Les communes de Guadeloupe disposent des recettes de fonctionnement les plus élevées parmi les départements et régions d’outre-mer. Pourtant, leur niveau d’investissement reste inférieur à celui observé dans plusieurs autres territoires ultramarins. C’est l’un des constats mis en évidence par l’« Observatoire des communes de Guadeloupe 2025 » publié par l’Agence française de développement (AFD), qui révèle un contraste marqué entre les ressources financières dont disposent les collectivités et leur capacité à les transformer en projets d’équipement.
Des recettes parmi les plus élevées des outre-mer
En 2024, les communes guadeloupéennes ont perçu en moyenne 1 866 euros de recettes réelles de fonctionnement par habitant. Il s’agit du niveau le plus élevé des DROM, devant la Martinique (1 859 €/hab.), La Réunion (1 701 €/hab.), la Guyane (1 521 €/hab.) et Mayotte (1 006 €/hab.).
Cette situation s’explique notamment par le poids de la fiscalité locale. Les communes guadeloupéennes bénéficient des bases de taxe foncière les plus élevées des outre-mer et disposent également de recettes importantes issues de l’octroi de mer et de la taxe sur les carburants. Les recettes fiscales atteignent ainsi 1 397 euros par habitant, dont la moitié provient de ces taxes indirectes.
Des investissements encore en retrait
Malgré ce niveau élevé de ressources, les dépenses d’équipement demeurent relativement limitées. Sur la période 2019-2024, les communes de Guadeloupe ont investi en moyenne 249 euros par habitant, contre 355 euros pour l’ensemble des autres DROM.
Le contraste apparaît particulièrement marqué avec Mayotte, où les dépenses d’équipement atteignent 497 euros par habitant, ou encore avec La Réunion, qui affiche 386 euros par habitant sur la même période.
Le rapport souligne que les investissements communaux ont retrouvé depuis 2023 un niveau comparable à celui observé avant la crise sanitaire. Cette reprise reste néanmoins insuffisante pour combler l’écart avec les autres territoires ultramarins.
Des dépenses de fonctionnement qui limitent les marges
Pour comprendre ce décalage, l’observatoire met en avant la structure même des budgets communaux. Les communes guadeloupéennes enregistrent également les dépenses de fonctionnement les plus élevées des DROM, avec 1 693 euros par habitant.
Les frais de personnel représentent à eux seuls près des deux tiers de ces dépenses. Cette situation réduit mécaniquement les ressources disponibles pour financer de nouveaux équipements ou constituer un autofinancement important.
Le taux de rigidité budgétaire atteint ainsi 69 %, soit le niveau le plus élevé parmi les territoires ultramarins étudiés. Une grande partie des dépenses étant difficilement compressible à court terme, les marges de manœuvre demeurent limitées malgré le niveau élevé des recettes.
Une amélioration qui reste à confirmer
L’AFD souligne toutefois une évolution positive ces dernières années. L’épargne nette s’est redressée, l’endettement poursuit sa baisse et plusieurs communes retrouvent progressivement une capacité à financer leurs projets.
Cette amélioration ne concerne cependant pas l’ensemble du territoire. Certaines collectivités disposent désormais de marges suffisantes pour investir davantage, tandis que d’autres restent confrontées à des contraintes budgétaires importantes.
Le rapport de l’AFD met ainsi en lumière un paradoxe guadeloupéen : malgré des recettes parmi les plus élevées des DROM, les communes investissent moins que plusieurs autres territoires ultramarins. La poursuite de l’amélioration financière observée ces dernières années sera donc déterminante pour soutenir les futurs projets d’équipement et d’infrastructure.
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