Recul du trait de côte : comment TERRES CARAÏBES prépare les futures relocalisations en Guadeloupe

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L’adaptation au changement climatique ne se limite plus aux ouvrages de protection ou à la gestion des risques. En Guadeloupe, elle soulève également une question de plus en plus concrète : où relocaliser les populations et les activités exposées à l’érosion côtière ou aux inondations ? Dans son rapport d’activité 2024, TERRES CARAÏBES présente plusieurs dispositifs fonciers destinés à accompagner cette évolution du territoire.


 

Le foncier au service de l’adaptation climatique

Le rapport d’activité 2024 marque une évolution dans les missions portées par TERRES CARAÏBES. L’établissement estime que l’aggravation des épisodes climatiques, la récurrence des inondations et l’exposition croissante de certains secteurs littoraux obligent à repenser l’aménagement du territoire à l’échelle de la Guadeloupe.

Pour répondre à ces enjeux, trois programmes distincts ont été structurés : URGENCE, ÉMERGENCE et RÉGÉNÉRESCENCE. Chacun intervient à une échelle différente mais poursuit le même objectif : accompagner l’adaptation du territoire face aux effets du changement climatique.

Un premier dispositif destiné aux familles exposées à un danger immédiat

Le programme URGENCE vise à accompagner le relogement de ménages installés dans des Zones de Menace Grave pour les Vies Humaines (ZMGVH).

Le dispositif repose sur plusieurs étapes : identification des familles prioritaires par les communes et les services de l’État, recherche de logements adaptés, acquisition des biens par TERRES CARAÏBES puis réhabilitation par un bailleur social avant installation des ménages concernés.

En 2024, un premier déploiement a été engagé à Capesterre-Belle-Eau. Les secteurs de Carangaise, Doyon et Catherine figurent parmi les zones identifiées comme particulièrement exposées. Selon le rapport, plusieurs biens permettant de reloger rapidement jusqu’à dix familles ont été repérés.

Toutefois, l’opération n’était pas encore finalisée à la fin de l’exercice 2024. Le rapport précise qu’un appel à candidatures était alors envisagé pour 2025 afin de sélectionner l’opérateur chargé de mettre en œuvre le projet

Constituer dès aujourd’hui les réserves foncières de demain

Au-delà des situations d’urgence, TERRES CARAÏBES développe également une approche de plus long terme à travers le programme ÉMERGENCE.

Ce dispositif vise à accompagner les communes confrontées au risque de submersion marine dans l’élaboration de leur stratégie locale d’adaptation au recul du trait de côte.

L’une des opérations mises en avant dans le rapport concerne l’acquisition, en 2024, d’un terrain de 3 hectares situé à Deshaies, dans le secteur de Grande-Anse. Cette réserve foncière a vocation à offrir à la commune des possibilités de relocalisation pour des familles ou des activités potentiellement menacées par l’évolution du littoral.

Cette démarche illustre l’apparition d’une nouvelle fonction du foncier : anticiper les besoins futurs liés aux conséquences du changement climatique plutôt que d’intervenir uniquement après la survenue des risques.

Réduire la vulnérabilité des zones inondables

Le troisième volet de cette stratégie repose sur le programme RÉGÉNÉRESCENCE.

Celui-ci accompagne les collectivités dans la mise en œuvre de leurs politiques de prévention des inondations. L’objectif consiste notamment à favoriser des opérations de désartificialisation et de renaturation dans les secteurs urbains régulièrement touchés par les crues.

Le rapport cite l’exemple de CAP Excellence, engagée dans un deuxième Programme d’Actions de Prévention des Inondations (PAPI). Composé de 39 actions, ce programme vise à poursuivre les aménagements destinés à réduire la vulnérabilité du territoire.

Dans ce cadre, TERRES CARAÏBES intervient notamment sur les questions de maîtrise foncière, en accompagnant l’acquisition de biens fortement exposés aux risques ou déjà sinistrés.

Une nouvelle dimension de l’aménagement du territoire

À travers ces différents programmes, le rapport met en évidence une évolution des politiques foncières en Guadeloupe. Longtemps centrées sur l’acquisition et le portage de terrains destinés aux projets d’aménagement, elles intègrent désormais des enjeux liés à la résilience climatique, à la relocalisation des populations exposées et à la réduction de la vulnérabilité des territoires.

Cette approche témoigne d’une anticipation croissante des effets du changement climatique sur l’organisation future de l’espace guadeloupéen.


Consulter ici le RAPPORT D’ACTIVITE 2024 de TERRES CARAÏBES (Epf Guadeloupe)