Fin 2025, plus de 51 300 ménages sont en attente d’un logement social à La Réunion, soit 4,6 % de plus qu’un an auparavant. Au-delà du volume des demandes, l’étude 2026 de l’Union sociale pour l’habitat met en évidence une pression accrue sur les petites typologies et des besoins très largement orientés vers le logement très social.
La demande de logement social poursuit sa progression à La Réunion. Fin 2025, un peu plus de 51 300 ménages disposent d’une demande active. Sur un an, leur nombre augmente de 4,6 % et, depuis 2021, la hausse atteint 43 % en cinq ans.
Cette croissance s’inscrit dans une tendance déjà bien installée. Fin 2023, l’île comptait 44 247 demandes actives, après plusieurs années de hausse successive. La pression reste par ailleurs très concentrée géographiquement : plus de la moitié de la demande se répartit entre la CINOR et le Territoire de la Côte Ouest (TCO), où se situent également près de 60 % du parc social réunionnais.
Des ménages souvent seuls ou monoparentaux
Le volume des dossiers ne suffit toutefois pas à caractériser les besoins. La composition des ménages apporte un autre éclairage.
À La Réunion, 43 % des demandes émanent de personnes seules, tandis que les familles monoparentales avec enfants en représentent 39 %. La taille moyenne du ménage demandeur s’établit ainsi à 2,3 personnes. L’âge moyen du titulaire est de 40 ans, avec une présence importante des 20-29 ans et des 30-39 ans, qui représentent chacun 28 % des dossiers.
Les situations résidentielles sont également diverses : 29 % des ménages demandeurs sont déjà locataires du parc social, 28 % sont hébergés chez un tiers et 24 % occupent un logement du parc privé.
Parmi les motifs avancés, le manque d’espace arrive en tête. 38 % des ménages déclarent vivre dans un « logement trop petit ». Cette proportion atteint même 44 % chez les demandeurs souhaitant une mutation. Les événements familiaux sont cités par 23 % des ménages et le « logement trop cher » par 17 %.
T1 et T2 : un décalage persistant avec le parc
Cette évolution des besoins se retrouve dans les typologies recherchées. Au 1er janvier 2025, La Réunion compte 84 988 logements sociaux. Les T3 restent majoritaires dans le parc, mais les petites surfaces sont proportionnellement davantage sollicitées.
- T1 : 19 % de la demande, contre 7 % du parc ;
- T2 : 32 % de la demande, contre 23 % du parc ;
- T3 : 25 % de la demande, pour 37 % du parc.
Le constat n’est pas nouveau. Dans son précédent fascicule territorial, l’USH estimait déjà que ces écarts soulignaient le besoin « d’augmenter la production de plus petits logements (T1 et T2) » à La Réunion.
86 % des demandeurs sous le plafond LLTS
Mais produire davantage de petites typologies ne constitue qu’une partie de l’équation. Leur niveau de loyer doit également correspondre aux ressources des ménages.
En 2025, 86 % des demandeurs réunionnais se situent sous le plafond de ressources LLTS, tandis que leurs ressources mensuelles moyennes atteignent environ 1 031 euros par unité de consommation.
Le précédent fascicule situait déjà cette proportion à 88 %, contre 71 % au niveau national. Le besoin de logements très sociaux apparaît donc installé dans la durée.
À cette tension s’ajoute enfin celle de l’accès effectif au parc. Le taux de succès s’établit à 11,9 % en 2025. Parmi les ménages déjà locataires du parc social, qui représentent près de trois demandeurs sur dix, il descend à 9 %.
Avec plus de 51 000 demandes désormais enregistrées, l’enjeu réunionnais porte donc à la fois sur le rythme de production, la place accordée aux T1 et T2 et la capacité à proposer une offre compatible avec les ressources des ménages.

Source : USH / La demande de logement social en Outre-mer – Edition 2026









