Les entreprises de construction des DCOM ont vu leurs délais clients diminuer de deux jours en 2024. À 60 jours en moyenne, le secteur reste toutefois, avec le soutien aux entreprises, parmi ceux où les encaissements sont les plus longs. Un niveau supérieur de 21 jours à la moyenne observée pour l’ensemble des entreprises ultramarines étudiées.
Les délais de paiement s’améliorent dans les départements et collectivités d’Outre-mer, mais la construction reste particulièrement exposée. Selon le rapport annuel 2025 consacré aux délais de paiement dans les DCOM, le secteur affiche en 2024 un délai clients moyen de 60 jours, après une réduction de deux jours sur un an.
La construction fait ainsi partie, avec le soutien aux entreprises, des secteurs enregistrant les délais clients les plus élevés. L’amélioration des encaissements se répercute également sur les règlements : les entreprises de construction réduisent d’un jour leur délai de paiement fournisseurs.

Un écart de 21 jours avec la moyenne ultramarine
La situation de la construction se distingue nettement de celle observée pour l’ensemble du tissu économique.
Dans les DCOM de la zone euro, toutes activités confondues, les entreprises sont réglées en moyenne en 39 jours de chiffre d’affaires en 2024, soit deux jours de moins qu’un an auparavant. Le délai fournisseurs reste quant à lui stable à 49 jours d’achats.
Avec ses 60 jours de délai clients, la construction se situe donc 21 jours au-dessus de la moyenne ultramarine.
L’écart intervient dans un environnement où les délais de paiement demeurent déjà supérieurs à ceux observés pour la France entière : 39 jours contre 28 jours côté clients, et 49 jours contre 36 jours côté fournisseurs.
Le rapport souligne par ailleurs que, tous secteurs confondus, une entreprise ultramarine sur quatre enregistre encore des délais clients moyens supérieurs à 60 jours.

435 M€ de trésorerie potentiellement immobilisés par les retards
Les conséquences des retards de paiement dépassent la seule question du nombre de jours nécessaires pour encaisser une facture.
À l’échelle de l’ensemble des entreprises ultramarines étudiées, le rapport estime à 435 millions d’euros la trésorerie nette qui pourrait être remise à leur disposition si aucun retard de paiement n’était constaté.
Ce montant ne correspond pas spécifiquement au secteur de la construction, mais il donne la mesure de l’enjeu financier associé aux retards de règlement. Pour les entreprises de construction, l’amélioration constatée en 2024 permet déjà, selon le rapport, d’accélérer à leur tour le paiement de leurs fournisseurs.

Des délais très contrastés chez les donneurs d’ordre publics
Les données portant sur les organismes publics, cette fois pour 2025, montrent également de fortes disparités.
Pour la commande publique de l’État dans les DROM, le délai moyen de paiement s’améliore nettement pour atteindre 17,1 jours, soit 2,3 jours de moins qu’en 2024. Ces dépenses représentent 57 % du total des dépenses de l’État prises en compte.
La situation est différente dans le secteur public local, où le délai moyen monte à 39,9 jours, contre 39,2 jours un an plus tôt. Il demeure ainsi au-dessus du délai réglementaire de 30 jours et largement supérieur à la moyenne hexagonale de 19,3 jours.
Les établissements publics de santé enregistrent les délais les plus importants : 130,6 jours en moyenne en 2025, contre 121,5 jours en 2024, pour un délai légal fixé à 50 jours.
Ces données ne concernent pas exclusivement les marchés de construction, mais elles illustrent l’environnement de paiement auquel peuvent également être confrontées les entreprises intervenant pour des donneurs d’ordre publics.
Malgré l’amélioration enregistrée en 2024, les 60 jours de délai clients placent ainsi toujours la construction parmi les secteurs les plus exposés aux délais de règlement dans les DCOM.
Source : IEDOM – Rapport annuel 2025 des délais de paiement pratiqués par les entreprises et les organismes publics des DCOM









