Construction : un rebond du logement qui ne suffit pas encore

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La filière construction reste confrontée à une conjoncture contrastée au début de l’année 2026. Dans sa note publiée le 17 avril 2026, le GIE Réseau des CERC dresse le portrait d’un secteur toujours sous tension, malgré quelques signaux positifs du côté du logement neuf.

Les indicateurs les plus récents montrent en effet une amélioration des mises en chantier et des autorisations de logements, alors que plusieurs autres segments demeurent orientés à la baisse.

Le principal signal positif concerne le logement neuf. À fin février 2026, 95 600 logements ont été mis en chantier sur trois mois cumulés, soit une progression de +31,6 % par rapport à la même période un an plus tôt. Dans le même temps, les autorisations atteignent 92 100 logements, en hausse de +17,7 % sur trois mois.

Sur douze mois glissants, 287 300 logements ont été commencés entre mars 2025 et février 2026, soit +9,9 % sur un an. Malgré cette évolution récente, les niveaux restent modérés. La note souligne d’ailleurs que « la construction neuve demeure à un niveau faible. Une progression très nette se dessine pour les logements ce trimestre ».

La situation apparaît en revanche plus fragile pour les autres segments du bâtiment. Sur le marché des locaux non résidentiels, les autorisations reculent de 13,7 % sur trois mois, tandis que les mises en chantier progressent très légèrement (+1 %).

L’activité d’entretien-rénovation marque également le pas, avec –1 % au quatrième trimestre 2025 et –1,1 % sur l’ensemble de l’année. Les carnets de commandes du secteur se stabilisent autour de 13,3 semaines, un niveau inférieur à la moyenne de longue période.

Les travaux publics confirment eux aussi une phase de ralentissement. Les travaux réalisés reculent de 2,9 % sur trois mois, tandis que les marchés conclus chutent de 11,3 % sur la même période. Dans ce contexte, les entreprises expriment des opinions largement dégradées concernant leurs carnets de commandes.

Comme le souligne la note, « les carnets de commandes se révèlent peu garnis…les professionnels témoignent d’opinions dégradées dans la grande majorité des régions ».

L’industrie des matériaux reste également orientée à la baisse. Au quatrième trimestre 2025, la production de béton prêt à l’emploi recule de 0,5 %, confirmant un recul annuel de 2,8 %, soit environ 1,2 million de mètres cubes de production en moins en 2025.

La production de granulats diminue de 2,3 % au quatrième trimestre et de 1,4 % sur l’année, pour un volume d’environ 270 millions de tonnes produites sur douze mois.

Cette situation se reflète également dans l’emploi. À la fin du quatrième trimestre 2025, la construction emploie près de 1,59 million de salariés, soit –1,2 % sur un an, ce qui représente environ 19 400 postes en moins sur douze mois. L’emploi intérimaire poursuit également son repli, avec –3,1 % sur trois mois et –3,3 % sur un an.

Du côté des entreprises, les dynamiques restent contrastées. Les créations progressent ces derniers mois, mais cette hausse concerne surtout les micro-entreprises (+5,2 % sur trois mois).

Les défaillances, elles, reculent légèrement : environ 14 400 entreprises ont fait défaut en 2025, soit 3 % de moins qu’en 2024, même si leur niveau demeure élevé.

Au final, la photographie dressée par le Réseau des CERC reste prudente. Le rebond du logement neuf constitue un signal encourageant, mais il ne suffit pas encore à inverser la tendance générale d’une filière construction qui évolue toujours dans un contexte économique incertain.


Construction

Consulter ici la CONJONCTURE NATIONALE & INTERRÉGIONALE DE LA FILIÈRE CONSTRUCTION N° 140 – 17 avril 2026