BTP en Martinique : la CGSS renforce son action sur trois fronts

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Le BTP figure parmi les secteurs prioritaires de la CGSS Martinique en matière de prévention des risques professionnels. Son rapport d’activité 2025 met également en avant une convention contre le travail illégal et un nouveau dispositif destiné à financer l’adaptation des logements sociaux au vieillissement.

Au-delà de ses missions de protection sociale, la CGSS intervient ainsi sur trois enjeux touchant directement la construction : la sécurité sur les chantiers, la régularité des pratiques professionnelles et l’évolution du parc social. Des dispositifs dont les effets concrets devront désormais être mesurés sur le terrain.


Le BTP parmi les secteurs prioritaires

Les campagnes conduites en 2025 s’inscrivent dans le Contrat pluriannuel de gestion Accidents du travail–Maladies professionnelles 2023-2028.

Elles ont porté sur quatre risques majeurs :

  • les troubles musculosquelettiques et les lombalgies ;
  • l’exposition aux facteurs cancérogènes ;
  • les risques psychosociaux ;
  • les accidents du travail graves ou mortels, notamment les chutes.

La CGSS Martinique indique que ces campagnes ont concerné 173 entreprises, plus de 17 300 salariés et 1 163 intérimaires, tous secteurs prioritaires confondus. Plusieurs chantiers du BTP ont également été accompagnés, sans que le rapport précise leur nombre ni leur localisation.

L’organisme souligne qu’« une attention particulière [a été] portée aux situations à fort enjeu, notamment les accidents du travail mortels ».

Pour le secteur de la construction, cette priorité renvoie notamment à la prévention des chutes et à la sécurisation des conditions d’intervention sur les chantiers.

Un accompagnement contre les risques chimiques

La prévention des risques chimiques a été renforcée par un avenant signé le 24 janvier 2025 à la Convention d’objectifs et de moyens conclue en 2023.

L’accord associe la CGSS Martinique, la Direction de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités ainsi que les services de prévention et de santé au travail interentreprises 2MT, AISTM et SIST972.

Le programme vise particulièrement les activités exposées aux agents cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques. Le BTP figure parmi les secteurs ciblés, tout comme la menuiserie et les métiers du bois, les ateliers de réparation automobile ou encore les industries de mécanique et d’usinage.

Les entreprises concernées ont été informées des démarches de prévention à mettre en place et des aides susceptibles d’être mobilisées.

En 2025, la CGSS a attribué 53 aides financières, pour un montant total de 959 192 euros. À cette somme s’ajoutent 807 648 euros de subventions versées au titre des contrats de prévention.

Ces montants, qui atteignent ensemble près de 1,77 million d’euros, couvrent toutefois l’ensemble des secteurs accompagnés et ne peuvent être attribués au seul BTP.

L’effort a également porté sur la formation. Au total, 324 stagiaires ont suivi plus de 2 700 heures de formation, réparties notamment entre les méthodes de prévention, la sous-traitance, les troubles musculosquelettiques et les risques psychosociaux.

Le rapport comptabilise 22 sessions de formation à la prévention des risques professionnels.

Une convention contre le travail illégal

Le 21 février 2025, la DEETS, la CGSS Martinique, les principaux organismes sociaux du BTP ainsi que les organisations professionnelles et syndicales du secteur ont signé une convention de lutte contre le travail illégal.

Le dispositif vise à mobiliser l’ensemble de la chaîne de construction : maîtres d’ouvrage, entreprises, sous-traitants et particuliers.

Il doit sensibiliser ces acteurs aux risques civils et pénaux liés au travail illégal et aux prestations de services internationales irrégulières. La convention entend également lutter contre les pratiques frauduleuses, en particulier l’acceptation d’offres anormalement basses.

Le premier bilan révèle toutefois une mobilisation encore limitée. Le rapport constate qu’« aucun signalement émanant des organisations syndicales n’a été enregistré » depuis la signature de la convention.

Une réunion organisée en décembre 2025 a donc rappelé l’importance des remontées d’informations pour assurer l’effectivité du dispositif.

À l’échelle de l’ensemble des secteurs économiques, la CGSS a procédé en 2025 à 14 redressements pour travail illégal, représentant 3,27 millions d’euros. Le rapport ne permet pas de déterminer la part de ce montant provenant du BTP.

En dehors de la lutte contre le travail illégal, 254 redressements ont été prononcés à la suite de contrôles, pour un total de 5,64 millions d’euros.

De futurs travaux dans le parc social

L’action de la CGSS s’étend désormais au logement. En octobre 2025, des conventions ont été signées avec la Banque des Territoires et les bailleurs sociaux martiniquais afin d’accompagner le vieillissement des locataires du parc social.

Le dispositif prévoit l’attribution de subventions habitat aux bailleurs qui engagent des travaux d’adaptation des logements. Présenté comme nouveau en Martinique, il doit faciliter le maintien à domicile des personnes âgées, renforcer leur sécurité et répondre aux conséquences de la perte d’autonomie.

Pour les bailleurs, ces conventions ouvrent une source de financement supplémentaire. Elles peuvent également créer des perspectives pour les entreprises spécialisées dans l’adaptation de l’habitat.

Le rapport ne précise cependant ni l’enveloppe disponible, ni le nombre de logements concernés, ni le calendrier des premières opérations.

L’année 2025 apparaît ainsi comme une étape de structuration. La portée réelle des dispositifs dépendra désormais de la mobilisation des entreprises, de l’utilisation des circuits de signalement, de l’attribution effective des aides et du lancement des premiers travaux dans le parc social.


CGSS Martinique

Source : Rapport d’activité 2025 de la CGSS Martinique