Électrification du logement neuf : la FFB soutient l’objectif mais alerte sur la méthode

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    Le 10 avril 2026, le Premier ministre a annoncé une accélération de l’électrification du logement en France. La mesure prévoit notamment l’exclusion des chaudières gaz dans les opérations de logements collectifs neufs à partir du 1er janvier 2027, y compris les pompes à chaleur hybrides électricité-gaz.

    Dans un communiqué publié le 12 avril, la Fédération Française du Bâtiment (FFB) affirme partager l’objectif de décarbonation du secteur, tout en alertant sur les conditions de mise en œuvre de cette transition.

    La fédération rappelle que l’électrification du chauffage s’inscrit dans une stratégie visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre tout en s’appuyant sur une production électrique française capable de contribuer à l’indépendance énergétique du pays.

    Pour la FFB, ces objectifs « ne peuvent qu’être salués ». Toutefois, l’organisation patronale s’interroge sur le calendrier retenu et estime que la transition doit rester soutenable, tant sur le plan technique qu’économique.

    Selon la fédération, l’accélération du recours à des systèmes de chauffage entièrement électriques implique également une adaptation des infrastructures énergétiques.

    Elle estime qu’une véritable politique de modernisation du réseau électrique doit accompagner cette évolution afin d’absorber l’augmentation de la demande liée à la généralisation de ces équipements dans le logement collectif.

    Au-delà de cette question d’infrastructure, la FFB alerte surtout sur les conséquences possibles pour les opérations immobilières actuellement en préparation. L’organisation estime que l’application stricte de la mesure pourrait conduire à l’abandon d’environ un quart des projets de logements collectifs aujourd’hui à l’étude.

    En cause : le cycle de conception des programmes immobiliers. Il s’écoule généralement entre douze et dix-huit mois entre la première ébauche d’un projet et le dépôt du permis de construire.

    Modifier le système énergétique en cours de montage peut alors entraîner une refonte technique du projet et générer des surcoûts significatifs. Tous les projets ne seraient donc pas nécessairement retravaillés.

    Pour la fédération, cette situation pourrait peser sur la production de logements neufs. Son président, Olivier Salleron, souligne que « la nouvelle cible fixée par le Premier ministre doit s’accompagner d’un “discours de la méthode” pour y parvenir, sans renier l’objectif de production de 400 000 logements par an fixé par lui-même il y a moins de deux mois ».

    Il appelle ainsi à prévoir des souplesses pour les projets déjà engagés et pour les situations où une pompe à chaleur entièrement électrique ne pourrait suffire. Selon lui, ne pas intégrer ces ajustements « prolongerait la crise du logement en 2026 et au-delà ».

    Dans cette perspective, la FFB évoque également la possibilité d’étudier des solutions intermédiaires.

    Parmi elles, le recours à des pompes à chaleur hybrides alimentées en biogaz, qui permettraient selon l’organisation de concilier indépendance énergétique et décarbonation de l’énergie tout en offrant davantage de flexibilité pour les projets en cours de développement.

    La prise de position de la fédération intervient dans un contexte où le secteur du bâtiment traverse déjà une période de ralentissement de la construction.

    Si la profession soutient la trajectoire de décarbonation du logement, elle insiste sur la nécessité de définir une méthode de transition compatible avec les réalités techniques et économiques des projets immobiliers.