Le Mouvement pour une Frugalité heureuse et créative a lancé un appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour identifier les réalisations les plus inspirantes en matière d’architecture et d’aménagement dans les territoires ultramarins.
Ouvert du 13 mai au 12 juin 2026, cet appel doit alimenter un futur ouvrage de la collection Architecture Frugale consacré à la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique, La Réunion et Mayotte. L’objectif est de sélectionner 25 projets illustrant des approches sobres, adaptées aux territoires et aux ressources locales.
Une première édition consacrée aux territoires ultramarins
Depuis 2020, la collection Architecture Frugale met en lumière des réalisations exemplaires dans plusieurs régions françaises. Après la Provence-Alpes-Côte d’Azur, le Grand Est, l’Auvergne-Rhône-Alpes, l’Occitanie, les Hauts-de-France, la Nouvelle-Aquitaine ou encore la Bretagne, les Outre-mer feront l’objet d’un ouvrage spécifique dont la publication est prévue à la fin de l’année 2026.
Pilotée par l’architecte et chercheuse Dominique Gauzin-Müller, cette nouvelle édition ambitionne de valoriser des projets capables de répondre aux enjeux contemporains tout en tenant compte des réalités climatiques, géographiques et économiques propres aux territoires ultramarins. La sortie du livre doit également s’accompagner d’événements organisés dans chacun des cinq territoires concernés.
Des projets de bâtiment, d’espace public et de paysage recherchés
L’appel à manifestation d’intérêt s’adresse aux architectes, urbanistes et paysagistes diplômés d’État. Les candidats peuvent présenter jusqu’à cinq projets réalisés entre janvier 2016 et mars 2026.
Les réalisations recherchées couvrent plusieurs domaines. Il peut s’agir de constructions neuves, mais aussi de rénovations, réhabilitations, restructurations, extensions ou surélévations de bâtiments existants. Les projets de revitalisation d’espaces publics, de centres-bourgs ou de quartiers sont également éligibles, tout comme les opérations de ménagement du territoire et les projets de paysage.
Le comité de sélection précise toutefois qu’une attention particulière sera portée aux démarches de transformation de l’existant. Cette orientation s’inscrit dans une logique de limitation de l’artificialisation des sols et de valorisation du patrimoine déjà construit.
La frugalité comme fil conducteur des candidatures
Les projets retenus devront illustrer les principes défendus par le mouvement de la Frugalité heureuse et créative. Le référentiel repose sur 4 grands piliers.
- Le premier concerne la frugalité en sol, qui privilégie la réutilisation du bâti existant, la préservation des terres agricoles et une utilisation raisonnée du foncier.
- Le deuxième porte sur la frugalité en énergie et en confort. Les projets sont invités à démontrer l’intérêt des approches bioclimatiques, de la ventilation naturelle ou encore des solutions permettant de réduire les besoins énergétiques avant de recourir à des équipements techniques complexes.
- Le troisième pilier concerne les matériaux. L’utilisation de ressources biosourcées, géosourcées ou issues du réemploi est particulièrement recherchée. Le mouvement rappelle d’ailleurs que la réduction de l’empreinte environnementale passe aussi par une meilleure valorisation des matériaux locaux et des savoir-faire présents sur les territoires.
- Enfin, la catégorie « nouveaux processus » met en avant les démarches collaboratives associant maîtres d’ouvrage, concepteurs, entreprises, usagers et habitants autour des projets.
Les ressources locales également mises à l’honneur
Au-delà des réalisations bâties ou aménagées, les porteurs du projet souhaitent recenser les ressources disponibles dans les territoires ultramarins. Une collecte d’informations est ainsi lancée auprès des acteurs locaux afin d’identifier les filières et producteurs de matériaux présents en Guadeloupe, Guyane, Martinique, La Réunion et Mayotte.
Sont notamment recherchés les acteurs liés au bois, à la pierre, à la terre, au bambou, aux ressourceries ou encore aux matériaux de réemploi. Ces ressources locales pourraient être intégrées à l’ouvrage sous la forme d’une cartographie dédiée.









