Bâtiment : rénovation et électrification au cœur de la transition énergétique

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La réduction de la dépendance au pétrole et au gaz passe directement par une transformation des bâtiments et de leurs équipements. Dans son dernier magazine, l’ADEME met en avant la rénovation thermique, les pompes à chaleur, la géothermie et les réseaux de chaleur parmi les principaux leviers à mobiliser.

La trajectoire énergétique française impose une baisse rapide des consommations et un recul marqué des énergies fossiles. La consommation finale doit passer de 1 550 TWh en 2024 à 1 100 TWh en 2035, tandis que leur part dans le mix reculerait de 59,6 % à 29 %. Le bâtiment est directement concerné.

Le dispositif Éco Énergie Tertiaire fixe notamment un objectif de –40 % de consommation en 2030 par rapport à 2019, avec un double levier : améliorer l’enveloppe des bâtiments et remplacer progressivement les équipements au fioul ou au gaz.

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Les pompes à chaleur appelées à changer d’échelle

La Programmation pluriannuelle de l’énergie prévoit l’installation de 1 million de pompes à chaleur par an d’ici à 2030.

Les PAC figurent parmi les solutions mises en avant pour substituer des équipements électriques performants aux systèmes de chauffage fossiles, en complément de la rénovation thermique des bâtiments.

L’ADEME illustre cette logique avec l’école du Bois d’Amour-Ermitage, à Saint-Benoît dans la Vienne. Le bâtiment, préalablement rénové sur le plan thermique, a été équipé de 11 sondes géothermiques verticales à 50 mètres de profondeur et d’une pompe à chaleur.

En hiver, la chaleur du sous-sol alimente le système de chauffage ; en été, le dispositif fonctionne en géocooling afin de rafraîchir le bâtiment avec une consommation électrique très faible.

La pompe à chaleur consomme environ 8,92 MWh d’électricité par an pour produire 34 MWh de chaleur. Le projet devrait également permettre d’éviter 7,5 tonnes équivalent CO₂ par an.

Les réseaux de chaleur doivent tripler d’ici 2035

La transformation ne concerne pas seulement les équipements installés bâtiment par bâtiment. Les réseaux de chaleur et de froid doivent eux aussi changer d’échelle.

La PPE prévoit de tripler la quantité d’énergie livrée chaque année par ces réseaux d’ici à 2035, avec une part d’énergies renouvelables et de récupération portée à 80 %. La production de chaleur renouvelable et de récupération doit également doubler à cet horizon par rapport à 2022.

Géothermie, biomasse, récupération de chaleur ou chaleur fatale figurent parmi les ressources mobilisables.

À Évaux-les-Bains, par exemple, les calories d’eaux thermales jaillissant à 59 °C sont récupérées afin de chauffer le complexe thermal et d’alimenter progressivement un réseau de chaleur.

Des investissements à traduire en chantiers

Derrière ces objectifs énergétiques se trouvent des opérations très concrètes pour les professionnels du bâtiment :

  • forages ;
  • remplacement de chaudières ;
  • installation de pompes à chaleur ;
  • adaptation des bâtiments ;
  • création de réseaux ;
  • travaux de raccordement.

L’ADEME souligne que ces projets nécessitent également des études de faisabilité et un accompagnement technique en amont.

Le Fonds Chaleur et les Contrats chaleur renouvelable font partie des dispositifs mobilisables pour financer certaines opérations, notamment lorsque plusieurs projets sont regroupés à l’échelle d’un territoire.

Pour le bâtiment, la sortie des énergies fossiles repose sur plusieurs leviers : réduction des besoins, amélioration de l’enveloppe, électrification des équipements et recours aux énergies renouvelables ou de récupération.

Des enjeux qui concernent aussi les territoires ultramarins, où la maîtrise des consommations, le confort thermique et le développement de ressources énergétiques locales occupent une place croissante dans les stratégies de transition.


Consulter ici le Magazine ADEME – Comment sortir des énergies fossiles ?