Le BTP guadeloupéen se contracte au deuxième trimestre 2026, avec un chiffre d’affaires en baisse de 8,2 % sur un an et des coûts toujours élevés. La progression des permis de construire et plusieurs opérations d’envergure maintiennent néanmoins des perspectives d’activité.
La conjoncture se fragilise en Guadeloupe. Au deuxième trimestre 2026, l’indicateur du climat des affaires recule de 3 points à 102,9, selon l’IEDOM. Il reste supérieur à sa moyenne de longue période, fixée à 100.
L’activité ralentit, les trésoreries se dégradent et les délais de paiement s’allongent dans l’ensemble de l’économie. Le BTP poursuit son ajustement, avec un recul du chiffre d’affaires plus marqué que celui observé à l’échelle des départements d’outre-mer.
Un chiffre d’affaires en baisse de 8,2 %
« L’activité du secteur du BTP se rétracte de nouveau au second trimestre », constate l’IEDOM dans sa note de conjoncture publiée en septembre 2026. Le chiffre d’affaires déclaré à la Direction régionale des finances publiques par les entreprises de la construction diminue de 8,2 % sur un an, en année glissante, contre 2,8 % pour l’ensemble des DOM.
L’écart atteint ainsi 5,4 points. Les indicateurs relatifs aux ventes de ciment et les soldes d’opinion recueillis auprès des professionnels confortent le diagnostic d’une activité en retrait.
Les données sur le ciment, présentées hors îles du Nord et corrigées des variations saisonnières, illustrent notamment l’affaiblissement du marché au cours des dernières années.
La note ne fournit toutefois pas de taux précis d’évolution trimestrielle des ventes de ciment. Leur trajectoire complète ici les données de chiffre d’affaires et les réponses des entreprises interrogées.
Des coûts qui pèsent sur les marges
Le recul de l’activité s’accompagne d’une hausse persistante des coûts de construction. Selon les données de la CERC Guadeloupe reprises par l’IEDOM, l’index général Guadeloupe progresse de 0,6 % sur un mois et de 2 % sur un an.
Les entreprises subissent ainsi une double pression : leurs chiffres d’affaires diminuent tandis que les coûts restent élevés et continuent d’augmenter. Les marges du secteur sont fragilisées et les professionnels anticipent une détérioration de leur trésorerie.
Les créations d’entreprises du BTP diminuent également de 15,7 % sur le trimestre, en données corrigées des variations saisonnières. Cette baisse dépasse celle enregistrée dans l’ensemble de l’économie guadeloupéenne, où les créations reculent de 6,7 %. Cet indicateur traduit un ralentissement des nouvelles installations, sans renseigner à lui seul sur les cessations d’activité dans la construction.
Les permis de construire résistent
La demande de construction privée offre un signal plus favorable. Au deuxième trimestre, 726 permis de construire ont été octroyés, soit une progression de 1,5 % sur trois mois. L’IEDOM considère que cette demande se maintient à un niveau élevé.
Les autorisations délivrées constituent un potentiel d’activité pour les entreprises. Elles ne correspondent cependant ni à un nombre de logements ni à autant de chantiers déjà engagés. La note ne détaille pas les catégories de bâtiments concernées ou les dates prévues de démarrage des travaux.
La progression des permis contraste donc avec le recul de l’activité mesurée. Elle témoigne du maintien de projets privés, dont la réalisation pourrait alimenter les travaux au cours des prochains trimestres.
Des opérations d’envergure pour soutenir l’activité
Plusieurs opérations sont également citées par l’IEDOM comme des soutiens aux perspectives du secteur :
- le projet Eau, pour un montant de 320 millions d’euros, à l’horizon 2027 ;
- la déviation de Boucan, estimée à 110 millions d’euros, à l’horizon 2028 ;
- des infrastructures pénitentiaires ;
- la construction de nouveaux hôtels.
Les montants des deux opérations chiffrées totalisent 430 millions d’euros. La note ne précise toutefois pas la part restant à engager, le calendrier des marchés ou l’état d’avancement détaillé de ces projets.
Ces opérations et les autorisations de construire offrent des perspectives à moyen terme. Leur traduction en travaux effectifs reste déterminante pour un secteur dont l’activité courante recule et dont les entreprises anticipent une dégradation de la trésorerie.

Source : IEDOM – TENDANCES CONJONCTURELLES AU 2E TRIMESTRE 2026 DE LA GUADELOUPE









