disponibilité des programmes, des prix négociés avec les promoteurs et de la capacité des entreprises à respecter les coûts et les calendriers.
La page des chiffres clés fait également état de 106 logements livrés en 2025, dont 32 logements acquis. Une autre partie du rapport présente cependant une donnée incompatible concernant certaines livraisons.
Le total de 106 logements constitue donc le chiffre de référence affiché par la SIMAR, dans l’attente d’une clarification.
Plus de 15 millions d’euros mobilisés pour le parc
La maintenance du patrimoine a représenté 8,52 millions d’euros en 2025, soit 690 euros par logement. Cet effort correspond à 12,70 % des produits nets de la société, contre 13,22 % en 2024.
La SIMAR a également engagé 6,87 millions d’euros d’ordres de service pour renouveler les composants des bâtiments. Les dépenses de maintenance et les engagements de renouvellement totalisent ainsi 15,39 millions d’euros, même si ces deux enveloppes sont de nature différente.
La politique patrimoniale vise à prolonger la durée de vie des bâtiments, améliorer le confort des résidents et adapter le parc aux évolutions climatiques et démographiques. L’âge moyen du patrimoine atteint 28 ans, renforçant les besoins de rénovation.
Les difficultés du BTP affectent également les interventions sur le parc existant. La fragilité des entreprises et le manque d’acteurs spécialisés ont entraîné le report de plusieurs opérations.
La SIMAR prévoit néanmoins d’accélérer les réhabilitations et d’améliorer la performance énergétique de ses résidences en 2026.
Une offre diversifiée au Lamentin
La diversification s’est concrétisée avec Fleur de Muscade, à Acajou–Basse Gondeau, au Lamentin. Réalisée avec Action Logement Services, cette première opération de logements intermédiaires de la SIMAR comprend 20 appartements de type F3.
Le programme s’adresse aux salariés dont les ressources dépassent les plafonds du logement social, mais restent insuffisantes pour accéder facilement au marché privé. Fleur de Muscade doit ainsi compléter l’offre sociale traditionnelle et accompagner les parcours résidentiels.
La résidence Debrosil, située à Jeanne d’Arc au Lamentin, comprend 39 logements : 15 logements locatifs sociaux pour seniors et 24 logements libres, dont 16 réservés aux personnels de la Gendarmerie nationale.
La SIMAR a également élaboré une politique seniors à l’horizon 2030 afin de développer des logements adaptés, favoriser le maintien à domicile et renforcer les coopérations avec les acteurs médico-sociaux. L’objectif consiste à « adapter l’habitat et renforcer la proximité ».
Floréal et Dillon préparent leur transformation
À Fort-de-France, Floréal et Dillon figurent parmi les principaux projets de renouvellement urbain présentés par la SIMAR. Les deux démarches, conduites avec la Ville de Fort-de-France, restent au stade des études et de la définition des orientations.
À Floréal, les réflexions portent sur :
- le désenclavement du quartier ;
- la gestion des eaux pluviales ;
- la requalification des espaces publics ;
- le développement des circulations douces ;
- la végétalisation ;
- la résidentialisation des ensembles de logements ;
- le renforcement de la résilience climatique.
À Dillon, les orientations concernent :
- la rénovation de l’habitat ;
- la restructuration des espaces publics ;
- l’amélioration des cheminements piétons ;
- la réorganisation du stationnement ;
- la valorisation des rez-de-chaussée ;
- le renforcement des liaisons avec les équipements urbains.
Les habitants, les associations et les acteurs locaux doivent être associés à la définition de ces deux projets.
La SIMAR entend poursuivre en 2026 la production de logements, la réhabilitation de son patrimoine et la diversification de son offre.
Le rapport ne fixe toutefois aucun objectif chiffré. La concrétisation des programmes dépendra notamment de la maîtrise des coûts, de la mobilisation du foncier et de la situation des entreprises martiniquaises du BTP.
Consulter ici le rapport annuel 2025 de la SIMAR









