Face aux effets du changement climatique, la Collectivité territoriale de Guyane (CTG) a engagé l’élaboration d’un Plan régional d’adaptation au changement climatique (PRACC), avec l’appui de l’Agence française de développement (AFD).
Cette démarche vise à mieux identifier les vulnérabilités du territoire et à définir des réponses adaptées, notamment face aux sécheresses, à l’érosion du littoral et aux risques de submersion.
Un territoire confronté à des risques climatiques croissants
En Guyane, les conséquences des phénomènes climatiques se manifestent déjà sur les conditions de vie des populations et le fonctionnement des territoires. À l’automne 2024, après plus d’un an de déficit pluviométrique, une sécheresse exceptionnelle a entraîné une baisse historique des niveaux du Maroni et de l’Oyapock.
La situation a notamment nécessité le ravitaillement par avion de certaines communes de l’intérieur, dont l’accessibilité dépend fortement des voies fluviales.
Sur le littoral, d’autres phénomènes fragilisent les espaces habités et les milieux naturels.
L’érosion côtière et les submersions marines affectent certains secteurs, avec des destructions d’habitations et de lieux de ponte des tortues marines, selon les éléments présentés par l’AFD dans le magazine Outre-mer grandeur Nature.
Ces situations mettent en évidence des vulnérabilités territoriales distinctes. Dans l’intérieur guyanais, les variations des niveaux des fleuves peuvent perturber les déplacements et les approvisionnements.
Sur la bande côtière, l’évolution du trait de côte pose des questions de protection des espaces occupés et d’aménagement à long terme.
Un plan régional pour anticiper les vulnérabilités
Pour mieux anticiper ces évolutions, la Collectivité territoriale de Guyane s’est engagée dans l’élaboration de son Plan régional d’adaptation au changement climatique.
Le document doit permettre d’établir une connaissance plus précise des risques auxquels le territoire est exposé et de définir une stratégie adaptée à ses caractéristiques géographiques et environnementales.
La démarche repose sur trois composantes :
- La réalisation d’un diagnostic des vulnérabilités climatiques, pour identifier les risques auxquels le territoire est exposé ;
- La définition d’une stratégie régionale d’adaptation, afin de déterminer les orientations à suivre ;
- La déclinaison de cette stratégie en actions, à l’échelle régionale et locale.
L’objectif est de disposer d’un cadre permettant aux acteurs du territoire de mieux intégrer les évolutions climatiques dans leurs décisions.
Pour les politiques d’aménagement, cette réflexion pourrait notamment contribuer à éclairer les choix concernant l’occupation des sols, les équipements et la prise en compte des risques naturels.
La concertation occupe également une place importante dans l’élaboration du PRACC. La CTG et l’AFD entendent associer les acteurs du territoire afin de construire des orientations tenant compte des réalités locales et de favoriser leur appropriation lors de la mise en œuvre du plan.
L’AFD accompagne la démarche de la Collectivité territoriale
Pour conduire ce travail, la CTG bénéficie de l’appui de l’Initiative Adaptation Outre-Mer (IAOM), lancée en 2025 par l’Agence française de développement grâce à un financement du Fonds Outre-mer, dispositif du ministère des Outre-mer.
L’IAOM vise à renforcer les capacités d’adaptation des collectivités ultramarines en mobilisant des financements et un accompagnement technique. Elle intervient notamment dans la conception et la mise en œuvre de stratégies territoriales destinées à répondre aux risques climatiques.
En Guyane, cette coopération se traduit par un travail conjoint entre les équipes de la CTG et celles de l’AFD.
Selon la présentation publiée dans Outre-mer grandeur Nature, l’accompagnement a notamment porté sur la corédaction du cahier des charges, l’examen des premiers diagnostics et l’organisation de points d’étape mensuels.
La Guyane figure parmi les trois premiers territoires où le dispositif a été expérimenté, aux côtés de Mayotte et de La Réunion.
Dans ce dernier territoire, l’IAOM accompagne également une démarche de gestion intégrée du trait de côte, destinée à anticiper les conséquences de l’érosion et de l’élévation du niveau de la mer.
De la stratégie aux actions, les prochaines étapes à préciser
L’élaboration du PRACC constitue une phase de préparation des politiques d’adaptation en Guyane. Son intérêt reposera notamment sur la capacité à traduire les diagnostics et les orientations retenues en mesures applicables aux différentes réalités du territoire.
Cette perspective concerne directement les politiques d’aménagement. La prise en compte des risques climatiques peut influencer, à terme, les choix de localisation des équipements, la gestion des espaces exposés ou encore les réflexions sur la résilience des infrastructures.
Le document présenté par l’AFD ne détaille toutefois pas de programme de travaux associé au PRACC.
Les conditions de financement et le calendrier de mise en œuvre restent également à préciser. La publication ne communique ni le budget consacré à l’élaboration du plan, ni sa date prévisionnelle d’adoption, ni les premières opérations qui pourraient en découler.
Pour l’AFD, l’enjeu dépasse la seule élaboration des documents stratégiques. Comme le souligne Roxane Zighed, coordinatrice de l’IAOM, le défi collectif est désormais « de passer à l’action avec des stratégies et des financements adossés ».
En Guyane, la traduction du PRACC en actions territoriales constituera ainsi une étape importante pour apprécier la portée concrète de cette démarche, notamment dans les domaines de l’aménagement et de la résilience des territoires.
Source : AFD









