Logement social à LA REUNION. Plus de 8 demandes pour 1 attribution, selon l’ARMOS

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À Saint-Denis de La Réunion, la résidence Normandie, inaugurée en septembre 2024 - SHLMR

La pression sur le logement social demeure particulièrement élevée à La Réunion. Dans son rapport annuel publié en 2026, l’Association Régionale des Maîtres d’Ouvrage Sociaux et Aménageurs de l’Océan Indien (ARMOS-oi) dresse un constat clair : la demande continue de progresser alors que la production de logements peine à suivre le rythme.

Au total, 51 422 demandes de logements sociaux étaient enregistrées sur l’île, révélant une tension persistante sur le parc locatif social. L’indicateur de tension atteint désormais 8,1 demandes pour une attribution réalisée, signe d’un déséquilibre durable entre l’offre disponible et les besoins des ménages réunionnais.

Un parc social qui représente déjà près d’un quart du logement à La Réunion

Le logement social occupe une place structurante dans l’habitat de l’île. Au 1er janvier 2026, le parc locatif social compte 86 293 logements, soit 24 % des résidences principales du territoire. Cette proportion illustre le rôle central joué par les bailleurs sociaux dans l’accès au logement, dans un contexte marqué par des contraintes foncières et économiques fortes.

La répartition territoriale du parc reste toutefois contrastée. Certaines intercommunalités disposent d’un parc social relativement important, tandis que d’autres territoires demeurent moins dotés. Ces disparités participent aux tensions observées sur certains bassins d’habitat.

Une production de logements qui reste insuffisante

Malgré les efforts engagés ces dernières années, la production de logements sociaux reste en deçà des besoins du territoire. En 2025, 1 917 logements ont été financés et 1 730 logements livrés, des niveaux qui demeurent nettement inférieurs aux besoins estimés pour répondre à la demande croissante.

Le rythme de production avait connu une phase plus dynamique au début des années 2010, avec un pic historique de livraisons dépassant les 3 500 logements en 2014. Depuis, la production s’est progressivement contractée, notamment sous l’effet des difficultés économiques et opérationnelles rencontrées par les projets immobiliers.

Des tensions territoriales marquées

Le rapport met également en évidence un décalage entre la localisation des besoins et la répartition des logements livrés. Certains territoires apparaissent particulièrement sous-dotés au regard de la demande.

Le cas de la CIVIS est particulièrement révélateur : cette intercommunalité concentre 18 % des demandes de logements sociaux, mais n’a bénéficié que 3,4 % des logements livrés en 2025. Cette situation illustre les déséquilibres territoriaux qui peuvent accentuer les tensions locales sur l’accès au logement.

Des difficultés croissantes pour produire des logements

Au-delà de la demande élevée, plusieurs facteurs viennent compliquer la production de nouveaux logements sociaux. Le rapport souligne notamment l’augmentation continue des coûts de construction, qui a entraîné ces dernières années des surcoûts importants pour les opérations immobilières.

Parallèlement, les bailleurs sont confrontés à un nombre croissant d’appels d’offres infructueux, les propositions des entreprises dépassant souvent les budgets prévisionnels. Les durées de chantier se sont également allongées : la durée moyenne dépasse désormais 36 mois, contre environ 26 à 28 mois auparavant. Ces difficultés pèsent directement sur les calendriers de livraison et sur la capacité globale à répondre aux besoins du territoire.

Un enjeu majeur pour les politiques de l’habitat

Face à ces constats, l’ARMOS-oi insiste sur la nécessité de renforcer les politiques publiques en faveur du logement social. La relance durable de la production passera notamment par une meilleure maîtrise des coûts de construction, une mobilisation accrue du foncier aménagé et un soutien renforcé aux opérations portées par les bailleurs.

Dans un territoire où la demande de logements sociaux ne cesse de croître, la capacité à accélérer la production et à rééquilibrer l’offre à l’échelle de l’île apparaît plus que jamais comme un enjeu central pour répondre durablement aux besoins des Réunionnais.


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