Guadeloupe, Martinique, Guyane – les taux d’encaissement moyens des cotisations BTP se situent entre 85 % et 88 % sur 24 mois, selon une analyse de la CIBTP Antilles-Guyane. Derrière ces niveaux relativement proches, les trois territoires présentent des évolutions distinctes.
La Caisse Congés BTP des Antilles et de la Guyane (CIBTP) a publié une analyse comparant les cotisations déclarées par les entreprises du bâtiment et des travaux publics aux montants effectivement encaissés.
Portant sur 24 mois, ce suivi concerne plus de 8 millions d’euros de flux de cotisations mensuels à l’échelle interrégionale. Il permet à l’organisme de repérer d’éventuelles difficultés de paiement et d’adapter son accompagnement aux réalités économiques de chaque territoire.
Des taux d’encaissement compris entre 85 % et 88 %
La Guadeloupe représente le volume de cotisations le plus important des trois territoires, avec une moyenne mensuelle de 3,65 millions d’euros déclarés, contre 3,18 millions d’euros encaissés. Son taux d’encaissement moyen s’établit à 87 % sur la période étudiée.
En Martinique, les déclarations atteignent 2,45 millions d’euros par mois, pour 2,08 millions d’euros encaissés. Le taux moyen ressort à 85 %, soit le niveau le plus faible des trois territoires.
La Guyane affiche, quant à elle, un taux moyen de 88 %, avec 1,95 million d’euros de cotisations déclarées mensuellement et 1,72 million d’euros encaissés.
Au total, les montants moyens publiés représentent environ 8,05 millions d’euros de cotisations déclarées chaque mois, contre 6,98 millions d’euros encaissés. Ces données font apparaître un écart entre les deux flux dans chacun des territoires, avec une différence de trois points entre les taux d’encaissement moyens les plus élevés et les plus faibles.
Des évolutions différentes selon les territoires
Au-delà des moyennes, la CIBTP relève des comportements distincts au cours des 24 mois étudiés.
En Guadeloupe, les taux d’encaissement peuvent atteindre 98 % certains mois. Ces résultats ponctuels contrastent avec la moyenne de 87 %, qui traduit le maintien d’un écart entre les cotisations déclarées et les sommes encaissées sur l’ensemble de la période.
La Martinique présente une évolution plus régulière. Selon la caisse, l’écart entre les déclarations et les encaissements s’observe tout au long des 24 mois. La relative stabilité des montants encaissés ne suffit donc pas à résorber cette différence.
En Guyane, la situation se distingue par une amélioration récente. Après un point bas observé en 2025, le taux d’encaissement a atteint 100 % début 2026. La CIBTP qualifie toutefois cette évolution d’« amélioration encore fragile », dont la confirmation dépendra des prochains résultats.
Des écarts qui appellent une vigilance sur la trésorerie
Pour la CIBTP Antilles-Guyane, le suivi des déclarations et des encaissements constitue un indicateur permettant d’identifier d’éventuelles tensions financières au sein des entreprises du BTP.
Les écarts constatés peuvent notamment refléter des difficultés de trésorerie pour certaines structures. Ils ne permettent toutefois pas, à eux seuls, de mesurer les impayés définitifs ou d’établir la situation financière de l’ensemble des entreprises. Des décalages entre les échéances de déclaration et les dates d’encaissement peuvent également intervenir.
L’organisme entend s’appuyer sur ces indicateurs pour adapter son accompagnement aux spécificités de chaque territoire. Si les taux moyens restent relativement proches, leur évolution dans le temps demeure un point de vigilance, particulièrement en Guyane, où l’amélioration observée début 2026 reste à confirmer.
Source : Caisse Congés BTP des Antilles et de la Guyane (CIBTP), « Déclarations vs Encaissements : 24 mois de flux passés au crible », octobre 2026.









