Le rapport d’activité 2025 de l’Agence de financement des infrastructures de transport de France dresse un état des lieux de plusieurs opérations structurantes conduites en Guyane. Du nouveau pont du Larivot aux aménagements de la RN2, en passant par les liaisons de l’intérieur, les fleuves et un projet de quai roulier, les interventions recensées couvrent des infrastructures très différentes, à des stades d’avancement parfois éloignés.
La programmation reflète une particularité du territoire guyanais : la continuité des déplacements et des échanges ne repose pas sur un seul réseau. Elle dépend à la fois des routes du littoral, des ouvrages de franchissement, des pistes reliant les communes isolées, de la navigation fluviale et des équipements portuaires.
Plus de 276 millions d’euros engagés dans le cadre du PITE Guyane
Les conventions de financement présentées par l’AFIT France au titre du Programme des interventions territoriales de l’État en Guyane représentent un montant cumulé de près de 276,3 millions d’euros.
À la fin de l’année 2025, environ 214,1 millions d’euros avaient été payés, tandis que les restes à payer atteignaient 62,2 millions d’euros. Ces montants ne correspondent pas uniquement aux opérations lancées pendant l’exercice 2025. Ils retracent plusieurs conventions conclues depuis 2020, dont certaines ont également bénéficié des crédits du plan France Relance.
Cette lecture pluriannuelle est indispensable pour apprécier la portée réelle des financements. Les autorisations d’engagement permettent de sécuriser les crédits nécessaires à une opération, alors que les paiements sont ensuite réalisés progressivement, en fonction de l’avancement des études et des travaux.
En Guyane, cette programmation concerne aussi bien les principaux axes routiers du littoral que des opérations situées dans l’intérieur du territoire.
Le nouveau pont du Larivot reste l’un des principaux chantiers
Parmi les projets les plus structurants figure la construction du nouveau pont du Larivot sur la RN1, un axe essentiel entre Cayenne et l’ouest guyanais.
Le rapport indique que le marché consacré à la construction de l’ouvrage doit se poursuivre jusqu’en 2028. Une dernière phase de travaux portera ensuite sur les équipements et les raccordements routiers.
Une fois le nouveau pont achevé, l’ouvrage existant devra être fermé afin d’être réparé et mis aux normes. L’objectif présenté est une mise en service à deux fois deux voies des deux ponts à l’horizon 2030.
Le programme ne se limite donc pas à la réalisation d’un nouvel ouvrage. Il prévoit également la réhabilitation du pont actuel, l’adaptation de ses équipements et la reconfiguration progressive de la circulation sur cette section de la RN1.
En parallèle, les études relatives à l’aménagement de la RN1 entre Balata et Tonate ont été poursuivies en 2025. Le programme a été divisé en deux sections : l’une entre les Maringouins et les ponts du Larivot, l’autre entre le Larivot et Macouria. Cette dernière présente davantage de contraintes en raison des nombreux accès riverains présents le long de l’axe.
La RN2 fait l’objet de plusieurs opérations simultanées
Les interventions recensées concernent également la RN2, notamment entre Balata et le Prog.
Les travaux ont commencé en septembre 2024 sur une première section comprise entre les ponts de Balata et de la Mirande. La préparation des ouvrages d’art a débuté en avril 2025. Le rapport prévoyait le lancement de cette phase de travaux en février 2026, pour un achèvement global au début de l’année 2027.
Le financement de cette opération a par ailleurs été complété par une contribution du Fonds européen de développement régional, en remplacement de participations initialement envisagées de la Communauté d’agglomération du Centre Littoral et de la Collectivité territoriale de Guyane.
Plus à l’est, les travaux de rectification des virages à proximité du pont de la Comté ont permis la mise en circulation d’une nouvelle section routière en 2025. Des interventions complémentaires doivent néanmoins se poursuivre en 2026 sur les glissières de sécurité, les bassins et certaines parties de la chaussée.
Le programme de régénération routière mentionne aussi des travaux sur les RN1 et RN2, ainsi que la réparation du pont du Larivot et le remplacement de buses métalliques.
Les ponts de Grand Laussat, Saut Sabbat et Portal au programme
La sécurisation des ouvrages d’art représente un autre volet important des opérations conduites sur la RN1.
En 2025, les travaux de reconstruction du pont de Grand Laussat se sont poursuivis malgré plusieurs épisodes d’intempéries. Le nouvel ouvrage a été mis en circulation en décembre, tandis que les travaux de finition doivent se prolonger jusqu’au milieu de l’année 2026. Ils portent notamment sur la couche de roulement, l’assainissement et les équipements.
