Les aides de l’Anah continuent de soutenir le marché de la rénovation en 2026

0
Anah

Malgré un début d’année ralenti par le vote tardif de la loi de finances, les aides de l’Anah ont continué de soutenir le marché de la rénovation. Au 30 juin 2026, MaPrimeRénov’ avait accompagné 110 835 logements, tandis que MaPrimeAdapt’ et Ma Prime Logement Décent poursuivaient leur déploiement.

La reprise de l’activité s’est toutefois accompagnée d’un important travail de résorption des dossiers en attente et d’un renforcement des contrôles. Plus de 9 000 demandes incomplètes ou restées sans réponse ont été rejetées, tandis que les délais d’instruction atteignent en moyenne six mois.


La rénovation d’ampleur concentre les financements

Les rénovations par geste restent majoritaires, avec 69 426 logements accompagnés, contre 41 409 pour les rénovations d’ampleur.

La répartition financière est toutefois inversée : les premières ont mobilisé 273,6 millions d’euros d’aides et généré 991,4 millions d’euros de travaux, tandis que les rénovations d’ampleur ont concentré 1,1 milliard d’euros d’aides pour 1,8 milliard d’euros de travaux.

Ces projets globaux concernent 21 221 propriétaires occupants, 3 042 propriétaires bailleurs et 17 146 logements en copropriété. Plus complexes et plus coûteux, ils mobilisent plusieurs corps de métier autour de l’isolation, des menuiseries, du chauffage ou encore de la ventilation.

Dans les rénovations par geste, les équipements de chauffage dominent largement, avec 81 % des interventions financées. La pompe à chaleur air/eau arrive en tête avec plus de 36 000 installations, devant le poêle à granulés et l’isolation des murs par l’extérieur.

Cette dernière reste le premier geste d’isolation du classement, dans un marché encore largement porté par le remplacement des équipements.

Des parcours davantage encadrés

Face au poids financier croissant des rénovations globales, l’Anah renforce l’accompagnement et le contrôle des projets. Depuis le 23 février 2026, les ménages doivent notamment rencontrer un conseiller France Rénov’ avant de déposer une demande d’aide pour une rénovation d’ampleur.

Plus de 100 000 ménages ont été conseillés depuis le début de l’année, avec un délai moyen d’obtention d’un rendez-vous inférieur à 15 jours. Le réseau compte environ 2 800 conseillers, répartis entre 1 700 points de contact, dont un peu plus de 600 Espaces Conseil France Rénov’.

Le dispositif Mon Accompagnateur Rénov’ rassemble pour sa part 3 996 professionnels agréés au sein de 1 512 structures.

« Dans un contexte budgétaire contraint, la priorité est de s’assurer que l’argent public finance des dossiers de qualité », souligne l’Anah. Cette sécurisation des parcours doit aussi répondre aux risques de fraude et aux difficultés administratives qui peuvent retarder les chantiers.

Les bénéficiaires interrogés restent néanmoins largement satisfaits. Selon une enquête réalisée par ViaVoice auprès de 7 142 personnes, 91 % se déclarent satisfaites du dispositif et 95 % le recommanderaient à leurs proches.

Dix-huit mois après les travaux, 83 % disent constater une diminution de leur consommation d’énergie sur leurs factures. Ces résultats reposent toutefois sur les déclarations des ménages et non sur une mesure indépendante des performances atteintes.

Une visibilité encore partielle sur les territoires ultramarins

Le bilan national identifie 387 dossiers MaPrimeRénov’ engagés en Outre-mer dans sa cartographie des rénovations par geste.

Il recense également plusieurs interventions spécifiquement adaptées aux climats chauds : 131 chauffe-eau solaires individuels relevant du dispositif ultramarin, 57 sur-toitures ventilées, 27 protections solaires de toiture et cinq bardages ventilés.

Ces solutions répondent directement aux enjeux de confort thermique, de protection contre le rayonnement solaire et de limitation du recours à la climatisation.

Leur présence dans les aides nationales ouvre un marché pour les entreprises spécialisées dans l’enveloppe du bâtiment, la ventilation naturelle et la production solaire d’eau chaude.

Le bilan confirme donc le rôle structurant des aides de l’Anah dans le marché national de la rénovation.

Pour l’Outre-mer, les dispositifs intègrent bien certaines contraintes climatiques particulières, mais une ventilation territoriale et financière plus détaillée reste nécessaire pour apprécier leur diffusion et leurs retombées sur l’activité des entreprises locales.


Anah

Consulter ici le bilan au 1er semestre 2026 des aides de l’Anah