À fin juillet 2026, les mises en chantier de logements progressent fortement à l’échelle nationale. Cette amélioration reste néanmoins partielle et très inégale dans les Outre-mer, où la Guyane et La Réunion accélèrent tandis que la Guadeloupe et la Martinique reculent.
Selon la note publiée le 10 septembre 2026 par le GIE Réseau des CERC, 78 700 logements ont été mis en chantier entre mai et juillet, soit une hausse de 24,4 % par rapport à la même période de 2025. Près de 300 000 logements ont ainsi été commencés en douze mois, en progression de 18,7 %. « Le boom des mises en chantier de logements se poursuit ces derniers mois », constate le Réseau des CERC.
Un rebond du logement encore fragile
La hausse concerne les principaux segments du marché. Entre août 2025 et juillet 2026, 75 100 logements individuels purs ont été commencés, soit 25,2 % de plus qu’un an auparavant.
Les mises en chantier progressent également de 10,5 % dans l’individuel groupé et de 17,9 % dans le collectif.
Cette reprise de la production ne se retrouve toutefois pas dans les indicateurs avancés. Les autorisations de logements reculent de 8 % sur trois mois à fin juillet, même si elles restent en hausse de 5,7 % sur douze mois. La poursuite du redressement n’est donc pas assurée.
La commercialisation demeure également en retrait. Au deuxième trimestre 2026, les mises en vente de logements neufs auprès des particuliers baissent de 6,5 % et les réservations diminuent de 2,2 %.
Les réservations en bloc auprès des investisseurs institutionnels reculent, quant à elles, de 10,7 %.
Les locaux non résidentiels présentent une dynamique tout aussi contrastée. Les surfaces mises en chantier diminuent de 1 % sur trois mois, mais progressent de 7 % sur un an, à près de 21 millions de mètres carrés.
Dans le même temps, les surfaces autorisées se contractent de 9,9 % sur trois mois et de 5,7 % sur douze mois.
Rénovation et travaux publics dans le rouge
Le rebond du logement neuf ne s’étend pas aux autres branches de la construction. L’activité d’entretien-rénovation recule de 3,3 % en volume au deuxième trimestre 2026. La baisse atteint 3,1 % dans les logements et 3,7 % dans les locaux non résidentiels.
Les travaux publics enregistrent une dégradation plus marquée. Sur trois mois à fin juillet, les travaux réalisés diminuent de 8,5 %, tandis que le montant des marchés conclus chute de 33,8 %.
Sur douze mois, les prises de commandes restent en baisse de 19,7 %. « Les marchés conclus perdent un tiers de leur montant », souligne la note.
La contraction touche également les matériaux et l’emploi. La production de béton prêt à l’emploi recule de 5 % au deuxième trimestre et celle des granulats de 0,4 % sur trois mois.
À la fin du premier trimestre, la construction comptait environ 1,585 million de salariés, soit une baisse de 1,3 % et près de 20 700 postes perdus en un an. Le recours à l’intérim diminue parallèlement de 4,9 % au deuxième trimestre.
Des trajectoires ultramarines opposées
Dans les Outre-mer, la reprise du logement neuf se concentre principalement en Guyane et à La Réunion. Sur les douze mois achevés en juillet 2026, les logements commencés progressent de 117,7 % en Guyane et de 49,8 % à La Réunion.
La tendance est inverse en Guadeloupe, où les mises en chantier diminuent de 9,1 %, et en Martinique, où elles reculent de 11,4 %.
Le marché des locaux non résidentiels dessine une autre géographie. Les surfaces commencées augmentent de 80,7 % en Martinique, de 43 % en Guyane et de 32,2 % à La Réunion.
La Guadeloupe se distingue par une baisse de 62,2 %. La Martinique combine ainsi un recul du logement et un fort rebond des locaux, tandis que la Guyane et La Réunion progressent dans les deux segments.
Ces variations doivent être interprétées avec prudence. Le Réseau des CERC ne précise ni les volumes territoriaux ni les opérations à l’origine de ces évolutions. Sur des marchés de taille limitée, le lancement de quelques programmes importants peut entraîner de fortes variations annuelles.
L’emploi recule dans les quatre territoires
Malgré la progression de certains chantiers, l’emploi salarié diminue dans les 4 territoires étudiés :
- de 0,8 % en Martinique,
- de 0,9 % en Guadeloupe,
- de 1,6 % à La Réunion
- et de 5,6 % en Guyane.
Le rebond national des logements commencés constitue donc un signal favorable, mais pas encore une reprise généralisée. Dans les prochains mois, l’évolution des autorisations, de la commercialisation et surtout de la commande publique sera déterminante pour confirmer — ou non — l’amélioration de l’activité.









