MAYOTTE. des logements « tiroirs » pour accompagner les opérations d’aménagement

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À Mayotte, aménager un quartier ne consiste pas seulement à viabiliser des terrains ou à construire de nouveaux logements. Sur plusieurs secteurs occupés par de l’habitat informel, les opérations nécessitent d’abord de reloger les ménages avant la démolition des constructions et la libération des emprises.

C’est dans cette mécanique que s’inscrivent les centres de relogement temporaire développés par l’Établissement public de reconstruction et de développement de Mayotte (EPRD). Son rapport d’activité 2025 décrit ces habitations comme des logements « tiroirs », mobilisés pendant les travaux d’aménagement puis susceptibles d’être déplacés vers d’autres opérations.


Des modules réutilisables entre plusieurs opérations

Le dispositif est déjà déployé sur plusieurs sites. En 2025, l’établissement a livré 12 logements modulaires à Bazama-Bandrajou et 36 à Doujani. Un autre chantier de 36 logements temporaires a été lancé dans la ZAC de Tsararano-Dembéni. Dix unités avaient également été mises en service à Passamaïnty en 2024.

Le principe dépasse la seule rapidité de construction. Ces logements sont prévus pour accompagner une opération pendant deux à trois ans, avant d’être démontés puis réinstallés sur un autre site. Les emprises occupées par les centres peuvent ensuite retrouver leur destination prévue dans le projet d’aménagement.

La première solution constructive retenue, baptisée Shelter X, prend la forme de modules T4 d’environ 50 m², comprenant trois chambres, une pièce de vie avec coin cuisine et une salle d’eau.

À Doujani, les 36 logements ont été livrés en deux phases durant l’été 2025. Mais les interventions autour du centre se poursuivent : en juin 2026, l’EPRD a lancé une consultation pour réaliser des ouvrages de gestion des eaux pluviales, répartis entre des travaux de maçonnerie et de réseaux-curage, pour une durée annoncée de trois mois.

À Bazama, le relogement accompagne la transformation du quartier

À Bazama-Bandrajou, le centre de 12 logements est directement lié à l’opération de résorption de l’habitat insalubre du secteur. Le projet urbain a franchi une nouvelle étape en 2026 avec une enquête publique organisée du 15 juillet au 13 août, portant notamment sur l’autorisation environnementale, la déclaration d’utilité publique et le parcellaire.

Le fonctionnement quotidien de ces solutions temporaires soulève toutefois aussi des questions d’usage. En mars 2026, Le Journal de Mayotte rapportait les témoignages de plusieurs ménages installés à Bazama faisant état de difficultés lors des fortes pluies et de problèmes dans certains logements. L’EPRD indiquait de son côté disposer d’un plan de maintenance et soulignait le caractère provisoire de certains désordres liés aux travaux environnants et aux dégâts laissés par le cyclone Chido.

En parallèle de ces modules démontables, l’établissement expérimente d’autres réponses constructives. À Doujani, Davu Dago prévoit 17 logements associant notamment bambou et torchis, tandis que le projet B6 étudie jusqu’à 36 logements en structure bois adaptés à des pentes de 30 à 40 %.

Le relogement temporaire devient ainsi un outil à part entière du phasage des opérations urbaines, entre libération des emprises, accompagnement des habitants et préparation des futurs chantiers.


Le rapport d’activité 2025 est consultable sur le site de l’EPRD