Dans son rapport d’activité 2025-2026, l’Union sociale pour l’habitat revient sur plusieurs actions menées auprès des acteurs ultramarins. De Mayotte à la Nouvelle-Calédonie, l’organisation met l’accent sur la reconstruction, la production de logements adaptés et la structuration des coopérations locales.
À Mayotte, reconstruire au-delà de l’urgence
Mayotte occupe une place importante dans ce bilan. Du 18 au 22 mai 2025, quelques mois après le passage du cyclone CHIDO, Emmanuelle Cosse, présidente de l’USH, s’est rendue dans l’archipel avec une délégation du Mouvement Hlm. Le déplacement s’est déroulé dans un contexte encore marqué par les conséquences des cyclones CHIDO et DIKELEDI, survenus entre la fin de 2024 et le début de 2025.
Les échanges ont porté sur les conditions d’une reconstruction durable du territoire. Lors d’un colloque organisé par la communauté de communes du Sud de Mayotte, plusieurs priorités ont été identifiées :
- sortir durablement de l’habitat informel et précaire,
- sécuriser le foncier,
- faciliter l’accès à la propriété légale
- et renforcer les infrastructures essentielles.
L’USH insiste également sur la nécessité d’un pilotage public capable de coordonner la reconstruction et de répondre aux besoins de logement, de mobilité et d’aménagement. Un accord de partenariat a été signé avec Interco’976 afin d’accompagner les politiques locales de l’habitat, de promouvoir l’innovation sociale et architecturale et de faciliter l’accès au logement des ménages.
La délégation a rencontré les collectivités, les services de l’État et plusieurs partenaires institutionnels et économiques, parmi lesquels la Croix-Rouge française, l’Agence française de développement, la Banque des Territoires, la DEAL, la DEETS, la CCI, la FFB et la CAPEB.
Foncier et production au cœur des échanges à La Réunion
À La Réunion, les discussions se sont concentrées sur les conditions nécessaires à la relance de la production de logements sociaux. En octobre 2025, Jean-Luc Vidon, président de la Fédération nationale des associations régionales d’organismes d’habitat social et vice-président de l’USH, a rencontré l’ARMOS-OI, les sept bailleurs sociaux de l’île, les collectivités, les services de l’État et les partenaires économiques.
La maîtrise du foncier, le financement des opérations et l’accompagnement des ménages ont figuré parmi les principaux sujets abordés. Les échanges ont également porté sur l’innovation constructive et sur l’adaptation des projets aux contraintes climatiques et territoriales de La Réunion.
Cette démarche vise à rapprocher les acteurs locaux autour de difficultés qui dépassent la seule construction : disponibilité des terrains, coût des opérations, capacité financière des bailleurs et adaptation des logements aux besoins des habitants.
Une coopération renforcée en Martinique
En Martinique, l’année a été marquée par la signature d’une convention partenariale réunissant l’USH, l’Association des maires de la Martinique, la Fédération des entreprises publiques locales, la SEMAAG, la SEMSAMAR, la SMHLM et la SIMAR.
Le partenariat retient 4 axes de travail :
- renforcer la lutte contre l’habitat indigne,
- développer une production de logements sociaux adaptée aux besoins du territoire,
- améliorer la planification territoriale
- favoriser l’accès à la propriété.
Le rapport ne détaille toutefois ni le montant des financements mobilisés, ni le calendrier des actions, ni les objectifs de production associés à cette convention. Celle-ci établit avant tout un cadre de coopération entre les élus, les opérateurs et les représentants du logement social.
La Nouvelle-Calédonie structure son réseau de bailleurs
La création d’une Association régionale des maîtres d’ouvrage sociaux constitue l’un des principaux développements recensés en Nouvelle-Calédonie. La nouvelle ARMOS a adhéré à la FNAR et au Mouvement Hlm lors du Congrès Hlm de Paris.
Cette structuration doit permettre aux organismes locaux de mieux coordonner leurs actions, de partager leurs expériences et de faire remonter leurs problématiques auprès des instances nationales. Elle offre également un cadre de représentation commun dans les échanges avec les pouvoirs publics et les partenaires du logement.
Plus largement, l’USH souhaite que les besoins de la Nouvelle-Calédonie et de la Polynésie française soient davantage intégrés aux politiques européennes de cohésion applicables aux pays et territoires d’Outre-mer.
Adapter les politiques nationales aux réalités ultramarines
Au-delà des partenariats territoriaux, la Direction Outre-mer de l’USH indique avoir intensifié ses échanges avec les parlementaires, les autorités locales ainsi qu’avec les ministères des Outre-mer et du Logement.
Elle est notamment intervenue sur les projets de loi relatifs à Mayotte, l’encadrement des loyers, l’amélioration de l’habitat et le déploiement du logement locatif très social adapté dans les départements et régions d’Outre-mer. Des séminaires professionnels ont par ailleurs été coorganisés aux Antilles, en Guyane, à La Réunion, en Guadeloupe et en Nouvelle-Calédonie.
Sur le volet européen, l’organisation défend une meilleure reconnaissance des régions ultrapériphériques dans les politiques du logement, un accès simplifié aux fonds européens, ainsi que le renforcement des filières locales et des coopérations régionales.
Les enjeux climatiques constituent un autre axe transversal. Un groupe de travail réunissant, lors de chacune de ses deux sessions, une cinquantaine de professionnels issus des 5 DROM a permis de partager les expériences et d’identifier les difficultés opérationnelles rencontrées par les bailleurs.

Consultez ici le RAPPORT ANNUEL D’ACTIVITE 2025-2026 de l’USH
Les actions recensées traduisent un renforcement de la coopération autour du logement social ultramarin. Leur concrétisation dépendra désormais des financements, du foncier disponible et de la mise en œuvre opérationnelle des partenariats annoncés.









