Alors que les dépenses énergétiques reculent globalement en France, le résidentiel suit une trajectoire inverse. En 2024, les ménages ont consacré environ 65 milliards d’euros à l’énergie de leur logement, soit une hausse de 10,2 % en euros constants. Dans le même temps, le mix énergétique résidentiel continue d’évoluer vers davantage d’électricité et d’énergies renouvelables.
Le résidentiel à contre-courant
Les dépenses énergétiques des ménages, entreprises et administrations ont atteint 219 milliards d’euros en 2024, en baisse de 6 % par rapport à 2023. Elles restent néanmoins 13 % supérieures à leur niveau de 2019, selon l’édition 2026 des Chiffres clés de l’énergie publiée par le Service des données et études statistiques (SDES).
Cette diminution ne concerne toutefois pas le logement. La dépense énergétique du secteur résidentiel s’élève à environ 65 milliards d’euros, en progression de 10,2 % sur un an en euros constants. À titre de comparaison, les dépenses diminuent dans le tertiaire, l’industrie, les transports ainsi que l’agriculture-pêche.
Pour les ménages, l’énergie représente désormais 9,3 % du budget en 2024. Les dépenses liées au logement atteignent environ 65 milliards d’euros, auxquelles s’ajoutent 53 milliards d’euros consacrés aux carburants.
2 071 euros par ménage pour l’énergie du logement
En moyenne, un ménage a dépensé 2 071 euros en 2024 pour couvrir les besoins énergétiques de son logement.
L’électricité constitue de loin le premier poste, avec 1 337 euros, devant le gaz naturel à 442 euros, les produits pétroliers à 170 euros, le bois à 66 euros et la chaleur distribuée par réseau à 56 euros.
Corrigée de l’évolution générale des prix, cette dépense augmente de 9,2 % par rapport à 2023. Le SDES relie notamment cette évolution à la hausse des prix hors taxe de l’énergie et à la disparition progressive du bouclier tarifaire. La fiscalité représente au total 24 % de la facture énergétique du logement.
La consommation résidentielle recule légèrement
Cette hausse de la dépense intervient pourtant dans un contexte de légère diminution des consommations.
En 2025, la consommation énergétique du secteur résidentiel atteint 456 TWh à climat corrigé, soit une baisse de 1 % sur un an après une hausse équivalente en 2024. Le recul du gaz, de 5 %, explique une part importante de cette évolution.
Le mouvement de fond réside surtout dans la transformation du bouquet énergétique des logements.
L’électricité représente désormais 34 % de la consommation résidentielle, devant les énergies renouvelables à 30 %, le gaz naturel à 24 % et les produits pétroliers à 9 %.
Depuis 2011, la part des énergies renouvelables a gagné 12 points, tandis que celle de l’électricité progresse de trois points. À l’inverse, le gaz et les produits pétroliers perdent chacun huit points. Le SDES souligne notamment le rôle du bois et de la chaleur renouvelable produite par les pompes à chaleur dans cette progression des EnR.
Un parc progressivement moins énergivore
Sur longue période, les performances du parc résidentiel se sont également améliorées. L’intensité énergétique des logements a diminué de 39 % depuis 1990. Le SDES attribue cette évolution aux meilleures performances énergétiques des constructions neuves ainsi qu’aux efforts de rénovation du parc ancien.
Les données nationales confirment ainsi une double évolution : une consommation résidentielle qui tend à diminuer et un mix énergétique qui se déplace progressivement vers l’électricité et les renouvelables, alors même que la facture supportée par les ménages reste élevée.









