Bâtiment : une décarbonation trop lente face aux objectifs de 2030

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Architecture durable face au soleil

Le secteur du bâtiment poursuit sa transition écologique, mais les progrès restent insuffisants pour atteindre les objectifs climatiques. Selon le baromètre BâtiZoom de l’ADEME consacré à l’année 2025, les émissions de gaz à effet de serre continuent de diminuer, tandis que la consommation énergétique évolue peu. Parallèlement, l’activité économique recule, principalement sous l’effet de la baisse de la construction neuve.


La construction neuve tire l’activité du bâtiment vers le bas

En 2025, le chiffre d’affaires du bâtiment s’établit à 193 milliards d’euros hors taxes, soit une diminution de 5 % à prix constants par rapport à 2024. La construction neuve enregistre une baisse de 10 %, tandis que l’activité d’amélioration-entretien recule de 1 %.

Le baromètre souligne que « La rénovation énergétique ne parvient pas à compenser la baisse de la construction neuve en 2025 ».

Ce recul intervient pourtant dans un contexte économique plus stable. Les prix des matériaux et des travaux d’entretien-amélioration se stabilisent, tandis que les coûts de construction diminuent.

Les surfaces de logements neufs commencées reculent de seulement 0,5 % en 2025, après deux années de forte contraction.

Dans le tertiaire, elles progressent de 6 %. Ces évolutions ne se répercutent toutefois pas immédiatement sur le chiffre d’affaires, les opérations de construction pouvant s’étendre sur plusieurs années.

Des émissions en baisse, mais un rythme insuffisant

Les émissions de gaz à effet de serre liées à l’exploitation des bâtiments diminuent de 2,1 % en 2025, selon les données provisoires du baromètre. Cette évolution fait suite à un recul de 1,6 % en 2024, confirmant un ralentissement par rapport à la période 2021-2023, durant laquelle les émissions avaient baissé de 24 % en deux ans.

La consommation d’énergie des bâtiments résidentiels et tertiaires évolue également peu. Après un rebond de 1 % en 2024, elle diminue de 1,3 % en 2025, hors chaleur environnementale. Elle retrouve ainsi un niveau proche de celui de 2023.

Selon l’ADEME, la réduction récente des émissions provient principalement de la décarbonation de l’énergie utilisée dans les bâtiments, plutôt que d’une diminution importante des consommations.

Cette évolution reste néanmoins insuffisante pour respecter la trajectoire fixée par la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC 3) à l’horizon 2030.

La rénovation énergétique progresse à deux vitesses

La rénovation énergétique présente des résultats contrastés. En 2025, 120 000 logements du parc privé ont bénéficié d’une aide de l’Agence nationale de l’habitat (Anah) pour une rénovation d’ampleur, soit une augmentation de 32 % par rapport à 2024.

Cette progression ne reflète cependant pas l’évolution de l’ensemble du marché. Le chiffre d’affaires de la rénovation énergétique reste stable à prix courants et diminue légèrement à prix constants.

Par ailleurs, le nombre de logements engagés dans une rénovation labellisée BBC Effinergie se stabilise à 28 000.

Le baromètre précise que toutes les rénovations d’ampleur aidées n’atteignent pas nécessairement le niveau BBC. Le suivi du marché demeure également incomplet, notamment pour les travaux réalisés sans aides publiques.

Ces résultats restent à mettre en perspective avec les objectifs de la SNBC 3, qui prévoit 700 000 rénovations annuelles permettant au moins deux sauts de classe au diagnostic de performance énergétique (DPE) d’ici 2030, dont 250 000 rénovations d’ampleur ciblant les logements les moins performants.

Des efforts de décarbonation encore à accélérer

La transformation du mix énergétique des bâtiments se poursuit.

En 2025, la part des énergies fossiles dans la consommation finale passe de 33,9 % à 32,8 %, tandis que celle des énergies renouvelables thermiques et déchets progresse de 20,9 % à 21,5 %. L’électricité représente désormais 41,8 % de la consommation.

Dans la construction neuve, de nouveaux seuils de la réglementation environnementale RE2020 s’appliquent depuis le 1er janvier 2025 aux bâtiments concernés.

Une étude portant sur 55 bâtiments collectifs fait état d’une réduction de 20 % de leur impact carbone moyen entre 2023 et 2025, en incluant les gains liés à des analyses de cycle de vie plus précises.

Malgré ces avancées, le rythme de transformation reste en deçà des objectifs nationaux. La SNBC 3 prévoit notamment de ramener la part des énergies fossiles dans la consommation des bâtiments à 19,1 % d’ici 2030.

L’ADEME estime ainsi que la décarbonation se poursuit à un « rythme régulier mais insuffisant » pour atteindre les objectifs climatiques.


Consulter ici le baromètre de la transition écologique du bâtiment en 2025 publié par l’ADEME