MAYOTTE. La construction concentre plus de 31 M€ de trésorerie immobilisée

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À Mayotte, les retards de paiement continuent de peser sur la trésorerie des entreprises. Dans la construction, plus de 31 millions d’euros pourraient être remis à disposition des entreprises en l’absence de retards, soit 10 millions d’euros de plus en un an, alors que le secteur est directement mobilisé dans la reconstruction post-Chido.


 

Plus de 31 M€ concernés dans la construction

En 2024, la trésorerie nette susceptible d’être mise à disposition des entreprises mahoraises si aucun retard de paiement n’était constaté dépasserait 54 millions d’euros, selon l’IEDOM. Ce montant progresse de 19 millions d’euros en un an.

La construction concentre une part majeure de cette somme : plus de 31 millions d’euros concernent le secteur, soit une progression de 10 millions d’euros sur un an. Le transport et l’entreposage représentent de leur côté plus de 22 millions d’euros.

L’IEDOM souligne qu’il s’agit des « secteurs en première ligne de la reconstruction post-Chido ». 

Des délais toujours élevés à Mayotte

La situation s’inscrit dans un contexte de délais de paiement particulièrement longs. En 2024, le délai clients atteint 58 jours, contre 57 jours un an auparavant, tandis que le délai fournisseurs s’établit à 62 jours, également en hausse d’une journée.

Mayotte reste ainsi le seul territoire des DCOM où les entreprises règlent leurs fournisseurs au-delà du délai légal de 60 jours.

Les délais clients se rapprochent eux aussi de ce seuil et demeurent nettement supérieurs à ceux observés dans les autres DCOM, où ils atteignent 39 jours en moyenne.

Les données complémentaires publiées par l’IEDOM montrent également un écart marqué avec l’Hexagone : les délais clients y sont de 28 jours et les délais fournisseurs de 36 jours, contre respectivement 58 et 62 jours à Mayotte.

Une tension supplémentaire pour les secteurs de la reconstruction

Au-delà des seuls délais de paiement, les besoins de trésorerie des entreprises mahoraises atteignent 22 jours de chiffre d’affaires, soit un niveau deux fois supérieur à la moyenne ultramarine.

Cette situation prend une dimension particulière pour la construction.

Alors que le secteur est mobilisé dans la reconstruction du territoire, la progression de la trésorerie potentiellement immobilisée par les retards de paiement constitue une contrainte financière supplémentaire pour les entreprises.

Le secteur public local atteint 74,5 jours

Les délais observés dans la sphère publique restent eux aussi très contrastés. En 2025, l’État affiche un délai de paiement de 30 jours, en légère hausse de 1,7 jour sur un an.

La situation se dégrade nettement dans le secteur public local, où le délai atteint 74,5 jours, soit 18 jours de plus qu’en 2024.

L’IEDOM estime que le secteur public local « subit une importante dégradation », avec un niveau qui demeure largement supérieur au délai réglementaire maximal de 30 jours.

Les établissements publics de santé enregistrent pour leur part une forte amélioration, avec un délai moyen ramené à 90,6 jours, en baisse de 36,6 jours, mais toujours supérieur au seuil légal de 50 jours.

Pour les entreprises mahoraises, et particulièrement celles de la construction, l’évolution des délais de paiement reste ainsi un enjeu de trésorerie majeur dans un contexte où les besoins liés à la reconstruction du territoire restent élevés.


Source : IEDOM – Rapport annuel 2025 des délais de paiement pratiqués par les
entreprises et les organismes publics à Mayotte