La construction de logements montre quelques signes d’amélioration au premier semestre 2026, sans avoir encore retrouvé ses niveaux habituels. Dans les territoires ultramarins couverts par les statistiques nationales, ce redressement reste surtout très inégal.
Les derniers résultats du SDES, publiés le 28 juillet, font apparaître des trajectoires différentes en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane et à La Réunion. Selon les territoires, les autorisations progressent sans se traduire immédiatement en travaux, tandis que les ouvertures de chantier augmentent parfois malgré le recul des nouveaux projets autorisés.
Un premier semestre mieux orienté
En juin 2026, 30 906 logements ont été autorisés en France, soit une baisse de 4,8 % par rapport à mai. Ce recul intervient après le rebond enregistré le mois précédent. Les mises en chantier sont, de leur côté, presque stables, avec 25 666 logements commencés et une évolution mensuelle de –0,1 %.
La tendance du premier semestre est néanmoins mieux orientée que celle de l’année 2025. Le niveau mensuel moyen des autorisations progresse de 4,3 %, tandis que celui des mises en chantier augmente de 21,8 %.
Cette amélioration doit toutefois être relativisée. De juillet 2025 à juin 2026, 376 241 logements ont été autorisés, soit 8 % de moins que la moyenne des cinq années précédentes. Avec 293 412 logements commencés, les ouvertures de chantier restent en retrait de 13,1 % par rapport à cette même référence.
Le logement individuel demeure le segment le plus fragilisé. Sur douze mois, ses mises en chantier se situent 22 % sous leur moyenne des cinq années précédentes. L’écart atteint 27,9 % pour les logements individuels purs.
Des évolutions très différentes selon les territoires
Les résultats départementaux sont présentés en données brutes, cumulées sur les douze derniers mois. Leurs variations sont calculées par rapport aux douze mois précédents, contrairement aux écarts nationaux de moyen terme.
En Guadeloupe, les deux indicateurs progressent au même rythme. Environ 2 300 logements ont été autorisés sur douze mois, soit une hausse de 13,4 %. Les mises en chantier augmentent également de 13,4 %, pour atteindre 1 800 logements.
Le territoire conserve une forte orientation vers l’habitat individuel. Cette catégorie représente 1 800 des 2 300 logements autorisés au cours de la période.
La Martinique affiche une configuration différente. Le nombre de logements autorisés diminue de 7,8 %, à environ 2 100 unités, alors que les ouvertures de chantier progressent de 41,3 %, pour atteindre 2 400 logements.
Ce décalage montre que les autorisations et les démarrages de travaux n’évoluent pas au même rythme. Les statistiques ne permettent toutefois pas de relier ces mouvements à des programmes précis ni d’en identifier directement les causes.
En Guyane, les autorisations reculent plus fortement encore. Elles diminuent de 17,6 %, avec 1 500 logements autorisés sur douze mois. Dans le même temps, les mises en chantier progressent de 5,9 %, à 1 300 logements.
L’activité de chantier résiste donc sur la période observée. La baisse des autorisations constitue néanmoins un point de vigilance pour la préparation des futures opérations si cette tendance venait à se prolonger.
À La Réunion, les volumes sont plus élevés, mais les deux indicateurs suivent des directions opposées. Quelque 6 900 logements ont été autorisés, en hausse de 17,9 %, tandis que les mises en chantier diminuent de 19,2 %, à 5 000 unités.
La progression des autorisations ne s’est donc pas encore traduite par une augmentation des travaux engagés. Elle constitue un signal favorable en amont, sans préjuger du calendrier ni de la concrétisation effective des opérations.
Des résultats encore susceptibles d’être révisés
Une autorisation de construire ne correspond pas nécessairement à une ouverture immédiate de chantier. Les logements autorisés et commencés au cours d’une même période ne relèvent pas non plus toujours des mêmes projets.
La prudence est d’autant plus nécessaire que les chiffres récents reposent encore largement sur des estimations. À fin juin, le taux d’information collectée atteint 77,5 % pour les autorisations, mais seulement 47,2 % pour les mises en chantier. Ces dernières sont donc davantage susceptibles d’être révisées.
Depuis mars 2026, les statistiques sont par ailleurs produites avec le dispositif Sitadel3, qui remplace Sitadel2 et peut entraîner de légères modifications des résultats précédemment publiés.
À fin juin, aucune dynamique commune ne se dégage donc dans les quatre territoires étudiés. Le redressement reste partiel et sa confirmation dépendra de l’évolution simultanée des autorisations et des ouvertures de chantier au cours des prochains mois.









