621 milliards d’euros pour le logement, mais une construction neuve toujours en crise

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La dépense nationale consacrée au logement a atteint 620,7 milliards d’euros en 2025, soit 21,2 % du PIB. Derrière ce poids économique considérable, l’investissement recule de 4,4 %, tandis que la construction neuve reste confrontée à une forte contraction de son activité.

La dépense en logement n’a progressé que de 0,4 % en 2025, après 0,7 % en 2024 et 2,4 % en 2023. Selon le Service des données et études statistiques (SDES), cette hausse repose uniquement sur les dépenses courantes, tandis que les dépenses en capital continuent de reculer. Le logement représente toujours 28 % de la consommation finale des ménages, entre loyers, énergie, eau et entretien. Une part stable, mais élevée dans un contexte de baisse de 0,7 % du pouvoir d’achat.


Les dépenses courantes portent seules la progression

Sur les 620,7 milliards d’euros consacrés au logement, 470,3 milliards correspondent aux dépenses courantes. Celles-ci augmentent de 1,9 %, contre 4,6 % en 2024.

Ce ralentissement tient principalement au reflux des prix, tandis que les volumes progressent légèrement.

Les loyers réels versés par les locataires et les loyers imputés aux propriétaires occupants représentent ensemble 319,7 milliards d’euros. Leur montant progresse de 2,9 % en 2025. En revanche, les dépenses d’énergie diminuent de 3,6 %, notamment sous l’effet de la baisse des prix de l’électricité.

Le rapport souligne ainsi que « l’augmentation de la dépense en logement est entièrement portée par la progression des dépenses courantes ». Les dépenses en capital reculent, pour leur part, de 4,1 %, à 150,3 milliards d’euros.

Les 621 milliards d’euros ne correspondent donc ni au chiffre d’affaires du bâtiment ni aux seuls investissements immobiliers. Ils englobent l’ensemble des dépenses liées au fait de se loger, depuis les loyers et les charges jusqu’à la construction, aux acquisitions et aux travaux.

Une nouvelle chute de l’investissement dans le neuf

L’investissement en logement s’établit à 146,1 milliards d’euros en 2025, en baisse de 4,4 %, après un recul de 10 % l’année précédente. Sa contraction atteint 5,5 % en volume.

Le logement neuf reste le segment le plus dégradé. Les investissements qui lui sont consacrés diminuent de 14,4 %, à 60,4 milliards d’euros. En volume, le repli atteint 15 %, malgré une hausse des prix de 1,3 %.

Les principaux indicateurs témoignent de la faiblesse persistante du marché :

  • 269 700 logements ont été mis en chantier, un niveau toujours historiquement bas malgré une hausse de 3,2 % sur un an ;
  • la production calculée selon l’avancement des chantiers recule de 13,7 %, à 263 700 logements équivalents ;
  • l’individuel pur enregistre la baisse la plus forte, avec une production en diminution de 19,7 %.

La production reste ainsi inférieure de 27,7 % à son niveau d’avant la crise sanitaire, évalué à 364 500 logements par an en moyenne entre 2015 et 2019. L’amélioration des mises en chantier observée à partir du milieu de l’année 2025 n’a pas encore produit d’effet significatif sur l’activité réellement exécutée.

Les travaux ralentissent malgré le rebond des aides

Les gros travaux d’entretien et d’amélioration représentent 67,4 milliards d’euros. Leur montant progresse de seulement 0,2 %, après 2,1 % en 2024 et 6 % en 2023. Surtout, le volume des travaux diminue de 0,8 %, une première depuis 2020.

Ce ralentissement contraste avec le rebond des soutiens publics. Les subventions d’investissement atteignent un niveau record de 5,8 milliards d’euros, en hausse de 27,8 %.

Les aides accordées par l’Anah progressent de 52 %, à 2,7 milliards d’euros, portées notamment par les rénovations d’ampleur financées dans le cadre de MaPrimeRénov’.

Les subventions destinées aux travaux augmentent également de 36,3 %, à 3,4 milliards d’euros. Selon le SDES, la faible évolution de l’activité s’explique en partie par « le décalage temporel entre l’octroi des aides et les travaux effectifs ».

Dans le même temps, les aides liées aux prêts pour les logements locatifs sociaux progressent de 25 %, à 2,7 milliards d’euros. Les bailleurs sociaux demeurent ainsi les premiers bénéficiaires des subventions d’investissement, avec près de 3 milliards d’euros.

L’activité immobilière globale rebondit pourtant de 8 %, portée par la reprise des acquisitions dans l’ancien, en hausse de 18,6 %. Mais cette amélioration ne bénéficie pas encore véritablement au bâtiment : la construction neuve continue de décrocher et les volumes de travaux reculent.

La reprise sectorielle dépendra désormais de la transformation des financements accordés et du redressement des mises en chantier en opérations effectivement réalisées.


logement

Consulter ici le rapport du compte du logement 2025