Les réseaux électriques face à l’accélération des énergies renouvelables en 2025

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Énergies renouvelables

La France métropolitaine disposait de 84,3 GW de capacités électriques renouvelables fin 2025, après plus de 7,2 GW raccordés en un an. Principalement portée par le photovoltaïque, cette progression renforce les besoins en raccordements, postes électriques, lignes et solutions de stockage.

Selon le Panorama de l’électricité renouvelable 2025, publié par l’Agence ORE, Enedis, RTE et le Syndicat des énergies renouvelables, le solaire et l’éolien représentaient désormais 67 % du parc renouvelable. Malgré cette hausse des capacités, la production a légèrement reculé à 148 TWh, contre 150 TWh en 2024, couvrant 33,2 % de la consommation électrique métropolitaine.


Le photovoltaïque concentre l’essentiel des raccordements

Avec 5 941 MW raccordés au cours de l’année, le solaire photovoltaïque constitue le principal moteur de cette croissance. La puissance totale du parc atteint désormais 30 438 MW, devant les 23 870 MW de l’éolien terrestre.

La production solaire a également fortement progressé. Elle s’est élevée à 32,9 TWh en 2025, soit une hausse de 32,7 % en un an, et a couvert 7,4 % de la consommation électrique métropolitaine.

Le photovoltaïque représente ainsi à lui seul plus de quatre cinquièmes des nouvelles capacités renouvelables raccordées au cours de l’année.

Cette dynamique repose sur des installations de natures et de dimensions variées : centrales au sol, équipements en toiture, ombrières de stationnement ou projets d’autoconsommation.

Leur développement multiplie les opérations de raccordement, notamment sur les réseaux de distribution, et génère des besoins complémentaires en génie civil, équipements électriques et adaptation des postes existants.

L’éolien a également progressé, mais dans des proportions plus limitées. Le parc terrestre a gagné 883 MW en 2025, tandis que l’éolien en mer a ajouté 415 MW de capacités. Ce dernier atteint désormais 1 919 MW et a produit 5,7 TWh, en hausse de 43,3 % sur un an.

Une production freinée par le recul de l’hydraulique

L’augmentation des capacités installées ne garantit pas mécaniquement une hausse de la production annuelle. Celle-ci dépend également de l’ensoleillement, du vent, des précipitations, de la disponibilité des installations et du facteur de charge propre à chaque technologie.

En 2025, la progression du solaire et de l’éolien n’a pas entièrement compensé le recul de l’hydroélectricité.

Malgré un parc stable à 25 747 MW, la production hydraulique renouvelable est tombée à 56,7 TWh, soit une baisse de 19,2 % par rapport à 2024. L’année précédente avait bénéficié de conditions hydrauliques particulièrement favorables.

L’hydroélectricité demeure néanmoins la première source renouvelable en volume de production, devant l’éolien terrestre, qui a généré 43,9 TWh, et le photovoltaïque.

Ce contraste entre capacités raccordées et électricité effectivement produite rappelle l’importance d’un mix diversifié, mais aussi des équipements permettant de gérer les variations de production.

Près de 59 GW de projets à raccorder

Au-delà du bilan annuel, le Panorama recense 58 636 MW de projets renouvelables en développement à la fin de 2025.

Le solaire représente 35 078 MW de ce portefeuille, devant l’éolien terrestre avec 13 536 MW et l’éolien en mer avec 9 278 MW. S’y ajoutent 606 MW de projets hydrauliques et 139 MW dans les bioénergies.

Ces volumes ne correspondent pas tous à des installations déjà autorisées ou certaines d’être construites. Ils donnent toutefois une indication de l’ampleur des capacités susceptibles de solliciter les réseaux au cours des prochaines années.

Le défi ne se limite donc plus à construire des unités de production. Il faut aussi créer des branchements, adapter les postes électriques, renforcer certaines lignes et augmenter la capacité d’accueil des réseaux de transport et de distribution.

Le Panorama place d’ailleurs ces infrastructures « au cœur de la transition énergétique ». Il précise que les réseaux doivent recevoir des installations plus nombreuses, de tailles très différentes et réparties sur l’ensemble du territoire, tout en préservant la sécurité du système électrique.

Selon le document, « les réseaux de transport et de distribution continuent d’évoluer » pour répondre à cette transformation.

Le stockage commence à changer d’échelle

Le développement des batteries accompagne cette montée en puissance des productions variables. À la fin de 2025, la France comptait 1 617 MW de stockage électrique raccordé, dont 410 MW ajoutés durant l’année.

L’accélération a surtout été observée au second semestre, avec 195 MW raccordés au troisième trimestre et 154 MW au quatrième. Ces installations peuvent contribuer à décaler l’utilisation de l’électricité, à absorber une partie des variations de production et à fournir davantage de flexibilité au système.

La progression des renouvelables ouvre ainsi un champ de travaux qui dépasse largement les seuls parcs solaires ou éoliens. Raccordements, postes de transformation, lignes, équipements de stockage et adaptation des infrastructures existantes deviennent des composantes centrales de la transition électrique.

Avec près de 59 GW de projets en développement, la capacité à moderniser les réseaux sera déterminante pour transformer les objectifs de production en installations effectivement opérationnelles.


Énergies renouvelables

Source : SER-PANORAMA DE L’ÉLECTRICITÉ RENOUVELABLE 2025