Depuis le 1er janvier 2026, les exigences paracycloniques s’appliquent également aux maisons individuelles et aux menuiseries en Guadeloupe et en Martinique. Présentées par Paul Quistin lors du FOROM 2026, ces dispositions renforcent les critères de conception des bâtiments, mais soulèvent aussi des difficultés d’application pour les professionnels.
Des exigences renforcées pour la conception des bâtiments
Issu du décret du 23 novembre 2023 et de l’arrêté du 5 juillet 2024, le nouveau cadre réglementaire vise à améliorer la résistance des constructions aux vents cycloniques. Entré en vigueur le 1er janvier 2025, il s’applique depuis le 1er janvier 2026 aux maisons individuelles et aux éléments non structuraux de type menuiseries.
Les évolutions portent notamment sur les hypothèses de calcul utilisées pour dimensionner les bâtiments. Selon les données présentées par Paul Quistin, directeur technique adjoint de CH2TC, les pressions de calcul augmentent :
- Guadeloupe : de 11 % pour les bâtiments des catégories II et III, et de 36 % pour ceux de catégorie IV.
- Martinique : de 20 % pour les catégories II et III, et de 48 % pour la catégorie IV.
Ces majorations, établies par rapport aux anciennes hypothèses présentées, concernent notamment les efforts que doivent supporter les ouvrages.
La réglementation introduit également un coefficient de sur-résistance de 1,5 pour certains assemblages entre éléments structuraux. Les couvertures, bardages et équipements rapportés, tels que les panneaux solaires ou les groupes extérieurs de climatisation, font aussi l’objet d’exigences destinées à limiter les risques d’arrachement et de projection.
Pour les bureaux d’études et les maîtres d’œuvre, ces dispositions impliquent une attention particulière au dimensionnement des ouvrages et à leurs systèmes de fixation.

Les menuiseries au cœur des nouvelles contraintes
Les fenêtres, portes et volets constituent l’un des principaux points de vigilance soulevés lors de la présentation organisée au FOROM, dans le cadre de BATIMAT 2026.
Au-delà de leur résistance à la pression du vent, les menuiseries doivent désormais répondre à des exigences de résistance aux chocs, notamment ceux provoqués par des projectiles transportés lors d’un cyclone.
Le dimensionnement dépend de plusieurs paramètres, dont la hauteur du bâtiment, son exposition et les dispositifs de protection installés. La réglementation prévoit ainsi différents traitements selon les caractéristiques des volets, panneaux et renforts, notamment leur porosité.
Cette approche interroge certaines pratiques constructives propres aux Antilles. Paul Quistin a notamment évoqué les volets traditionnels et les jalousies en aluminium, dont la prise en compte peut nécessiter des justifications techniques spécifiques.
L’intervenant souligne ainsi la nécessité de mieux articuler les exigences réglementaires avec des solutions locales déjà utilisées, notamment à travers des calculs, des essais ou des retours d’expérience.
Une profession encore insuffisamment préparée, selon Paul Quistin
Si le renforcement des règles constitue une avancée pour la sécurité des bâtiments, leur application représente aussi un défi pour la filière.
Dans sa conclusion, Paul Quistin estime que « la profession n’a pas suffisamment anticipé, et n’est pas prête à appliquer les exigences techniques des guides ».
Cette appréciation met en lumière les difficultés d’appropriation des nouvelles prescriptions, notamment pour les entreprises et concepteurs intervenant sur les éléments de l’enveloppe des bâtiments.
Les conséquences pourraient également dépasser le seul dimensionnement technique. L’intervenant évoque un « impact fort sur le coût et sur l’architecture des bâtiments neufs », particulièrement en raison des exigences de protection des menuiseries contre les projectiles.
La présentation ne fournit toutefois aucune estimation chiffrée de ces surcoûts.
Pour les maîtres d’ouvrage et les équipes de conception, l’enjeu consiste donc à intégrer suffisamment tôt les exigences paracycloniques dans les choix architecturaux et techniques. Le recours à des protections adaptées, la sélection des menuiseries et la conception des assemblages doivent être anticipés dès les premières phases du projet.
Au-delà du renforcement réglementaire, la présentation de Paul Quistin souligne ainsi l’importance d’une meilleure préparation des professionnels pour concilier sécurité, contraintes constructives et adaptation au contexte antillais.
Source : Paul Quistin, La réglementation vents cycloniques en Outre-mer – Synthèse des dispositions techniques, présentation au FOROM / BATIMAT, septembre 2026.
Note de la rédaction : Prochainement d’autres articles aux exigences paracycloniques ainsi qu’aux règles de dimensionnement des bâtiments aux Antilles.









