À La Réunion, la planification territoriale entre dans une nouvelle phase. Entre les objectifs de sobriété foncière, les besoins en logements, le développement des activités économiques et la préservation des espaces agricoles, les collectivités sont amenées à revoir leurs documents d’urbanisme afin d’adapter leurs stratégies d’aménagement aux nouveaux enjeux.
Le rapport d’activités 2025 de l’AGORAH met en évidence cette dynamique, tout en soulignant que le territoire dispose encore de réserves foncières qu’il convient de mieux valoriser.
Une planification territoriale en pleine évolution
L’AGORAH rappelle que 23 des 24 communes réunionnaises sont aujourd’hui couvertes par un Plan local d’urbanisme (PLU), tandis que Saint-Philippe demeure régie par le Règlement national d’urbanisme. Surtout, la moitié des communes de l’île a engagé une révision générale de son PLU, signe que les collectivités adaptent progressivement leurs documents de planification aux nouveaux objectifs d’aménagement et de gestion du foncier.
Cette évolution concerne également les documents de planification à une échelle plus large. Trois Schémas de cohérence territoriale (SCoT) sont actuellement en cours de révision, tandis que 21 communes sont désormais compatibles avec le Schéma d’aménagement régional (SAR) de 2011. Pour l’AGORAH, ces démarches constituent un levier essentiel pour accompagner les collectivités dans la maîtrise de l’urbanisation et la limitation de l’artificialisation des sols.
Parallèlement, l’agence poursuit le développement de sa base permanente des documents d’urbanisme, un outil destiné à suivre l’évolution des zonages réglementaires et à fournir aux acteurs publics une vision actualisée de la planification territoriale à l’échelle de l’île.
Mieux connaître et mobiliser le foncier déjà disponible
Au-delà des règles d’urbanisme, le rapport met également en lumière la nécessité de mieux exploiter les espaces déjà aménagés. L’Observatoire de l’occupation du sol estime qu’environ 61 000 bâtis sont aujourd’hui implantés dans les zones agricoles définies par les PLU. Afin de mieux qualifier ces constructions, l’AGORAH s’appuie sur de nouveaux outils de cartographie, notamment les systèmes d’information géographique (SIG), la photo-interprétation et la donnée COSiA produite par l’IGN à partir de l’IA.
Le rapport montre également que le territoire dispose encore de marges de développement au sein de ses zones d’activités économiques. L’AGORAH recense désormais 130 zones d’activités, représentant 1 509 hectares. Si plus de 80 % des surfaces sont aujourd’hui occupées, près de 20 % des espaces constructibles demeurent encore inoccupés ou en friche. Les douze nouvelles zones recensées affichent même un taux d’occupation d’environ 53 %, illustrant un potentiel de valorisation encore important.
Pour l’agence, ces constats soulignent l’importance de privilégier une gestion plus fine du foncier existant avant d’envisager l’ouverture de nouveaux espaces à l’urbanisation. Dans un contexte où les contraintes foncières s’accentuent, la connaissance du territoire et l’optimisation des espaces déjà aménagés apparaissent comme des leviers majeurs pour répondre aux besoins futurs en logements, en équipements et en activités économiques.










