Le territoire mahorais fait face à une accumulation de risques naturels qui pèsent directement sur l’aménagement et les projets de construction. Cyclones, séismes, mouvements de terrain, submersion marine ou encore recul du trait de côte : ces aléas structurent désormais une grande partie des réflexions autour du bâti et de l’urbanisme local.
C’est précisément le sujet du premier épisode de la série vidéo « Construire en zone à risques à Mayotte », lancée par le CAUE de Mayotte et l’Association française pour la prévention des catastrophes naturelles et technologiques (AFPCNT). Cette première vidéo pédagogique revient sur les principaux risques dits « naturels » présents sur l’île et sur les outils permettant de mieux anticiper les contraintes avant tout projet de construction.
Le sujet s’inscrit dans un contexte encore marqué par plusieurs événements récents. La vidéo rappelle notamment le passage du cyclone tropical intense CHIDO en décembre 2024, celui de la tempête tropicale Dikeledi en janvier 2025, ainsi que la série de séismes ayant touché Mayotte depuis 2018. Ces épisodes ont remis en lumière la vulnérabilité du territoire et la nécessité d’adapter davantage les pratiques constructives aux réalités locales.
Une exposition généralisée aux aléas naturels
Le premier enseignement mis en avant concerne l’ampleur de l’exposition du territoire. Selon les informations présentées dans la vidéo, moins de 10 % du territoire mahorais ne comporte pas d’aléas localisés. Autrement dit, la quasi-totalité de l’île est concernée par au moins une contrainte naturelle nécessitant des précautions particulières.
La vidéo distingue plusieurs types d’aléas présents à Mayotte. Parmi eux figurent les risques cycloniques et sismiques, qui concernent l’ensemble du territoire, mais aussi des risques plus localisés comme les glissements de terrain, les chutes de blocs, les inondations par débordement de cours d’eau, le ruissellement urbain, la submersion marine ou encore le recul du trait de côte.
Le document rappelle également qu’un risque ne dépend pas uniquement de l’aléa lui-même, mais aussi de la vulnérabilité des populations et des constructions exposées. Un bâti fragilisé, des matériaux inadaptés ou des situations de précarité peuvent ainsi aggraver fortement les conséquences d’un événement naturel.
Urbanisme, foncier et construction sous contraintes
Au-delà du volet pédagogique, la vidéo met en évidence les implications très concrètes pour les projets immobiliers et d’aménagement. Avant toute opération d’achat ou de construction, les porteurs de projets sont invités à consulter plusieurs outils réglementaires et techniques afin d’évaluer l’exposition du terrain aux différents aléas.
Parmi les documents cités figurent notamment :
- les DICRIM (documents d’information communale sur les risques majeurs) ;
- les cartes d’aléas ;
- les plans locaux d’urbanisme (PLU) ;
- les plans de prévention des risques naturels ;
- les certificats d’urbanisme délivrés en mairie.
La vidéo rappelle aussi que certaines zones restent soumises à des prescriptions constructives spécifiques, même lorsque les aléas sont considérés comme faibles ou modérés. À l’inverse, les secteurs exposés à des aléas forts sont considérés comme inconstructibles, notamment à proximité des ravines ou de certaines portions du littoral.
Autre donnée importante pour les professionnels du bâtiment : Mayotte est intégralement classée en zone sismique de niveau 3, correspondant à un aléa modéré. Même en l’absence d’aléas localisés, les constructions doivent donc intégrer des exigences parasismiques et paracycloniques adaptées.
À travers cette première vidéo, le CAUE de Mayotte et l’AFPCNT mettent ainsi en avant une réalité désormais incontournable pour le territoire : à Mayotte, la résilience du bâti et la prise en compte des risques naturels deviennent progressivement des conditions centrales de l’aménagement et du développement urbain.









