
Les mises en chantier de logements progressent de 22,3 % sur trois mois à fin août 2026, mais les travaux publics, l’entretien-rénovation, les matériaux et l’emploi restent en difficulté.
Publié le 13 octobre 2026, le dernier bulletin du GIE Réseau des CERC révèle une conjoncture contrastée dans la construction. Malgré la reprise du logement neuf, plusieurs secteurs restent en recul, avec d’importantes disparités régionales, notamment dans les Outre-mer.
Les mises en chantier de logements progressent, mais le marché reste fragile
La construction de logements neufs poursuit son redressement. Sur trois mois à fin août 2026, les mises en chantier augmentent de 22,3 % par rapport à la même période de 2025.
La progression atteint 19,9 % sur douze mois, avec un volume légèrement supérieur à 300 000 logements commencés.
Le seul mois d’août affiche une hausse de 70,2 %, que le GIE Réseau des CERC invite toutefois à relativiser : « Cette hausse inhabituelle est à relativiser compte tenu de la période de vacances et d’un volume particulièrement faible en août 2025. »
Cette amélioration doit toutefois être relativisée au regard des faibles niveaux d’activité enregistrés l’année précédente.
Les autres indicateurs du marché résidentiel restent moins favorables. Les autorisations de logements reculent de 7,6 % sur trois mois, tandis que les mises en vente diminuent de 6,5 % au deuxième trimestre.
Les réservations des particuliers baissent également de 2,2 %. Dans le bâtiment non résidentiel, les surfaces mises en chantier se contractent de 2,7 % sur trois mois à fin août, malgré une progression de 4,1 % sur douze mois.
Dans les Outre-mer, les évolutions du logement neuf sont contrastées. Sur douze mois à fin août, les mises en chantier progressent de 51,9 % en Martinique et de 25,2 % en Guadeloupe, tandis qu’elles restent quasiment stables en Guyane (+0,2 %).
La Réunion enregistre, à l’inverse, un recul de 9,7 %. Ces variations illustrent des trajectoires différentes selon les territoires, sans nécessairement refléter une amélioration générale de leurs marchés de la construction.
Les travaux publics confrontés à une forte baisse des commandes
La situation apparaît plus dégradée dans les travaux publics. Selon le GIE Réseau des CERC, le montant des travaux réalisés diminue de 9,3 % sur les trois mois à fin août 2026. Le recul atteint 34,4 % pour les marchés conclus sur la même période.
Cette contraction des prises de commandes s’inscrit dans une tendance plus longue. Sur douze mois, les marchés conclus affichent une baisse de 23 %, tandis que les travaux réalisés reculent de 5,7 %.
Au deuxième trimestre, le rapport fait également état de « carnets de commandes dégradés par rapport à leur tendance de longue période », une situation signalée par les professionnels dans l’ensemble des régions étudiées.
Ces indicateurs témoignent de difficultés persistantes pour l’activité des entreprises de travaux publics.
La rénovation et les matériaux restent orientés à la baisse
L’entretien-rénovation ne montre pas non plus de reprise. Au deuxième trimestre 2026, l’activité recule de 3,3 % en volume, avec une diminution de 3,1 % pour les travaux sur logements et de 3,7 % pour les locaux non résidentiels.
Les carnets de commandes représentent en moyenne 13,9 semaines de travaux, soit 0,7 semaine de moins qu’un an auparavant.
Dans l’industrie des matériaux, le ralentissement se poursuit également. Sur les trois mois à fin juillet, la production de béton prêt à l’emploi diminue de 7,7 % par rapport à la même période de 2025.
Celle des granulats, hors granulats de recyclage, recule de 4,6 %. Ces baisses sont plus prononcées que celles observées sur douze mois, respectivement de 3,3 % et 2,9 %.
L’emploi salarié poursuit son recul dans la construction
La contraction des effectifs se poursuit au deuxième trimestre 2026. L’emploi salarié dans la construction diminue de 1,4 % sur un an, soit 22 500 équivalents temps plein (ETP) de moins.
Depuis le point haut enregistré au quatrième trimestre 2022, la perte atteint 77 500 ETP. Le recours à l’intérim reste également en baisse, avec un recul de 4,9 % au deuxième trimestre.
Dans les territoires ultramarins, les données sur l’emploi salarié dans la construction font apparaître des évolutions divergentes au deuxième trimestre 2026, par rapport à la même période de 2025 :
- Guyane : +2,2 % ;
- Guadeloupe : −4,3 % ;
- Martinique : −2,8 % ;
- La Réunion : −0,6 %.
La dynamique des créations d’entreprises présente, elle aussi, un contraste. Sur trois mois à fin août, les créations de micro-entreprises progressent de 21,4 % à l’échelle nationale, tandis que celles des autres structures diminuent de 1,8 %.
Les défaillances d’entreprises enregistrent, de leur côté, une légère baisse de 1,9 % au deuxième trimestre 2026.








