Le secteur de la construction commence à retrouver quelques couleurs en ce début d’année 2026. Les mises en chantier repartent, les permis progressent et certains segments du logement montrent des signes de réveil. Pourtant, du côté des matériaux de construction, la reprise reste encore difficile à percevoir. Dans sa lettre mensuelle de conjoncture publiée en mai 2026, l’UNICEM décrit un marché toujours fragilisé par les coûts, les tensions économiques et un niveau d’activité encore insuffisant. L’organisation résume d’ailleurs la situation sans détour : « le mois de mars a marqué un redressement sans toutefois opérer de véritable rattrapage ».
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Les granulats et le béton restent sous pression
Après un mois de février fortement pénalisé par les intempéries, mars a permis un léger rebond de l’activité. Les granulats progressent de 4,9 % sur un mois et le béton prêt à l’emploi (BPE) de 4 %. Mais ce redressement reste insuffisant pour retrouver les niveaux de 2025.
L’activité des granulats demeure inférieure de 1,3 % à celle de mars dernier, tandis que le BPE recule encore de 2,4 % sur un an. Sur douze mois glissants, les baisses atteignent respectivement 2,5 % et 2,8 %.
Le ralentissement dépasse d’ailleurs les seuls granulats et centrales béton. L’indicateur matériaux UNICEM continue de se contracter, avec une baisse qui touche aussi le ciment, les produits béton ou encore la pierre de construction.
Une reprise visible dans le logement… mais pas encore dans les matériaux
C’est tout le paradoxe mis en avant par cette conjoncture. Plusieurs indicateurs de la construction repartent progressivement à la hausse, sans que les producteurs de matériaux ne voient encore une véritable reprise sur le terrain.
En mars 2026, près de 29 900 logements ont été commencés, soit une hausse de 19,2 % par rapport à février. Sur le trimestre, les mises en chantier progressent de 9,5 %, principalement grâce au logement collectif. Les permis de construire affichent eux aussi un net rebond.
Mais dans le même temps, le marché immobilier neuf reste très dégradé. Les ventes de logements neufs reculent encore de 14,3 % sur un an et une opération sur quatre serait désormais suspendue ou annulée selon la Fédération des Promoteurs Immobiliers.
Ce décalage pourrait s’expliquer par des reports opérationnels, des délais de mise en œuvre plus longs ou encore la prudence des promoteurs dans un contexte économique incertain.
Inflation, pétrole et travaux publics alimentent les inquiétudes
L’UNICEM relie également les difficultés actuelles aux tensions géopolitiques et au choc pétrolier provoqué par la situation au Moyen-Orient. Le document souligne que « les répercussions sur l’inflation, les coûts et les taux d’intérêt viennent altérer le potentiel de rebond ».
Les travaux publics montrent eux aussi des signes de dégradation plus marqués qu’attendu. Selon la FNTP, l’activité du premier trimestre recule de 6 % par rapport au trimestre précédent, tandis que les commandes publiques chutent de 17,2 % sur un an.
Au final, les premiers signaux de reprise existent bien dans la construction, mais les matériaux continuent de montrer une réalité plus fragile. Entre coûts élevés, marché immobilier encore bloqué et manque de visibilité économique, la filière reste loin d’une véritable sortie de crise.

Consulter ici la Lettre Mensuelle de Conjoncture des matériaux de construction – Mai 2026









