L’église de Redoute, témoin de l’histoire martiniquaise, bientôt restaurée

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L’église Notre-Dame du Rosaire de Redoute, à Fort-de-France, doit faire l’objet de travaux de restauration d’octobre 2026 à juin 2027. Sélectionné par la Mission Patrimoine, cet édifice inscrit aux Monuments historiques présente d’importantes dégradations au niveau de ses chéneaux et de sa couverture. Le chantier portera notamment sur le clocher, la charpente et la toiture.


Située sur les hauteurs du quartier Redoute, à Fort-de-France, l’église Notre-Dame du Rosaire figure parmi les 100 projets départementaux retenus par le Loto du patrimoine 2026.

Propriété du diocèse de Martinique et inscrite au titre des Monuments historiques depuis 2009, elle nécessite une nouvelle campagne de restauration malgré plusieurs interventions réalisées au cours des dernières décennies.

Des chéneaux et des couvertures fortement dégradés

L’état de l’édifice appelle désormais une intervention sur plusieurs éléments de son enveloppe. Selon la Fondation du patrimoine, les chéneaux en béton des façades est et ouest présentent une dégradation avancée. La couverture en tôle des parties latérales et du clocher souffre également de vétusté.

Ces désordres nécessitent, selon la Fondation, une « intervention urgente et coordonnée ». En l’absence de traitement, ils pourraient compromettre à terme la pérennité du bâtiment ainsi que la sécurité des fidèles.

La restauration doit donc répondre à des enjeux de conservation du patrimoine bâti, mais aussi de sécurisation d’un édifice qui conserve une fonction religieuse et accueille du public.

Le clocher, la charpente et la couverture au programme

Le programme soutenu par la Mission Patrimoine prévoit trois interventions principales :

  • la réfection du clocher, qui culmine à plus de 37 mètres ;
  • le traitement de la charpente ;
  • le remplacement de la couverture, actuellement vétuste.

Ces travaux doivent permettre de préserver les éléments architecturaux de l’église et de remédier aux désordres constatés.

La fiche du projet ne détaille toutefois pas les solutions techniques retenues pour les interventions sur la charpente et le clocher, ni les modalités de traitement des chéneaux dégradés. Le coût global de l’opération et les entreprises appelées à intervenir ne sont pas non plus précisés.

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(c)Phillipe Villard

Un chantier annoncé jusqu’en juin 2027

Le calendrier prévisionnel prévoit un démarrage des travaux en octobre 2026, pour un achèvement en juin 2027, soit environ neuf mois de chantier.

L’église a été retenue dans le cadre de la neuvième édition de la Mission Patrimoine, dont les 100 projets départementaux ont été dévoilés le 31 août 2026.

Le montant du soutien financier attribué à l’édifice n’est pas encore connu. La Fondation du patrimoine prévoit d’annoncer les dotations individuelles en fin d’année, en fonction des ventes des jeux Mission Patrimoine.

La fiche officielle indique également qu’aucune collecte spécifique n’est actuellement ouverte pour ce projet.

Un monument construit après l’éruption de la montagne Pelée

Érigée à 215 mètres d’altitude, l’église Notre-Dame du Rosaire constitue un repère architectural important dans le paysage de Fort-de-France.

Sa construction remonte au début du XXe siècle, dans le contexte du renouveau religieux qui a suivi l’éruption de la montagne Pelée en 1902. La première pierre a été bénie le 29 juin 1904, tandis que les cloches n’ont été fixées qu’en 1932, après plusieurs décennies durant lesquelles l’édifice est resté inachevé.

En 1906, l’église a également accueilli la statue de Notre-Dame de la Délivrande, restée intacte au milieu des ruines de l’église de Morne-Rouge.

Son clocher de plus de 37 mètres, ses vitraux et sa position panoramique participent aujourd’hui à sa singularité architecturale.

Préserver les usages religieux et culturels

La restauration doit permettre de prolonger les fonctions de l’église tout en développant sa valorisation patrimoniale.

Les célébrations liturgiques doivent se poursuivre après les travaux. L’édifice restauré pourra également accueillir des événements musicaux, artistiques et culturels, tout en s’intégrant aux circuits patrimoniaux de Fort-de-France et de la Martinique.

L’Association diocésaine de Martinique envisage par ailleurs d’organiser une journée portes ouvertes pour présenter les travaux réalisés, ainsi que des visites à l’occasion des Journées européennes du patrimoine.

L’opération doit ainsi contribuer à la conservation durable de ce monument historique, tout en maintenant sa place dans la vie religieuse et culturelle de Fort-de-France.