Dix bailleurs sociaux des Antilles-Guyane ont signé avec la Banque des Territoires une convention couvrant la période 2026-2028. Le programme prévoit 7 624 logements à construire ou acquérir, 10 339 réhabilitations et un besoin de prêts estimé à 1,4 milliard d’euros.
Réunis à l’occasion du Congrès de l’Union sociale pour l’habitat, dix bailleurs sociaux des Antilles-Guyane et la Banque des Territoires ont formalisé une convention de partenariat destinée à renforcer leurs capacités de construction, de transformation et de réhabilitation. Ensemble, ces organismes gèrent un parc de plus de 105 000 logements.
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Plus de 17 000 logements à produire ou réhabiliter
Sur la période 2026-2028, leur programmation porte sur :
- 7 624 logements à construire ou acquérir ;
- 10 339 logements à réhabiliter ;
- 1 237 logements à démolir.
La convention couvre plus largement le logement social, l’accession sociale à la propriété et l’aménagement des territoires. Elle associe 2terHabitat, OZANAM, la SEMAAG, la SEMSAMAR, la SIFAG, la SIG, la SIKOA, la SIMAR, la SMHLM et la SPHLM.
1,4 milliard d’euros de prêts estimés
La réalisation de cette programmation devrait nécessiter une mobilisation importante de financements. Le concours de la Caisse des Dépôts, sollicité à la demande de chaque bailleur, est estimé à 1,4 milliard d’euros, soit environ 35 % du plan de financement.
Il ne s’agit donc pas d’une enveloppe déjà intégralement engagée, mais d’un besoin de prêts évalué à ce stade pour accompagner les programmes prévus jusqu’en 2028.
Au-delà du financement, le partenariat vise également à apporter de l’ingénierie et à mieux prendre en compte les contraintes propres aux organismes ultramarins.
La Banque des Territoires entend ainsi adapter davantage son accompagnement aux réalités locales et relayer les problématiques rencontrées par les bailleurs auprès des autres acteurs du logement social.
Des coûts de construction particulièrement élevés
La convention intervient dans un environnement de production jugé particulièrement contraint. Le communiqué met notamment en avant des coûts de construction élevés, liés à l’insularité et à la fragilité de certains acteurs du BTP depuis la crise sanitaire et la guerre en Ukraine.
Il souligne également la dépendance d’une partie de la filière à la programmation des bailleurs sociaux.
À ces difficultés s’ajoutent celles rencontrées par certaines collectivités dans l’exercice de leurs compétences en matière d’aménagement, de réseaux d’eau et d’assainissement. Les bailleurs pointent aussi la fluctuation des financements mobilisés à travers la Ligne budgétaire unique (LBU).
Pour les entreprises du bâtiment, la visibilité donnée par les programmations pluriannuelles constitue ainsi un enjeu important dans des marchés où la capacité à maintenir une activité régulière dépend en partie du rythme des opérations de logement social.
Un observatoire des coûts de construction en préparation
La convention s’inscrit également dans la feuille de route logement de la Banque des Territoires pour les Outre-mer. Plusieurs pistes sont annoncées, parmi lesquelles la préfiguration d’un observatoire des coûts de la construction et la structuration des filières professionnelles du bâtiment.
La feuille de route prévoit également :
- le soutien au développement des SAIEM et des SIDOM ;
- l’adaptation de l’offre de logements sociaux aux besoins des ménages ;
- une évolution de la doctrine d’intervention pour mieux accompagner les territoires ultramarins.
La mise en place d’un observatoire pourrait notamment contribuer à mieux objectiver les écarts de coûts auxquels sont confrontés les maîtres d’ouvrage ultramarins et à alimenter les réflexions sur les conditions de production du logement.
Des réalités différentes entre Guyane et Antilles
La convention repose aussi sur le constat que les besoins ne sont pas uniformes d’un territoire à l’autre.
En Guyane, la croissance démographique accroît fortement les besoins, dans un contexte où les capacités de production restent sous tension.
Aux Antilles, les évolutions sociétales, notamment la monoparentalité et le vieillissement de la population, transforment progressivement la nature de la demande. Selon le communiqué, celle-ci progresse à un rythme supérieur à celui d’une offre déjà insuffisante.
« Mais les réponses ne peuvent être uniformes », souligne Crystelle Dib-Pitrolle, directrice générale de 2terHabitat, qui insiste notamment sur l’ampleur des besoins et les contraintes de production rencontrées en Guyane.
La période 2026-2028 devra désormais traduire cette programmation et les financements associés en opérations effectivement engagées.
Dans les Antilles-Guyane, l’enjeu restera autant quantitatif — produire et réhabiliter davantage — que structurel, avec la nécessité de contenir les coûts de construction et de consolider les capacités de la filière locale.
Source : Banque des Territoires









