Face à une demande de logement social en forte hausse et à des livraisons qui ne suivent plus les besoins, la Région Réunion ouvre un appel à manifestation d’intérêt destiné aux bailleurs sociaux. Le dispositif mobilise le FEDER en complément de la LBU pour prendre en charge les surcoûts de construction et de rénovation, avec une intervention pouvant atteindre 1,5 million d’euros par projet.
49 100 ménages en attente d’un logement social
La tension continue de s’accentuer sur le marché réunionnais. En 2024, 49 100 ménages étaient demandeurs d’un logement social, selon les données reprises par la Région dans son nouvel appel à manifestation d’intérêt. Depuis 2016, cette demande a progressé de 61 %, alors que 75 % de la population de l’île est éligible au logement social.
Le décalage entre l’offre et les besoins se traduit également dans les délais. Le temps moyen nécessaire pour obtenir une attribution est passé de 16,4 mois en 2023 à 18 mois en 2024. La Région fait désormais état d’environ six demandeurs pour un logement attribué.
Plus préoccupant encore pour la filière construction : les livraisons enregistrées entre 2020 et 2024 ont été divisées par trois par rapport à celles de la période 2015-2019.
À plus long terme, le besoin reste considérable. Une étude Insee-DEAL publiée en novembre 2024 estime à 172 500 le nombre de logements à construire entre 2021 et 2050, dont 29 500 pour répondre aux besoins immédiats et résorber les situations de mal-logement.
Un financement ciblé sur les surcoûts de travaux
Face à cette situation, la Région entend agir sur l’un des éléments qui freinent la réalisation des programmes : les surcoûts de travaux.
Elle prévoit de mobiliser, sur les trois prochaines années, un financement destiné aux opérations de construction et de rénovation de logements sociaux confrontées à ces coûts supplémentaires. La collectivité souligne parallèlement les difficultés rencontrées dans la mobilisation de la Ligne budgétaire unique (LBU), aussi bien en volume financier qu’en délai de mise en œuvre.
L’AMI 01-2026 doit ainsi apporter : « un financement complémentaire à la LBU »
avec l’objectif d’accélérer la production de logements sociaux sur le territoire. Sont concernés les logements familiaux, mais également les résidences sociales, les logements étudiants et les résidences destinées aux personnes âgées.
Le soutien du FEDER ne porte toutefois pas indistinctement sur l’ensemble du coût des opérations. Les dépenses éligibles doivent correspondre à des travaux :
- constituant un surcoût par rapport au plan de financement initial ;
- identifiés et traçables ;
- calculés par rapport aux coûts travaux figurant dans le dossier LBU ;
- auxquels peuvent s’ajouter les révisions de prix correspondantes.
Le plan de financement prévoit 85 % de FEDER et 15 % à la charge du bénéficiaire sur les dépenses éligibles. L’intervention européenne est plafonnée à 1,5 million d’euros par projet.
Des opérations suffisamment matures pour être livrées rapidement
La grille de sélection montre que la Région ne cherche pas uniquement à faire émerger de nouveaux programmes. Elle privilégie également les opérations déjà suffisamment avancées pour produire rapidement des logements.
Les projets dont les travaux sont déjà en cours obtiennent ainsi la meilleure notation sur le critère de maturité. Surtout, la date de livraison devient déterminante : une livraison prévue après le 1er octobre 2028 est éliminatoire.
La Région valorise également les opérations présentant un impact significatif. Les programmes créant ou rénovant plus de 50 logements obtiennent le maximum de points sur ce critère, tout comme ceux permettant théoriquement de loger plus de 200 personnes.
La construction durable entre aussi dans la notation, tandis que le logement social étudiant bénéficie d’un barème spécifique. Mais un autre critère est particulièrement déterminant : les surcoûts doivent pouvoir être justifiés.
Le cahier des charges exige qu’ils soient : « clairement identifiés et traçables »
Faute de quoi le projet obtient zéro point sur ce critère, avec un caractère éliminatoire.
Le dispositif restera accessible jusqu’au 16 octobre 2026 à 12 heures, heure locale.