Les études relatives aux ponts de Saut Sabbat et Portal ont été menées parallèlement. Des investigations géotechniques et des relevés topographiques ont été réalisés en 2025 afin de préparer le lancement d’un marché de maîtrise d’œuvre.
L’objectif est notamment de limiter les périodes de fermeture de la RN1 pendant les futurs travaux et de permettre, à terme, l’ouverture de cet axe aux poids lourds de plus de 26 tonnes. Le rapport fixe cette perspective à l’horizon 2030.
Ces projets illustrent la place centrale des ouvrages de franchissement dans la continuité du réseau guyanais. Une défaillance ou une limitation de charge sur un pont peut affecter durablement la circulation des habitants, des entreprises et des marchandises.
À Saint-Laurent-du-Maroni, la requalification de l’entrée de ville se précise
À l’ouest du territoire, les études menées en 2025 sur l’entrée de Saint-Laurent-du-Maroni ont permis de retenir la réalisation d’un carrefour à feux au niveau de la rue Paul-Castaing.
La mise aux normes de la RN1 sur cette section doit faire l’objet d’une étude d’opportunité. Celle-ci doit notamment examiner la possibilité d’un déclassement partiel de l’axe. Un marché de maîtrise d’œuvre relatif au carrefour a été lancé en 2026, à partir des relevés topographiques réalisés l’année précédente.
Cette opération se situe encore principalement au stade des études. Elle montre néanmoins que la modernisation du réseau ne concerne pas seulement les grands ouvrages, mais également les entrées d’agglomération, les carrefours et les interfaces entre routes nationales et espaces urbains.
Entre Maripasoula et Papaïchton, l’entretien accompagne la préparation des futurs travaux
Dans l’intérieur guyanais, la liaison routière entre Maripasoula et Papaïchton représente un autre enjeu de désenclavement.
Le coût total de l’opération est évalué à environ 32 millions d’euros, dont 9 millions apportés par l’AFIT France. Le financement est complété par le programme 123 et des crédits européens.
En 2025, les interventions ont notamment concerné le curage des fossés, le nivellement de la chaussée en latérite et la reprise de nids-de-poule. Les études préparatoires à la réparation du pont Gabali ont également été menées, tandis que des éléments de charpente métallique ont été acheminés jusqu’à Papaïchton.
À la différence des axes du littoral, ces liaisons traversent des secteurs peu urbanisés, où les contraintes logistiques, l’état des sols et les conditions climatiques peuvent fortement peser sur l’organisation des chantiers.
Les fleuves restent une composante essentielle des mobilités
Le rapport consacre également une partie aux infrastructures fluviales.
Un accord-cadre a été conclu en novembre 2025 avec le bureau d’études Safege pour préparer le suivi de travaux d’aménagement portant sur huit sauts situés sur le Lawa et le Tampok. De nouvelles études d’opportunité doivent aussi être engagées sur l’Oyapock.
Ces opérations visent à faciliter et à sécuriser la navigation sur des cours d’eau qui constituent encore des axes de déplacement majeurs pour plusieurs communes de l’intérieur.
L’AFIT France a également consacré 400 000 euros d’autorisations d’engagement à l’entretien et à la maintenance des fleuves de Guyane en 2025. Le rapport classe cette intervention parmi les dépenses récurrentes consacrées au domaine fluvial.
L’enjeu dépasse donc la réalisation ponctuelle de nouveaux aménagements. Il concerne également l’entretien régulier des chenaux, des ouvrages et des zones de navigation nécessaires à la continuité des déplacements.
Un projet de quai roulier encore au stade des études
Le volet portuaire comprend un projet de reconstruction d’un quai roulier et de ses terre-pleins associés.
Les études techniques ont toutefois mis en évidence plusieurs contraintes. Une analyse sismique a été complétée afin de mieux identifier les masses rocheuses présentes sur la zone envisagée. Des sondages géotechniques ont également conduit à étudier la faisabilité d’un déroctage.
L’état initial de l’environnement a été réalisé et le dossier de consultation destiné aux entreprises de maîtrise d’œuvre a commencé à être préparé. Son avancement reste cependant suspendu au choix définitif de l’implantation du futur ouvrage.
Ce projet se distingue ainsi des chantiers routiers déjà engagés. Il demeure conditionné à la résolution de contraintes géotechniques et environnementales avant l’ouverture d’une phase opérationnelle.
Ces investissements traduisent une programmation de long terme, marquée par des projets à des stades d’avancement différents et par les contraintes propres au territoire guyanais.










