Le marché des équipements de production d’eau chaude sanitaire connaît une évolution marquante en 2025. Alors que les installations de chauffe-eau solaires poursuivent leur recul, les chauffe-eau thermodynamiques enregistrent une progression spectaculaire dans le cadre des dispositifs de maîtrise de la demande d’électricité.
Le Bilan de l’énergie 2025 publié par l’Observatoire régional de l’énergie et du climat (OREC) met en évidence cette nouvelle dynamique. Les chiffres présentés s’inscrivent dans le périmètre du dispositif de compensation couvrant la Guadeloupe et Saint-Martin, où les deux technologies suivent désormais des trajectoires très contrastées.
Les installations de chauffe-eau solaires poursuivent leur recul
Le chauffe-eau solaire individuel, longtemps soutenu dans les politiques locales de maîtrise de l’énergie, enregistre une nouvelle baisse en 2025.
Le bilan recense 764 installations, contre 2 024 en 2024, soit un recul de 62 % en un an. Cette diminution prolonge une tendance engagée l’année précédente. Le graphique publié par l’OREC montre qu’après plusieurs années à un niveau élevé, les installations ont fortement décroché à partir de 2024.
L’évolution est particulièrement marquée sur longue période. Les volumes dépassaient 20 000 installations en 2022, avant de retomber à 14 413 en 2023, puis 2 024 en 2024 et 764 en 2025.
Le bilan attribue notamment cette baisse à la fin de la défiscalisation intervenue en avril 2024, qui a modifié le contexte d’accompagnement de cette technologie.
Le chauffe-eau thermodynamique change d’échelle
À l’inverse, le chauffe-eau thermodynamique connaît une forte accélération.
En 2025, 1 705 unités ont été installées, contre 761 en 2024, soit une progression de 124 % selon le bilan.
L’OREC précise que ces installations concernent exclusivement le secteur résidentiel collectif. Après plusieurs années de volumes relativement limités, cette technologie franchit ainsi un nouveau seuil dans le cadre des actions MDE.
Le contraste est d’autant plus marqué que cette progression intervient au moment où les installations de chauffe-eau solaires poursuivent leur repli. Les deux évolutions apparaissent simultanément dans le bilan, même si celui-ci ne conclut pas à un remplacement direct d’une solution par l’autre.
Une évolution qui reflète un nouveau contexte d’accompagnement
Au-delà des volumes installés, le bilan met en évidence l’évolution du cadre de soutien aux équipements de performance énergétique.
Le nouveau cadre territorial de compensation des actions de maîtrise de la demande en électricité, applicable pour la période 2025-2028, fixe les actions éligibles, leurs caractéristiques techniques et les modalités de compensation au titre des charges de service public de l’énergie. Il prévoit le versement de 81,9 millions d’euros de primes, avec un objectif moyen de 138,7 GWh d’économies d’électricité par an. Les actions mises en œuvre en 2025 ont généré 39 GWh d’économies d’électricité, selon le bilan.
Dans ce contexte, l’évolution des volumes installés traduit avant tout les effets d’un environnement réglementaire et financier en mutation. Si le chauffe-eau solaire recule fortement tandis que le chauffe-eau thermodynamique progresse, le rapport ne permet pas de conclure à un simple transfert du marché d’une technologie vers une autre.
Il met en revanche en évidence une recomposition des équipements accompagnés dans le cadre des politiques de maîtrise de la demande d’électricité, une évolution qui pourrait influencer les choix des acteurs du bâtiment et de la rénovation énergétique dans les années à venir.
Source : Observatoire régional de l’énergie et du climat (OREC), « Bilan de l’énergie – Année 2025 », publication 2026.










